Tous les articles par Serge St-Arneault, M.Afr

Membre de la Société Missionnaire d'Afrique depuis 1986. A vécu en République Démocratique du Congo, au Malawi et en Zambie. Membre de l'équipe du Centre Afrika à Montréal depuis 2017.

Conférence de presse au Centre Afrika – expulsions injustes de deux pères de famille par les autorités de l’immigration canadienne

Montréal, 2 septembre 2025

Lieu d’hospitalité solidaire, le Centre Afrika a facilité la tenue d’une conférence de presse organisée par Louise Gagné, une amie de longue date du centre.  Il y a urgence. Les autorités de l’immigration menacent d’expulser deux pères de famille innocents vers leur pays d’origine. Voici un aperçu des témoignages des personnes visées.

Mesdames, Messieurs,

Avant tout propos, j’aimerais rendre grâce à Dieu, maître du temps et des circonstances, et à vous tous qui vous donnez corps et âme pour notre cause, de près ou de loin, je vous dis merci du plus profond de mon cœur !

Je m’appelle Jonas Kiese Umba, né le 30 avril 1999 à Inga, en République Démocratique du Congo. Je suis le sixième d’une famille de sept enfants, fils de Romain Umba Kiela et de Henriette Futi Konde. Ma mère est décédée en 2011, emportée par le cancer du côlon. J’étais encore jeune. Ce deuil nous a bouleversés et a malheureusement semé la division entre les familles. Sous ce climat, mon père, alors agent dans la société d’électricité du Congo, a demandé une mutation, chose qu’il obtiendra pour la ville de Kimpese, ville où ma vie a basculé.

En effet, le 22 janvier 2017, à l’âge de 20 ans, sous l’influence de certains amis, j’ai participé à des manifestations pacifiques contre la prolongation illégale du 3e mandat de l’ancien président Joseph Kabila. Nous n’avions que notre voix et notre foi en la démocratie. Mais ce jour-là, fort malheureusement, les balles ont parlé plus fort que nos cris. Des dizaines de jeunes sont tombés sous une forte répression policière pour empêcher la marche. Beaucoup ont disparu. D’autres, comme moi, ont fui pour survivre. Je suis resté dans cet état pendant plus de deux ans, alors mon père a décidé de me faire partir du pays !

C’est ainsi que j’arrive au Canada, ce pays que j’ai appris à aimer comme une terre de justice et d’accueil, spécialement dans la culture québécoise. En effet, dès mon arrivée, je me suis installé en Beauce, dans la ville de Saint-Anselme, où j’ai travaillé pendant cinq ans à l’usine Exceldor, qui produit des poulets.

Depuis que je vis ici au Québec, j’ai découvert bien plus qu’un territoire. J’ai découvert une culture qui valorise la solidarité, le respect des différences, la courtoisie. J’ai appris à dire les choses calmement, à dialoguer même quand c’est difficile. J’ai appris la valeur du mot “vivre ensemble”.  Aujourd’hui, à la maison, on mange du foufou et du pâté chinois. Ma fille grandira dans deux cultures : celle de mes racines, et celle de ma terre d’accueil.

Et je suis fier de pouvoir dire que j’ai adopté l’esprit québécois : celui d’un peuple qui se tient debout, qui défend la justice, et qui n’abandonne pas les siens.

Aujourd’hui, je suis marié à une merveilleuse femme, mon estimée épouse Fannie Seguin, ici à mes côtés, partage ma vie avec amour et dignité. Nous avons eu une fille née au mois de mai dernier, un petit ange du nom de Kimia Seguin Umba pour qui nous aimerions bâtir un avenir.

Et pourtant, aujourd’hui, le Canada veut m’expulser vers un pays en guerre, m’arracher de ma famille, m’arracher de ma fille qui vient à peine de naître, m’arracher de tout ce monde qui m’aime et que j’aime en retour! On me traite comme une menace alors que tout ce que je suis, c’est un père, un mari, un travailleur, un survivant. Je demande justice. Je demande humanité !

Je fais appel aux autorités canadiennes, aux défenseurs des droits de la personne, aux citoyens et citoyennes de bon cœur : regardez-moi, écoutez-moi svp. J’ai fui la peur pour vivre en paix. Ne me renvoyez pas vers cette peur. Ne punissez pas ma fille de grandir sans son père.

Je suis Jonas. Je suis un homme. Je suis un père. Je suis un citoyen.

Merci de m’avoir écouté. Jonas Umba

LES INTERVENANTS LORS DE LA CONFÉRENCE DE PRESSE DU 2 SEPTEMBRE 2025 AU CENTRE AFRIKA DE MONTRÉAL

– Cristiano Binda Nguya avec son épouse et ses quatre enfants, dont celui de trois ans atteint de l’anémie falciforme avec des crises régulières qui requièrent que le père l’amène à l’Hôpital de Ste-Justine immédiatement. La mère peut s’occuper des trois autres enfants et travailler. Mais qu’arrivera-t-il quand le père sera parti ? Expulsion est prévue le vendredi 5 septembre. Le député vient de répondre qu’il ne peut rien faire auprès de la ministre de l’Immigration à moins d’obtenir des preuves médicales qu’il pourrait utiliser pour intervenir auprès de la ministre avec ces documents.

– Umba Jonas Kiese, marié à Fannie de Québec. Ils sont parents d’un bébé né le mai 2025.

Il vit depuis six ans sans problème. Mais on le considère comme non admissible au Canada parce qu’il a été dans une manifestation d’un mouvement religieux devenu un parti politique que le Canada considère à tort comme subversif. Un document officiel de Maître Albert Fabrice Puela du Cabinet du Ministre Honoraire des Droits Humains en la République Démocratique du Congo, confirme le contraire. L’avocat utilise ce document pour son plaidoyer.

– Me Stewart Istvanffy est l’avocat de Mrs Binda Nguya et Umba Jonas Kiese.

– Lumbala KABEYA estmembre du Barreau de Kinshasa et conseiller du Barreau de Montréal ou du Québec. Il a obtenu le témoignage de Me Albert Fabrice Puela signé le 1er septembre concernant le mouvement religieux Bundu dia Kongo, devenu le parti politique Bundu dia Mayala (BDM) dont plusieurs députés et ministres siègent actuellement au gouvernement de Félix Tshisekedi.

– Papy Omgona LUNGE est le président de la Communauté congolaise du Grand Montréal et Carine MASITA est membre du même organisme.

Important lien vers le journal Le Devoir

Lisa-Marie Gervais Journal Le Devoir, publié le 2 septembre 2025

En conférence de presse, Me Lumbala Kabeya n’était pas peu fier de brandir une preuve de taille, soit un témoignage signé par le député Albert Fabrice, ministre des Droits de la personne de la République démocratique du Congo de 2021 à 2024, qui confirme que non seulement le BDK et sa branche politique n’ont « jamais pris les armes pour chercher à renverser le pouvoir établi » mais, qu’au contraire ce mouvement politico-religieux a plutôt joué un rôle historique reconnu par l’actuel président lui-même, Félix Tshisekedi. Des funérailles nationales ont même été offertes au chef du BDK en 2023.

Me Kabeya dit « s’étonner » de la lecture que font les autorités canadiennes de la situation politique dans son pays. « La technologie existe, on peut vérifier très facilement ces informations », dit-il.

Pour Me Stewart Istvanffy, avocat au dossier de Jonas Kiese, l’utilisation de cet article (l’article 34.1.f de la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés) par les services frontaliers pour juger inadmissible la demande d’asile de son client constitue du « lynchage légal ». « Des gens honnêtes se font refuser l’accès à notre société en raison de prétentions discriminatoires et malhonnêtes », soutient-il.

Me Istvanffy représente un autre client qui fait face à un renvoi, un Angolais dont la femme congolaise a elle aussi été accusée d’avoir des liens avec le BDK. Présent à la conférence de presse, Cristiano Binda Nguya, qui vit au Québec depuis près de 10 ans avec sa femme Niké et leurs quatre enfants (dont deux sont nés au Canada), en a profité pour implorer les autorités canadiennes de ne pas l’expulser en Angola le 5 septembre prochain. Sa femme craint aussi de connaître le même sort. (…) « On me traite comme une menace alors que tout ce que je suis c’est un père, un mari, un travailleur et un survivant. »

Autre lien sur Global News :

By Alessia Simona Maratta & Phil Carpenter  

Autre reportage de l’Afrocanada Télévision

DES FAMILLES AFRICAINES BRISÉES PAR DES EXPULSIONS AU CANADA

Le Canada est souvent perçu comme une terre d’accueil, un pays de paix et d’opportunités où chacun peut espérer bâtir une nouvelle vie. Mais derrière cette image de refuge, se cache une réalité douloureuse : celle des expulsions. Chaque année, de nombreuses familles africaines qui avaient trouvé au Canada un espoir de sécurité et un avenir pour leurs enfants voient leur rêve s’effondrer brutalement.

Ces familles, fréquemment installées depuis plusieurs années, ont créé des liens solides avec la société canadienne : enfants scolarisés, emplois occupés, intégration dans leurs communautés locales. Pourtant, une décision administrative peut suffire à tout briser. L’annonce d’une expulsion vient déchirer des foyers déjà fragilisés par l’exil, plongeant parents et enfants dans une angoisse indescriptible.

Pour beaucoup d’entre elles, le retour forcé vers le pays d’origine représente non seulement la perte de stabilité, mais aussi un risque réel : insécurité, pauvreté, persécutions ou absence de perspectives. Les enfants, souvent nés au Canada ou arrivés en bas âge, se retrouvent déracinés de la seule patrie qu’ils connaissent.

Derrière les chiffres et les décisions administratives, il y a des visages, des histoires et des blessures profondes. Des familles entières sont brisées par un système migratoire parfois jugé trop rigide, où l’aspect humain semble relégué au second plan.

Autres liens :

Triste nouvelle au sujet de Umba Jonas Kiese

Nous venons d’apprendre que la Cour fédérale a décidé d’expulser Umba Jonas aujourd’hui, 10 septembre 2025. La lecture du jugement démontre que les autorités canadiennes n’accordent aucune importance aux nouveaux faits qui démontrent que les motifs de son inadmissibilité sont mal fondés. Tout porte à croire que la Cour fédérale sert actuellement à permettre aux autorités en immigration de ne pas prendre de décision favorable à un demandeur. 

Oumou Diakité et Colin McGregor | Dossier Immigration

Un imposant édifice du Vieux-Montréal, portiques de sécurité à l’entrée, tapis rouge-vin dans des salles où dominent les emblèmes nationaux. C’est là que, le mardi 9 septembre au matin, s’est peut-être joué le dernier acte du drame de Jonas Kiese Umba. Déportation prévue pour le 10 septembre, destination : la République démocratique du Congo qu’il a fuie il y a six ans. Devant la Cour fédérale, il tentait un ultime détour juridique pour rester au pays qu’il appelle désormais le sien. Sa femme Fannie et leur enfant Kimia sont à sa gauche, le côté du coeur. Enfin, et peut-être que bientôt l’on dira d’eux “loin des yeux, près du cœur”.

LA PRÉSENCE DU RELIGIEUX DANS L’ESPACE PUBLIC

Rapports entre religion, politique et pluralisme.

TEXTE DE FRÉDÉRIC BARRIAULT

Le temps me manque cruellement en ces temps incertains. Je note cependant le vide énorme causé par la fermeture du Centre Justice et Foi dont la voix était essentielle dans les débats sur la laïcité, l’identité et le pluralisme, avec son regard critique sur les instrumentalisations du catholicisme sous forme de catho-laïcité islamophobe. En pensant *chrétiennement* les rapports entre religion, politique et pluralisme.

Alexandre Dumas présente aujourd’hui une analyse exhaustive et caustique de cette imposture intellectuelle qu’est le rapport Pelchat-Rousseau. La chronique d’Yves Boisvert abonde dans le même sens, en montrant la faiblesse méthodologique et argumentative de ce rapport biaisé et partisan. J’ai été séduit par la chute du texte de Boisvert, c’est-à-dire l’obsession de Christiane Pelchat et de Guillaume Rousseau pour une prétendue « clarté » et une « intransigeance » tous azimuts envers la présence du religieux dans l’espace civique et public. À l’opposé d’une approche pondérée et équilibrée comme celle qui prévaut depuis des années, en cohérence avec le rapport de la Commission Bouchard-Taylor.

Cette obsession pour le prescrit et l’interdit m’a rappelé l’opposition tenace de la droite et de l’extrême droite catholique envers le pape François, auquel ils reprochaient de trahir l’enseignement de l’Église et d’engendrer une confusion dans l’esprit des fidèles par son approche pastorale fondée sur le discernement, la bienveillance et l’accompagnement des personnes en situation irrégulière au regard de la morale catholique. Une bienveillance et un accompagnement pastoral qui s’appliquait aussi aux migrants et réfugiés en situation irrégulière.

À cette approche bienveillante s’oppose le nationalisme chrétien et l’intégrisme de la droite et de l’extrême droite religieuses qui veulent éliminer toutes les supposées « ambiguïtés » en réaffirmant avec force et violence ce qu’ils jugent (à tort) être l’essence du christianisme, sous forme de prescriptions et d’interdictions qui punissent les personnes qui transgressent selon eux les normes sociales, qu’il s’agisse des personnes LGBTQ+, des femmes ayant recours à une IVG ou des personnes critiquant cette vision théocratique du christianisme qui est en définitive aux antipodes de l’Évangile du Christ. L’objectif ultime des nationalistes chrétiens est en effet de refonder un ordre social intégralement chrétien, du sommet de l’État jusqu’à la sphère de l’intime, dans les foyers et chambres à coucher des citoyen•nes.

Le projet de société des partisans de cette laïcité falsifiée est du même ordre. Il ne s’agit pas, il ne s’agit plus de séparer l’État des religions, mais plutôt de mettre en place un athéisme d’État qui ferait disparaître des religions jugées contraires aux « valeurs québécoises » pour la refouler dans la sphère privée et intime. Non seulement la refouler, mais aussi tâcher de la faire disparaître par une soi-disant éducation à la « laïcité » et une journée nationale de la « laïcité » qui ferait disparaître les dernières scories de cette foi religieuse apparemment dangereuse. Non sans ironie, cette laïcité falsifiée est en réalité une religion civile qui n’est pas sans rappeler celle des Jacobins sous la Révolution française, ou celle des Bolcheviks sous la Révolution russe.

Une vision totalement falsifiée de la laïcité républicaine et française qui sert apparemment de modèle à nos intégristes laïques québécois. Comme le rappelle sans relâche Jean Baubérot depuis quinze ans, la laïcité française de 1905 est une loi de liberté : elle a effectivement libéré l’État français de la tutelle encombrante de l’Église catholique. Or, elle a aussi et surtout protégé les religions contre l’emprise tout aussi encombrante du césaro-papisme aussi vieux que la France, c’est-à-dire cette ingérence de l’État dans la vie interne et dans les croyances des Églises et des groupes religieux.

La Loi de 1905 a réaffirmé avec force la liberté de conscience et de religion, en tempérant les excès de certains anticléricaux intransigeants qui auraient voulu interdire le port de la soutane, du voile et de l’habit religieux dans l’espace civique et public.  Au contraire même : il y a même eu des prêtres députés en soutane dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. Les croyantes et croyants n’étant pas et n’ayant pas à être des citoyens de seconde zone.

La laïcité bien entendue est un modèle de cohabitation pacifique et pragmatique, fondé sur ces fameux accommodements raisonnables que Pelchat et Roussesu aimeraient interdire, au nom de l’intégrisme et l’instansigeantisme séculariste et athée, qualifié abusivement de « laïc ».

AUTRE LIEN

La laïcité commence par le paraître

EXTRAIT PARTICULIÈREMENT INTÉRESSANT DE CE REPORTAGE :

“One of the difficulties of this conversation is that when you use the expression ‘separation of church and state’ anywhere in North America, besides Quebec, it means we will protect religion from the intervention of government,” Poupko said. “In Quebec, it means we will protect government from the intervention of religion.” Rabbi Reuben Poupko

« L’une des difficultés de ce débat réside dans le fait que lorsque l’on utilise l’expression « séparation de l’Église et de l’État » en Amérique du Nord, à l’exception du Québec, cela signifie que nous protégerons la religion de l’intervention du gouvernement », explique M. Poupko. « Au Québec, cela signifie que nous protégerons le gouvernement de l’intervention de la religion. » Rabbi Reuben Poupko

C’est l’État qui est laïque et non la société

La laïcité de l’État garantit que les institutions demeurent neutres devant la diversité des croyances, au service et au bénéfice de tous les membres de la société. Mais elle n’exige pas l’effacement public de la foi dans la société, bien au contraire. Confondre neutralité de l’État et neutralisation de la société conduirait à une grave régression.
✠ Christian Lépine, Archevêque de Montréal

L’État est laïque, pas la société

« Dans une société démocratique comme la nôtre, la diversité des convictions ne se craint pas », lance-t-il au gouvernement que dirige le premier ministre François Legault. « Elle s’accueille et contribue à faire la richesse du Québec, forte de la culture du dialogue et de la rencontre. »
Mgr Christian Lépine.

Le Chœur de complies de Montréal chante complies à l’église Saint-Barnabas

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 Ne manquez pas une expérience musicale unique avec le Chœur de complies de Montréal le dimanche 17 août à 20h à l’église Saint-Barnabas de Saint-Lambert (95, av. Lorne). Venez découvrir un répertoire envoûtant incluant du plain-chant, du chant grégorien, ainsi que des motets des compositeurs médiévaux et de la Renaissance. Plongez-vous dans l’atmosphère envoûtante des complies, le dernier office de la liturgie des Heures. Entrée libre, contributions volontaires. 

Montréal, le 6 août 2025 — L’église Saint-Barnabas de Saint-Lambert résonnera des chants éthérés des complies le dimanche 17 août 2025, à partir de 20h, alors que le Chœur de Complies de Montréal présentera cet office du soir. Sous la direction artistique de Francine Nguyen-Savaria et Matthieu Latreille, cet événement promet d’être une expérience inoubliable pour les amateurs de musique et les personnes en quête de spiritualité.

Le Chœur de Complies de Montréal perpétue la tradition millénaire de la Liturgie des Heures au sein de la communauté du grand Montréal. Inspirés par leurs expériences lors de complies à Los Angeles et au Royaume-Uni, Francine et Matthieu s’engagent à partager ce trésor.

Les complies, dernier office de la journée dans la liturgie des heures, résonnent depuis des siècles auprès des Chrétiens. Issu du latin “completorium”, signifiant “achèvement”, cet office offre une conclusion empreinte de sérénité à la journée. Le répertoire, comprenant du plain-chant, du chant grégorien, ainsi que des motets des compositeurs médiévaux et de la Renaissance Michael Prætorius, Claude Le Jeune, John Sheppard et Grammatio Metallo, transportera le public dans une atmosphère de paix intérieure. Toutes les performances sont “a cappella”, favorisant ainsi une intimité entre le chœur, le public et le divin.

Tous sont chaleureusement invités à cette expérience, offerte sous forme d’entrée libre avec contribution volontaire, rendant ainsi l’événement accessible et inclusif pour tous.

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Francine Nguyen-Savaria et Matthieu Latreille
Téléphone : (438) 921-0920
Courriel : OrganDuo.com@gmail.com

Montréal 2024 – Au-delà du Festival

Par Jazz Police, 21 mai 2025 avec autorisation de traduction et publication.

Cet article a d’abord paru dans la revue « Jazz Police ».

Chaque été, pendant le Festival International de Jazz de Montréal, la ville s’anime d’une foule d’événements musicaux qui se poursuivent bien après la fin du festival. L’un d’eux a eu lieu le dimanche 30 juin 2024.

Le professeur Norman Cornett, expert renommé en études religieuses et amateur d’art, est également passionné de musique. Il a récemment organisé une messe inspirée du jazz ainsi qu’une exposition artistique intitulée « Jjaazexpo » au Centre Afrika. Cette organisation caritative aide les nouveaux arrivants africains à s’intégrer dans la communauté montréalaise. Le bâtiment abrite également des missionnaires à la retraite. Pour en savoir plus, veuillez consulter le site web : www.centreafrika.com.

Professeur Norman Cornett © Kevin R. Mason

Le professeur Cornett a abordé la question de la diversité, notant que les membres du public venaient de divers horizons culturels et parlaient différentes langues. Il a exprimé sa gratitude envers le public pour l’accueil chaleureux réservé à l’exposition. Il a expliqué que celle-ci avait été conçue en collaboration avec des artistes originaires de tous les coins du globe. Le thème central de la messe de jazz et de l’exposition était l’exploration de la relation entre le jazz et la spiritualité.

Père Serge St-Arneault © Kevin R. Mason

Pendant la cérémonie, le père Serge St-Arneault, qui présidait, a expliqué que le style musical choisi, le jazz, mettait l’accent sur l’improvisation. Par conséquent, il n’était pas impossible qu’il y eût des improvisations durant cette messe. Il a aussi abordé l’importance de l’harmonie dans les arts et la musique, ainsi que la puissance de la prière.

Susie Arioli © Kevin R. Mason

En 2009, la diva du jazz, Susie Arioli, a été récompensée du prix Oscar Peterson lors Festival International de Jazz de Montréal. Ce prestigieux prix met en lumière les artistes qui ont marqué de leur empreinte l’essor du jazz canadien. Pour débuter sa performance, elle a entonné avec brio et sans accompagnement musical, la célèbre chanson « Stormy Weather ».

Ensuite, on a diffusé un diaporama, suivi d’un hymne magnifique célébrant la bonté de Jésus-Christ, sa miséricorde pour les humains. La cérémonie s’est continuée avec une performance inspirée d’un rituel congolais. Un chant captivant en swahili, « Sifa Kwa Mungu », qui se traduit par « Gloire à Dieu », a retenti, ainsi que des danses entraînantes. Finalement, le père St-Arneault a conclu la séance par une fervente prière.

Le professeur Cornett a lu avec beaucoup d’émotion le psaume 30. Par la suite, le père St-Arneault a présenté l’écrivain et poète H. Nigel Thomas, qui a exprimé sa gratitude envers le professeur Cornett pour avoir organisé cette rencontre. Il a débuté avec le poème « They Call It Human », puis il a enchaîné avec « Apartheid ».

 Dr. H. Nigel Thomas. © Kevin R. Mason

Il a affirmé que l’apartheid semblait prendre fin vers le milieu des années 1990, mais il a remarqué que, malheureusement, nous en sommes à nouveau témoins dans certaines tragédies actuelles à travers le monde. Son poème, intitulé « I Am Not Your Negro », est une référence au long métrage éponyme réalisé par Raoul Peck, qui met en scène les écrits de James Baldwin. Ses performances poétiques étaient remarquables, suscitant profondeur et réflexion.

Le père Cornett a lu un extrait de la deuxième épître aux Corinthiens, au chapitre 8. Il a ensuite demandé au père St-Arneault de lire l’Évangile en anglais et en français, avec des « Alléluia » entonnés à intervalles réguliers. Le père St-Arneault a également abordé des préoccupations mondiales telles que le changement climatique, en soulignant que Jésus avait vécu à une époque difficile, marquée par la violence et les conflits.

Il a souligné que la mission de Jésus consiste à nous élever, et qu’il est crucial pour nous de saisir l’importance du pardon des fautes. Les chrétiens doivent demeurer fermes dans leur foi en dépit des perturbations et des angoisses qui assaillent le monde. Il a affirmé que notre mission consiste à nous apporter mutuellement du soutien, à tendre la main aux gens avec confiance, et à nous relever lorsque nous tombons. Malheureusement, notre foi se trouve trop souvent endormie, il est donc crucial que nous la ramenions à la vie. Il a demandé aux personnes présentes de partager leurs prières et la plupart d’entre elles étaient des prières pour la paix.

Le professeur Cornett a invité à nouveau Susie Arioli, déclarant : « C’est vraiment du jazz, à bien des égards. » Avant de reprendre le microphone pour une seconde chanson, Arioli a partagé son point de vue selon lequel, si les hommes abandonnent leur domination, nous pourrions tous communiquer harmonieusement. Elle a ensuite chanté une merveilleuse ballade intitulée « Now I Know », avec une touche de jazz captivante.

Père Serge St-Arneault prepares communion © Kevin R. Mason

Le père St-Arneault a conduit les participants dans la prière eucharistique et il a conduit l’auditoire dans la récitation du « Notre Père » en déclarant : « Nous formons une seule entité, car nous partageons un lien spirituel profond. » Ensuite, M. St-Arneault a offert le pain consacré à l’assemblée.

 Père St-Arneault & Rev. Joseph Tuitt © Kevin R. Mason

M. Cornett a chaleureusement accueilli Susie Arioli pour une troisième prestation en soulignant que chanter a cappella, c’est tout mettre en jeu, sans aucun accompagnement musical. Arioli a interprété « Spring », imprégnant la chanson d’une énergie dynamique. Le révérend Joseph Tuitt, un photographe américain couvrant le Festival International de Jazz de Montréal (FIJM), a eu l’honneur d’offrir une bénédiction pour conclure l’événement.

Avant de commencer, il a exprimé sa gratitude envers ceux qui l’ont invité. Il a profité de cette occasion pour exhorter tous ceux présents à remplir leurs cœurs de foi en passant une belle journée. De plus, il les a exhortés à admirer les chefs-d’œuvre artistiques exposés, car, selon lui, l’art constitue une forme d’expression spirituelle matérialisée.

Journée Mondiale de l’Afrique au Centre Afrika, 24 mai 2025

Le grand événement de l’année arrive à grands pas. Pour la deuxième année consécutive, un immense chapiteau couvrira l’entièreté du stationnement derrière notre maison pour accueillir les exposants.

Venez en grand nombre. Des plats africains seront servis pour la joie de tous.

Vous trouverez plus de renseignement sur le nouveau site internet du Centre Afrika sur www.centreafrika.com.

Inauguration officielle de la Place des Montréalaises, Montréal, 16 mai 2025

Par Serge St-Arneault, M.Afr

Nous attendons le dévoilement officiel de la Place des Montréalaises depuis septembre 2018. Après plusieurs reports, le jour tant attendu a eu lieu ce matin.

Mon confrère Julien Cormier m’accompagne. Il a très bien connu ma sœur Annie à la fin des années 70. Il a pris une photo d’une affiche électronique dans la station de métro Champ-de-Mars, tout juste à côté du CHUM, qui illustre l’endroit où a lieu l’événement. Un soleil de plomb nous tombe dessus bien avant 10h00. Il y a encore peu de monde. Pour cette occasion, je porte une chemise qui m’a été offerte par une amie burkinabé, Lucie Coulibaly, en solidarité avec le peuple du Burkina Faso.

Les journalistes et caméramans s’installent vers la pointe sud de la place. J’y retrouve Heidi Rathjen, coordinatrice de PolySeSouvient.

Quelques minutes plus tard, Catherine Bergeron, Jim Edward et Nathalie Provost nous rejoignent pour une prise photo.

Presque trente-cinq ans se sont déroulés depuis la tragédie du 6 décembre 1989 à la Polytechnique de Montréal. Aujourd’hui, en plus de sept illustres femmes qui ont profondément marqué l’histoire de Montréal, les quatorze victimes du féminicide de la Poly figurent également sur le monument qui leur est dédié. Celui-ci est un imposant miroir.

Noms de 7 pionnières de la métropole, issues de différents domaines et différentes époques :

  • Myra Cree (1937-2005) – Culture et communications – autochtone d’origine mohawk qui s’est démarquée dans le domaine des communications, notamment en devenant la première femme à occuper le poste de chef d’antenne au Téléjournal de Radio-Canada.
  • Jessie Maxwell-Smith (1920-2000) – Éducation et développement social – enseignante de la Petite-Bourgogne qui a contribué à ce que la communauté noire de Montréal ait accès à une éducation de qualité.
  • Agnès Vautier (1896-1976) – Sports et loisirs – hockeyeuse du Western de Montréal, l’équipe imbattable en 1917.
  • Ida Roth Steinberg (1885-1942) – Affaires et économie – femme d’affaires, immigrante juive Hongroise, qui a fondé à Montréal la première épicerie Steinberg.
  • Idola Saint-Jean (1880-1945) – Démocratie et société – féministe québécoise, militante pour le droit de vote des femmes.
  • Harriet Brooks (1876-1933) – Sciences et éducation – première physicienne nucléaire canadienne.
  • Jeanne Mance (1606-1673) – Santé et administration – Fondatrice de Montréal.

Inauguration de la place des Montréalaises et de la place Marie-Josèphe-Angélique. La cérémonie a débuté vers 11h00 avec l’arrivée de la mairesse Valérie Plante et de plusieurs femmes marquantes, dont Yvette Bonny, Elisapie Isaac, France Charbonneau, Léa Cousineau, Kim Thúy et Lesley Chesterman. Elles avaient reçu plus tôt les insignes de l’Ordre de Montréal. Pauline Marois et Janette Bertrand ont également reçu cette distinction main n’étaient pas présentes au moment de la cérémonie.

La conceptrice du projet, Patricia Lussier, architecte paysagiste chez Lemay, accompagnait également ces femmes.

Le miroir Situés près de l’avenue Viger-Est, des noms sont gravés dans un immense miroir, illustrant d’un côté « le talent de sept pionnières » et, de l’autre, « 14 femmes à qui on a volé la vie. » (Mme Plante)

Que dire de plus ?

Tout en reconnaissant l’importante contribution des femmes qui ont façonné notre société, il me semble que cet événement s’inscrit parfaitement dans le prolongement de nos efforts pour dénoncer le féminicide.

À ce titre, PolySeSouvient, composé de femmes et d’hommes, de sœurs et frères, de mères et pères, d’étudiantes et étudiants de deux et même trois générations, espère vivement voir l’aboutissement de sa lutte pour un meilleur contrôle des armes à feu au Canada, incluant le bannissement complet de la vente et possession d’armes d’assaut de type militaire.

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Place des Montréalaises

Des aménagements qui célèbrent la place des femmes

Place des Montréalaises: des aménagements qui célèbrent la place des femmes

Située aux abords du métro Champ-de-Mars, la place des Montréalaises vient transformer le paysage urbain en reliant le centre-ville et le Vieux-Montréal. Découvrez cette nouvelle porte d’entrée vers le Vieux-Montréal.

Inauguration : une programmation musicale et culturelle

Le 17 mai 2025, ce sera l’occasion de célébrer la réalisation de ce grand projet d’aménagement. Dès 16 h, la population est invitée à assister à une série de performances artistiques et d’activités culturelles dans des lieux complètement réinventés. 

Le spectacle Sarahmée et ses invitées se tiendra en soirée et clôturera les célébrations. 

Un accès universel

La place des Montréalaises est un projet d’une grande ampleur qui marque la création d’une nouvelle porte d’entrée au Vieux-Montréal tant pour la population riveraine qui habite ou travaille dans le secteur, que pour les nombreux touristes qui l’emprunteront chaque année. 

Lieu de passage important, la place des Montréalaises concrétise le premier lien piéton universellement accessible entre la station de métro Champ-de-Mars et le quartier autour de l’hôtel de ville. Les aménagements publics s’inscrivent en réponse aux enjeux d’un secteur autoroutier et favoriseront le transport actif. Ils permettent notamment d’augmenter la sécurité des déplacements piétonniers grâce à la construction du recouvrement de la bretelle de l’autoroute Ville-Marie, d’un plan incliné et d’une passerelle menant au Champ-de-Mars. Un lien cyclable traverse également la place, reliant deux axes du Réseau express vélo. 

Un lieu de rassemblement et de contemplation

Lieux de transit, d’arrêt et d’expérience, les espaces mettent en valeur les paysages urbains et le patrimoine culturel. Plusieurs éléments de design contribuent à donner une singularité et une profonde symbolique aux nouveaux aménagements. Au cœur de la place, sur le plan incliné, le pré fleuri, offre une floraison en constante évolution et agit comme un belvédère sur la ville et sur la verrière de Marcelle Ferron

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Bureau d’intégration des nouveaux arrivants de Montréal et dévoilement du projet « La Place des Montréalaises »

Place des Montréalaises: un an plus tard que prévu

Un meilleur contrôle des armes à feu commence avec le bulletin de vote

POINT DE VUE / Alors que les électeurs se rendent aux urnes pour élire le prochain gouvernement fédéral, la sécurité de nos communautés et la prévention des fusillades de masse, des féminicides et des suicides sont des enjeux électoraux majeurs.

Heidi Rathjen, Diplômée de Polytechnique et coordonnatrice de PolySeSouvient

Serge St-Arneault, Frère d’Annie St-Arneault (décédée en 1989 à Polytechnique)

La semaine dernière, PolySeSouvient a partagé avec les Canadiens son analyse des actions et promesses des partis politiques. Le collectif estime que les mesures essentielles de contrôle des armes à feu ont le plus de chances d’être réalisées sous un prochain gouvernement libéral.

En tant que chef libéral, M. Carney a promis d’achever le programme de rachat des armes d’assaut. Il a également promis de mettre en œuvre les mesures adoptées dans le cadre du projet de loi C-21, dont la révocation automatique du permis de possession d’arme d’une personne trouvée coupable de crimes violents ou qui fait l’objet d’une ordonnance de protection liée à la violence conjugale ou au harcèlement criminel. Il s’est également engagé à améliorer la capacité de la GRC à tracer les armes utilisées pour commettre des crimes.

En revanche, le leader conservateur, M. Poilievre, a promis d’abroger toutes les mesures de contrôle des armes adoptées par le gouvernement Trudeau. Cela inclut la loi C-21 qui retire automatiquement les armes à feu aux agresseurs conjugaux et gèle les ventes d’armes de poing, ainsi que le projet de loi C-71 qui rétablit les registres de ventes commerciales et exige la vérification du permis d’un acheteur potentiel.

Plus inquiétant encore, M. Poilievre – qui a voté contre toutes les mesures de contrôle des armes depuis qu’il a été élu député il y a 21 ans – s’est engagé à annuler l’interdiction des armes d’assaut qu’il qualifie de simples «fusils de chasse». Ces armes posent indéniablement un danger majeur pour la sécurité publique. Notons que les chasseurs ont encore le choix entre près de 20 000 modèles de carabines et de fusils qui demeurent légaux.

Le leader conservateur propose aussi une tolérance zéro envers les activités illicites, y compris la prison à vie pour cinq chefs d’accusation ou plus d’importation ou d’exportation de dix armes à feu illégales ou plus, de même que «la Loi des trois coups» à l’américaine. Bien qu’un châtiment approprié soit un objectif louable, des peines plus sévères ne découragent généralement pas la criminalité, en particulier dans les cas de crimes passionnels, tels les homicides conjugaux, ou de crimes motivés par la haine, comme les tueries de masse qui se terminent souvent par un suicide.

La prévention devrait être la priorité absolue, et non la punition, qui arrive après que le mal est fait.

Si le problème du trafic d’armes dans les grands centres urbains comme Toronto est réel et mérite l’attention des autorités, les données probantes montrent que, à travers le pays, la plupart des armes saisies par la police et jusqu’à la moitié des armes à feu utilisées dans les homicides ont été obtenues légalement au Canada. Les conservateurs citent constamment des statistiques sur la criminalité urbaine, mais ils passent sous silence les homicides ruraux, les meurtres familiaux, les fusillades de masse et les suicides par balles.

Comme c’est le cas pour la plupart des fusillades de masse, les tireurs à Polytechnique, à Concordia, à Dawson et dans le cadre des deux massacres dont M. Poilievre a parlé au cours du débat des chefs de jeudi dernier (pour justifier l’utilisation de la clause dérogatoire sur les peines consécutives) possédaient tous légalement les armes qu’ils utilisaient. Il s’agit des événements survenus à la mosquée de Québec et des meurtres de trois agents de la GRC à Moncton.

Le gouvernement doit à la fois s’attaquer au marché illégal et empêcher la mauvaise utilisation des armes légales.

Les électeurs soucieux de la sécurité publique devraient réfléchir attentivement à leurs choix, compte tenu des deux approches radicalement différentes proposées pour lutter contre la violence par armes à feu.

LIENS

À Montréal, un autre combat

Plus de 800 kilomètres séparent la ville de Timmins, dans le nord de l’Ontario, et Montréal, là où est survenu le féminicide de Polytechnique en 1989. Quatorze femmes y avaient perdu la vie.

Deux survivantes de la tuerie – Nathalie Provost, candidate libérale dans Châteauguay–Les Jardins-de-Napierville, et Heidi Rathjen, porte-parole de PolySeSouvient – militent depuis pour le contrôle des armes à feu afin d’éviter d’autres tueries de masse.

PolySeSouvient estime que ses demandes ont de meilleures chances de se concrétiser sous un gouvernement libéral et qu’un vote pour le Bloc québécois garantirait « un appui important de la part d’au moins un parti d’opposition ». Le groupe note que le Nouveau Parti démocratique (NPD) a joué sur les deux tableaux lors de la dernière session législative. L’ensemble du caucus a finalement voté pour la loi C-21 après qu’elle eut été modifiée.

François, le pape qui nous a montré le visage de la Mission

Par Yoland Ouellet, o.m.i.Directeur national des Œuvres pontificales missionnaires du Canada francophone

J’ai eu la grâce de lui serrer sa main à huit reprises. Chaque fois, j’ai senti chez lui cette bonté, cette écoute vraie, cette compassion incarnée. François ne faisait pas que parler de Dieu : il le rendait visible à travers ses gestes, par son regard, par son accueil, et par sa vie !

Pour moi François a, en quelque sorte, dépouillé toute l’Église et l’a ramenée à l’essentiel, à sa raison d’être, en toute urgence : la Mission. Il voulait qu’elle arrête de se centrer sur elle-même pour qu’elle sorte et aille à la rencontre de tous.

Je ne peux oublier ces choix surprenants dès les premiers instants de son élection : son nom de François, un appel clair à la simplicité et à la fraternité universelle. Son habillement sobre, son refus d’habiter les appartements pontificaux, sa proximité avec le peuple, surtout avec les plus pauvres, les itinérants, les migrants, les oubliés… « Que je voudrais une Église pauvre pour les pauvres », souhaitait-il de tout cœur. Il a été, pour notre temps, un « cœur sur deux jambes », allant de rencontre en rencontre, d’audience en audience, de pays en pays, pour écouter l’Humanité qui cri sa souffrance et sa désespérance.

Comme François d’Assise il y a plus de 800 ans, il n’a pas seulement réformé des structures ; il a réveillé des consciences. Il a interpelé toute l’Humanité en lançant un cri prophétique pour une « écologie intégrale », qui unifie la sauvegarde de notre maison commune, la Terre, à l’engagement envers les plus pauvres et le partage équitable des ressources. Sera-t-il écouté, ou juste admiré pour son courage de « parler des vraies choses » et de mener par l’exemple ? L’avenir nous le dira. Une chose est certaine : ce cri, il l’a adressé à tous, croyants et non-croyants, et il l’a incarné avec une cohérence impressionnante.

François nous a également bousculés en faisant une réforme majeure de la Curie romaine qu’il a transformé en une structure à caractère missionnaire. Promulguée en 2022 sous le titre évocateur Praedicate evangelium (Prêcher l’Évangile), elle illustre bien que l’Évangélisation y devient la priorité, avec un dicastère dédié placé au premier rang. Un geste symbolique fort qui a fait trembler les murs de Rome, mais aussi un tournant concret et nécessaire. C’est, à mes yeux, son plus beau cadeau fait aux chrétiens de notre époque.

Sa passion missionnaire s’est également manifestée dans son engagement pour la paix et la fraternité. Son pèlerinage œcuménique au Soudan du Sud, son document sur la fraternité humaine signé avec le grand imam d’Al-Azhar qui trace la voie du dialogue interreligieux tout en condamnant la violence, sa dénonciation constante des guerres… Tout cela témoigne d’un pape artisan de paix, prophète du dialogue et de la rencontre. « Tous frères », répétait-il, en écho à l’Évangile. Faisons taire les armes, dialoguons pour une paix réelle et durable.

De cet homme de Dieu que j’ai rencontré tant de fois, j’ai senti de la bienveillance, de l’écoute attentive à l’autre. Dans ce sens, il proposait à toute la famille humaine tout ce qu’il mettait en pratique.

François a également tracé un chemin d’espérance pour l’Église et pour tous les peuples, celui de la synodalité : marcher ensemble, écouter et dialoguer ensemble, discerner ensemble ce que l’Esprit dit aux Églises locales et aux communautés. Ce chemin aux traits jésuites, il l’a appris et perfectionné dans la grande école missionnaire de l’Amérique latine.

Le pape argentin a démontré que la Mission n’est pas une arme pour conquérir qui que ce soit, mais un appel à aimer, à servir, à révéler la tendresse du Père. François a vécu en mission, en sortie, avec le désir ardent de faire connaître celui qu’il connaissait intimement, le Christ-Jésus.

Merci, François, d’avoir vécu ta foi avec simplicité et passion, la rendant vivante et accessible à tous. Tu nous as dit : « Je connais Jésus, et je voudrais vous le faire connaître ». Tu y es magnifiquement parvenu.

Nous accueillons ton invitation à sortir et faire de même !

Gratitude pour le témoignage du pape François au monde

Rédigée par Dr. Adriana Bara, directrice nationale de CNEWA Canada1

À une époque où le monde semble souvent fracturé et incertain, certaines voix s’élèvent au-dessus du bruit — des voix qui nous rappellent ce qui est essentiel : la miséricorde, la justice, la paix et l’amour pour les plus petits d’entre nous. Le pape François a été l’une de ces voix.

Depuis le premier moment où il est apparu au balcon de la basilique Saint-Pierre et a salué le monde d’un simple et sincère « Buona sera », le pape François nous a rappelé, tant par ses paroles que par ses gestes, que l’Évangile nous appelle à aller vers les périphéries, à voir le Christ dans les pauvres, les déplacés, les souffrants, les oubliés et à marcher avec eux.

À CNEWA, nous avons la chance d’accompagner les Églises locales du Moyen-Orient, d’Afrique, d’Europe de l’Est et d’Inde dans l’accomplissement de cette même mission de présence et de service. À bien des égards, le pape François a été notre compagnon de route et notre source d’inspiration. Son attention constante envers ceux qui vivent aux périphéries — qu’elles soient géographiques, économiques ou existentielles — reflète le cœur de notre travail et la principale raison pour laquelle les Canadiens continuent de soutenir notre mission.

Plus que tout autre personnage dans un passé récent, il a donné une voix aux réfugiés et aux migrants, embrassé les blessés de guerre, et appelé la communauté internationale à ne pas détourner le regard. Sa solidarité avec les chrétiens d’Orient, en particulier en temps de persécution, a été puissant témoignage d’unité et d’amour. Il a visité des camps, embrassé les mains de ceux et celles qui souffraient et prié en silence face à la dévastation. Ces gestes ne sont pas simplement symboliques ; ce sont des signes sacramentels d’une Église qui voit, écoute et accompagne.

Mais le pape François nous a aussi rappelé que la paix ne se résume pas à l’absence de guerre, mais qu’elle est le fruit de la rencontre, du dialogue et du respect mutuel. Des plaines d’Irak aux églises de Jérusalem, des mosquées aux synagogues, des camps de réfugiés aux quartiers déchirés par la guerre, il a été un pèlerin de la paix, un bâtisseur de ponts entre les religions et les cultures.

À CNEWA, nous suivons son exemple au cœur des communautés que nous servons, en parlant le langage de la compassion, en pleurant avec ceux qui souffrent, en aidant ceux qui sont dans le besoin et en partageant l’espérance.

Alors que nous contemplons l’héritage durable du pape François, nous sommes remplis de gratitude. Gratitude pour son courage. Gratitude pour sa compassion. Gratitude pour un pontificat qui a éveillé la conscience du monde et qui nous a tous appelés à une solidarité plus profonde avec nos frères et sœurs, en particulier avec les plus vulnérables.

Puissions-nous continuer à marcher sur le chemin qu’il a ouvert avec simplicité, avec tendresse, et avec une foi inébranlable dans la puissance de l’amour : un amour qui guérit, qui construit et qui rachète.

Dre Adriana Bara est la directrice nationale de CNEWA Canada, une agence pontificale engagée dans la guérison et l’espérance à travers le monde.

  1. CNEWA est une association catholique d’aide sociale au Proche-Orient a été fondée par le pape Pie XI en 1926 comme un instrument d’amour et un signe d’espoir pour les personnes dans le besoin vivant dispersées dans les terres historiques mais instables des anciennes églises orientales : le Moyen- Orient, l’Afrique du Nord et le l’Est, l’Inde et l’Europe de l’Est.

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