Tous les articles par Serge St-Arneault, M.Afr

Membre de la Société Missionnaire d'Afrique depuis 1986. A vécu en République Démocratique du Congo, au Malawi et en Zambie. Présentement à Montréal et directeur du Centre Afrika depuis 2017.

Parc nommé à la mémoire de Maud Haviernick

« Aller au bout de ses rêves, peu importe », telle était sa devise.

Par la création de ce parc, la Ville de Deux-Montagnes honore la mémoire de Maud Haviernick, fille très chère d’une citoyenne de Deux-Montagnes, ayant perdu la vie dans la tragédie de l’École polytechnique de Montréal.

Maud Haviernick détenait un diplôme en Design de l’environnement de l’Université du Québec à Montréal. Elle terminait des études en Génie métallurgique à l’École Polytechnique, rendant possible son rêve de devenir ingénieure. Elle a été reçue membre de l’Ordre des ingénieurs du Québec en avril 1990, à titre posthume.

L’avenir de Maud Haviernick était rempli de possibilités. Par cette commémoration, elle restera une source d’inspiration pour tous et toutes.

Tante Maud, persévérante et déterminée, tu nous inspireras toujours. »
– Tes neveux et nièces

Le 29 mai 2022 – Parc Maud Haviernick

Concours de poésie Mémoire Complice 2022

Allez au bout de ses rêves, peu importe

Deux-Montagnes, 29 mai 2022, … Enfin!

Chers Invité.es

C’est un immense plaisir de vous accueillir ici, en ces lieux inspirants pour vous offrir ces magnifiques recueils de mots qui nous ont ébloui et qui, je l’espère, feront de même pour vous lorsque qu’ils seront lus par nos jeunes poètes et poétesses avec enthousiasme, j’en suis certaine.

Pour ce premier concours de poésie de Mémoire Complice, le thème abordé a été – Allez au bout de ses rêves, peu importe!

Thème inscrit sur cette plaque honorifique soulignant le nom d’une jeune femme de notre région, de nos lieux de vie à tous et toutes, pour la plupart d’entre nous depuis plusieurs années.

Ce nom, Maud Haviernick, ma sœur cadette, qui à un tournant de sa vie a perdu la sienne en un lieu pourtant capteur de rêves – Polytechnique, le 6 décembre 1989.

Que faisait-elle là-bas, ce jour là? Elle poursuivait un rêve, celui de devenir ingénieure. Pourquoi ingénieure? Pourquoi ce rêve?

Simplement pour être capable de pouvoir créer des lieux de vie à son goût, ici et ailleurs.

La porte de ce projet de vie s’était entr’ouverte à l’École de Design de l’Université du Québec à Montréal. Mais après quelques années, force était d’admettre que pour aller au bout de ce rêve, il fallait aller plus loin, plus haut, en fait, en haut de la Montagne – à l’École Polytechnique de l’Université de Montréal.

Et sa devise, chère à nos mémoires – Aller au bout de ses rêves, peu importe, vous jeunes auteurs, autrices vous y avez été fidèles.

Car peu importe, l’effort d’écrire, les craintes de vous exposer devant l’inconnu, les émotions en sentant remonter des sentiments parfois troubles, vous êtes ici aujourd’hui avec nous, en ce lieu serein, inspirant, ouvert vers le rêve, le vôtre.

Que cet espace puisse encore aider nos jeunes à s’arrêter, respirer et rêver toujours.

Un grand Merci pour vos écrits!
Sylvie Haviernick, sœur de Maud pour toujours

Le 6 décembre 1989 – La Mouvance, Centre de Femmes à Saint-Eustache

Honorer la mémoire de ces 14 femmes,

contrer la violence envers les femmes, toutes les femmes !

Montréal, 6 décembre 1989,… 30 ans déjà !

Avant ce triste après-midi, le 6 décembre était une journée parmi tant d’autres. Mais, il y a 30 ans, cette journée est devenue une date que beaucoup d’entre nous n’oublieront jamais. Le 6 décembre 1989 marquait un point tournant dans l’histoire des femmes d’ici, un moment d’une rare VIOLENCE dans notre société québécoise moderne.

Que reste-t-il du 6 décembre 1989 ?

Certains diront quelques monuments, une Place du 6 décembre 1989, quelques œuvres d’art, un film marquant, des écrits, nombreux,…

Il nous reste surtout une promesse, celle de ne jamais oublier cette date, mais surtout, de ne jamais oublier ces quatorze femmes, fauchées par la haine d’un homme, pourtant jeune.

Que me reste-t-il du 6 décembre 1989 ?

Un souvenir, non, de nombreux souvenirs,…

Je me rappelle ce que ma mère me disait; Sylvie, c’est toi l’aînée, mon double, la deuxième mère. Tu sais ma fille, je connais ta nature un peu téméraire, mais n’oublie jamais, et peu importe ce que ça demande, de toujours ramener ton monde, avec tous leurs morceaux, à la maison.

Ce soir du 6 décembre 1989, malgré l’effort, je n’ai pas pu, je n’ai pas su, …

Ce soir du 6 décembre 1989, le temps s’est arrêté pour moi.

Que reste-t-il de toi, ma sœur tant aimée? Des souvenirs, des rêves inachevés, les tiens, les miens, les nôtres,…

Le plus important, il me reste ton immense sourire, gravé dans ma mémoire.

Ce sourire, qui m’a toujours, pas seulement moi, mais combien d’autres, fait craquer et amener à faire plein de choses, parfois assez étranges.

Comme, marcher dans la rue pour le respect de la vie des femmes,…

Comme, écrire des pages et des pages pour rappeler une date précise, toujours la même, et solliciter l’harmonie entre les hommes et les femmes,…

Comme, obliger les représentants de nos sociétés à prendre position pour le maintien de la paix dans nos vies, sans armes,…

Comme, raconter nos aventures à tes nombreux neveux et nièces qui rêvent de t’avoir connu, et d’avoir pu participer à toutes ces folles rencontres de famille, même si d’autres ont eu lieu après ton départ, avec je l’avoue, un peu moins de folie,…

Longtemps, j’ai cru t’avoir perdu, mais une personne d’une grande bonté m’a dit un jour; vous cherchez dans la mauvaise direction, ne regardez pas derrière, c’est le passé. Regardez devant, c’est l’avenir!

Cette personne ajoutera, vous, l’aînée, votre sœur cadette vous a dépassé, elle marche devant maintenant.

Voilà, ce que tu es devenue, mon guide, ma lumière, et tu marches devant pour ouvrir le sentier.

Comme j’ai appris en forêt, il y a très longtemps, j’ai promis, et oui, en tout premier lieu à notre maman, que je serais un bon serre-file et que jamais je ne laisserais personne derrière moi,…

Et au cours de ces années, enfin, j’ai su retrouver le chemin du retour pour Toi et Moi car hier après-midi, au bord du Lac des Deux-Montagnes, je t’ai vu sourire.

Bon retour à la maison dans notre région tant aimée! Sylvie, ta grande sœur qui t’aime encore comme au matin de ce 6 décembre 1989, et peut-être plus encore!

Contrôle des armes – Premier pas concret vers une grande victoire!

GEL DU MARCHÉ DES ARMES DE POING ET ENGAGEMENT POUR INTERDIRE LES ARMES D’ASSAUT

Aux amis et partenaires de PolySeSouvient :
Lundi, nous étions plusieurs à Ottawa : Nathalie Provost, Suzanne Edward, Jean-François Larivée, Serge St-Arneault, Sylvie Haviernick, Heidi Rathjen (Polytechnique), avec nos amis Louise de Sousa (Dawson), Boufeldja Benabdallah (Mosquée) et Luna Vadlamudy (Ensemble pour Thomas). Meaghan Hennegan était parmi nous d’esprit et de cœur(!) Aux côtés de nos collègues – dont les familles de Danforth (Toronto), des groupes de femmes et la Coalition pour le contrôle des armes – nous avons assisté au dépôt du projet de loi C-21, version 2.0!

Si nous avons accepté de nous joindre au premier ministre Trudeau et au ministre la Sécurité publique Marco Mercidino, c’est parce que, cette fois-ci, ils ont livré la marchandise :
1) lancement du programme de rachat obligatoire des armes d’assaut prohibées (liste de 2020) à l’automne 2022
2) gel du marché des armes de poing et élimination progressive des celles en circulation (clauses grand-père)
3) révocation automatique du permis de possession d’armes pour tout individu faisant l’objet d’une ordonnance de protection associée à des menaces ou la violence intime
4) engagement pour inclure dans le projet de loi une interdiction complète et permanente des armes d’assaut
5) interdiction des chargeurs modifiables (qui peuvent atteindre leur pleine capacité illégale).
Nous voulions rapidement vous transmettre la nouvelle, bien qu’il aurait été difficile de manquer ces développements dans les médias! Les détails viendront plus tard. D’ici là, voici le survol des nos demandes ainsi que notre réaction officielle. Vous trouverez aussi quelques liens vers des reportages médiatiques. Nous aimerions cependant profiter de cette occasion pour souligner le travail en coulisse indispensable et sans relâche de la députée d’Outrement, Rachel Bendayan : rappelez-vous de son nom! 
Certes, il faut poursuivre nos efforts: il faut notamment veiller à améliorer la législation (surtout au niveau de l’amendement promis pour interdire toutes les armes d’assaut), à freiner les achats d’armes de poing en attendant l’interdiction de leur vente, et à faire adopter le projet de loi dans le contexte d’un gouvernement minoritaire.
Mais, aujourd’hui, nous pouvons célébrer cet énorme point tournant!

MERCI à vous tous qui avez répondu à nos appels
à l’action ou qui avez contribué financièrement!
Ensemble, avec beaucoup de patience et de détermination,
nous avons réussi à convaincre le gouvernement libéral 
de se ranger du côté de la majorité des Canadiens
qui souhaitent un meilleur contrôle.

Vous pouvez continuer à nous appuyer en faisant une petite contribution financière via le bouton PayPal qui se trouve sur notre site web . Les prochains mois seront cruciaux et nous aimerions commanditer des sondages pour montrer l’appui des Canadiens pour des mesures et renforcements spécifiques (ça coûte cher…). Compte tenu des événements récents aux États-Unis, ce serait maintenant le moment optimal pour sonder nos concitoyens.

Solidairement,
Heidi, Nathalie, Boufeldja, Serge, Jean-François, Suzanne, Sylvie, Louise et bien d’autres

L’Encéphalomyélite Myalgique sévère (EM)

Lettre adressée à l’honorable Christian Dubé

Honorable Christian Dubé, ministre de la Santé et des Services sociaux,

Je connais une personne atteinte de l’Encéphalomyélite Myalgique sévère (syndrome de fatigue chronique ou EM/SFC) du nom de Myriam-Rachelle Lopez. Le 19 mai dernier, vous avez fait l’annonce de l’ouverture de 15 cliniques spécialisées pour la prise en charge de la Covid longue et la maladie de Lyme, sans inclure les patients atteints de l’EM. C’est très décevant puisque les similarités entre l’EM et la Covid longue sont connues.

Vous avez aujourd’hui l’opportunité incroyable d’inclure 70 000 de vos concitoyens souffrant de l’EM dans ces 15 cliniques et enfin d’ouvrir un dialogue entre les patients/soignants, les chercheurs et les professionnels de la santé.

Il est temps d’agir pour les patients atteints de l’Encéphalomyélite Myalgique sévère.

Cordialement. Serge St-Arneault, M.Afr

NOUS VOUS INVITONS À ADRESSER UNE COPIE
DE CETTE LETTRE AVEC VOTRE NOM AU MINISTRE DUBÉ

Par courriel : ministre@msss.gouv.qc.ca

Ou par l’adresse postale : Ministère de la Santé et des Services sociaux, Édifice Catherine-De-Longpré, 1075, chemin Sainte-Foy, 15e étage, Québec (Québec) G1S 2M1

Lettre de Myriam-Rachelle Lopez adressée à l’honorable Christian Dubé, ministre de la Santé et des Services sociaux.

Myriam-Rachelle Lopez

Cette semaine, je suis descendue au rez-de-chaussée pour rejoindre ma mère. Elle m’a dit : «Eh que tu es bonne d’être descendue». Il n’y avait aucune ironie, juste de l’amour et de la compassion. La raison est que je quitte très peu mon lit depuis un peu plus d’un an.

J’ai 39 ans, et je suis atteinte d’Encéphalomyélite Myalgique sévère (syndrome de fatigue chronique ou EM/SFC). Ma mère de 70 ans est ma proche aidante. La maladie est tellement invalidante et incapacitante que le simple fait d’être capable de sortir de mon lit et descendre les escaliers nous a inspiré beaucoup de joie et d’espoir. Notre espoir est en celui de meilleurs jours, de meilleurs soins et d’une meilleure prise en charge de la maladie par le système de santé.

Le 19 mai dernier, vous avez fait l’annonce de l’ouverture de 15 cliniques spécialisées pour la prise en charge de la Covid longue et la maladie de Lyme, sans inclure les patients atteints de l’Encéphalomyélite Myalgique sévère. Le choc a été violent. Ces cliniques sont un espoir longtemps espéré par les patients atteints de l’EM. Comment expliquez-vous que 15 cliniques soient offertes pour une estimation de 23 000 patients souffrants de la Covid longue alors que 70 000 personnes atteintes de l’EM au Québec, souffrant de symptômes très similaires, sont mises de côté du revers de la main ?

J’ai développé l’EM à l’adolescence à la suite d’une mononucléose. Il s’agit aussi dans mon cas d’un syndrome post-viral tout comme la Covid longue, pourtant après 24 années à souffrir de cette maladie complexe, je n’ai toujours pas accès à des soins spécialisés.

L’ignorance, le déni et les préjugés que les enfants et les adultes atteints de l’EM subissent, jusqu’à présent, de la part du système de santé, les ont marginalisés dans le meilleur des cas et ignorés dans le pire des cas. Cela dure depuis trop longtemps.

Vous avez aujourd’hui l’opportunité incroyable d’inclure 70 000 de vos concitoyens souffrant de l’EM dans ces 15 cliniques et enfin d’ouvrir un dialogue entre les patients/soignants, les chercheurs et les professionnels de la santé.

Il est temps d’agir pour les patients atteints de l’EM.

Cordialement.

Myriam-Rachelle Lopez (membre de l’AQEM)

Association Québécoise de l’Encéphalomyélite Myalgique (AQEM)

AUTRE LIEN :

Une quinzaine de cliniques déployées pour qu’on prenne en charge les symptômes de la COVID longue et de la maladie de Lyme

« Une étape à la fois, » Justin Trudeau

Serge St-Arneault, M.Afr, Montréal, 31 mai 2022

Jeune, je me rappelle la forte impression que m’a laissée la nouvelle diffusée sur les ondes de la radio locale CFLM de La Tuque : « Le maire Lucien Filion se rendra à Ottawa pour rencontrer de hauts fonctionnaires. » Je ne sais plus de quoi il s’agissait, mais cela devait être très important. Ottawa! La capitale lointaine du Canada et, en plus, il allait rencontrer des gens importants et influents. Wow!

Justin Trudeau et Serge St-Arneault

Dans mon imaginaire, ce monde revêtait une étrangeté presque mystique. Prendre la peine d’aller à Ottawa relevait d’un exploit et comportait des risques. Et voilà que je suis revenu d’Ottawa hier pour la xième fois depuis cinq ans. Rien ne correspondait à mon imaginaire d’enfant. J’ai rencontré plusieurs ministres et députés et même le premier ministre Justin Trudeau avec lequel j’ai eu un bref entretien avec une bonne poignée de main chaleureuse. Je n’ai rencontré que des politiciens attentifs, accueillants, souriants, profondément humains et reconnaissants pour notre présence.

La conférence de presse à laquelle nous étions invités s’est avérée un moment historique sur le chemin d’un contrôle des armes à feu dans notre pays. Le gouvernement annonçait un projet de loi audacieux vers une nouvelle étape pour mettre en place de réelles mesures de protection publique face à la prolifération des armes de poing tout en promettant d’autres mesures pour bannir les armes d’assaut de type militaire. Nous étions euphoriques d’entendre cela.

Conférence de presse
Rachel Bendayen

Avant de nos rendre à la salle de réception du Château Laurier où une importante délégation de journalistes et de caméramans nous attendait, nous avons été accueillis au bureau de Rachel Bendayen, députée et grande partenaire de PolySeSouvient. Puis, nous nous sommes dirigés vers le bureau du ministre de la Santé publique Marco Mendicino. Il m’a expliqué qu’il est avocat de profession. Je l’ai senti ému de constater notre importante délégation pour soutenir le nouveau projet de loi. Le C-21.

Sur cette photo, je suis entre le ministre Marco Mendicino et Alison Irons de Toronto.

Serge et Wendy Cukier

J’ai eu la joie aussi de revoir Wendy Cukier de Toronto et porte-parole de la Coalition pour le contrôle des armes. Notre précédente rencontre remonte à plus de vingt ans.

Ce n’était pas vraiment mon intention de porter ce vêtement. En fait, mon bel habit ne me fait plus. Ou plutôt, mon gabarit n’est plus ajusté à l’habit. Bref, pour une rare fois, tous ensemble, nous étions dans un esprit festif, joyeux. De PolySeSouvient, en plus de moi, il y a eu Heidi, Boufeldja, Jean-François, Nathalie, Sylvie et Suzanne.

Justin Trudeau et Luna Vadlamudy

Nous nous sommes donc retrouvés au Château Laurier pour la conférence de presse. Nous avons attendu un bon moment. C’est là que j’ai fait connaissance avec une adolescente de 16 ans, Luna Vadlamudy, d’origine indienne, qui représentait l’organisme « Ensemble pour Thomas », un jeune homme qui a été tué par balle dans le quartier Saint-Michel à Montréal en novembre 2021.

Château Laurier
Serge et Greg Fergus

Je tiens aussi à souligner le député de Hull-Aylmer Greg Fergus. Il est secrétaire parlementaire du premier ministre et de la présidente du Conseil du Trésor. Nous avons eu une très belle conservation. Il m’a certifié qu’il y a une unité au sein du Parti libéral canadien sur la question du contrôle des armes à feu. Peut-être aurons-nous la chance de nous revoir.

Une étape à la fois

J’avais déjà parlé brièvement au premier ministre Justin Trudeau le 6 décembre 2021 sur le Mont-Royal lors de la cérémonie annuelle de commémoration de la tragédie de la Polytechnique. Aux côtés de Nathalie Provost, nous lui demandions pour combien de temps nous devrions attendre pour que le gouvernement agisse. Voici ce qu’il nous a dit : « Nous y arriverons. Nous procéderons pas à pas, une étape à la fois. »

Le mot ÉTAPE est le mot clef que je retiens de mon expérience avec le monde politique, celui de Justin Trudeau. Je commence à comprendre que ce politicien a une vision à plus long terme que les politiciens populistes à courte vue. Nous avons souvent des réprimandes à faire sur son style de leadership, mais je suis maintenant d’avis qu’il est un réel homme politique.

Il procède par étapes. Il a un plan d’avenir. Ce plan englobe beaucoup de points sensibles tels que la réconciliation avec les Peuples autochtones pour ne nommer que celui-là. En plus des enjeux imprévus comme la pandémie de la Covid-19 ou la guerre en Ukraine, le gouvernement fait preuve d’audace, certes calculée, mais également prometteuse pour l’avenir du Canada.

Message de Rachel Bendayen qui s’est adressée à la Chambre des Communes

Bonjour à vous tous,

Merci du fond du cœur pour vos bons mots, mais surtout merci pour tout ce que vous faites et merci de continuer à porter ce combat. Hier nous avons pris un énorme pas en avant, mais notre travail n’est pas terminé. Vous pouvez compter sur moi pour continuer à me battre à vos côtés.

Il y a peine deux heures, je me suis levée en chambre et je tenais à partager ça avec vous

Rachel

Contrôle des armes à feu: une avancée majeure pour Serge St-Arneault

Sur la photo : le Ministre fédéral de la Santé publique Marco Mendicino, Serge St-Arneault et Alison Irons

SÉBASTIEN LACROIX, Le Nouvelliste, 30 mai 2022

«C’est un discours historique. Ça va vraiment dans le sens que l’on a toujours rêvé.» C’est en ces termes qu’a réagi le Latuquois Serge St-Arneault qui avait fait le voyage à Ottawa, lundi, où il a rencontré le ministre fédéral de la Sécurité publique Marco Mendicino et le premier ministre Justin Trudeau avant la présentation du nouveau projet de loi sur le contrôle des armes à feu, en compagnie d’autres militants.

«C’est sûr que c’est une étape. Il y en aura d’autres à suivre», a souligné celui qui se bat depuis plus de 30 ans pour le contrôle des armes à feu, lui qui a perdu sa sœur Annie lors de la tragédie de Polytechnique.

Il faut dire que les annonces respectent pratiquement en tout point ce que proposait le groupe PolySeSouvient, qui revendique un plus grand contrôle des armes à feu, si ce n’est «certains détails» qui demeurent à régler. «On a le sentiment que nous progressons de manière significative», a mentionné M. St-Arneault lorsque joint par Le Nouvelliste.

«Ça résume l’ensemble des préoccupations que nous portons, surtout au niveau des armes d’assaut. La nouveauté, c’est au niveau des armes de poing. C’est un pas qui est significatif, insiste-t-il. C’est une avancée parce que le fédéral a reconnu à voix basse que l’idée de remettre ça dans les mains des municipalités ou même des provinces, ça ne fonctionnerait pas. Ils ont trouvé une manière originale d’au moins arrêter de vendre et d’importer des armes de poing.»

Pour la suite des choses, il restera assurément de s’assurer de l’adoption du projet de loi, alors qu’on s’attend à ce que les partis d’opposition tentent de freiner le processus. Tout de même, Serge St-Arneault a senti une réelle volonté du gouvernement d’aller de l’avant. «J’ai demandé à quelques ministres s’il y avait des dissensions et au contraire, il y a une réelle unanimité. Tous les ministres travaillent dans la même direction. Je pense que c’est un élément à retenir», a-t-il soutenu.

Les prochaines étapes seront les mesures pour appliquer le projet de loi qui sera déposé. Il faudra par exemple s’assurer que la définition d’arme d’assaut soit suffisamment claire pour ne pas que les compagnies cherchent à contourner la loi.

«Une prochaine étape, ce sera la clarification de la définition des armes d’assaut pour bannir de façon catégorique la prolifération des armes d’assaut et la création de nouvelles armes qui ne répondraient pas à la définition actuelle», ajoute Serge St-Arneault. «Il y a de nouveaux modèles d’armes d’assaut qui sont maintenant bannis, continue-t-il. De 1500, on est rendu à 1800, mais je pense que le gouvernement veut améliorer la définition pour éviter l’ambiguïté.»

Si les récents événements au Texas n’ont pas été mentionnés au cours de la journée, Serge St-Arneault croit que ç’a pu être dans les pensées de plusieurs personnes au moment de faire les annonces. «On ne veut surtout pas que le Canada aille dans la même direction que les États-Unis, insiste-t-il. Je pense que ça faisait partie de la pensée cachée. On a été tout le monde été touché par ça, mais je ne pense pas que ce soit un élément direct. Parce que le gouvernement était déjà prêt à l’annonce de son projet de loi.»

À LIRE AUSSI

Armes à feu. Les commerces devront tenir un registre

PHOTO SEAN KILPATRICK, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Dès le 18 mai, tout vendeur d’armes à feu, qu’il s’agisse d’un particulier ou d’un commerce, devra vérifier l’identité de l’acheteur et vérifier qu’il possède bien son permis d’armes à feu au moyen d’une base de données en ligne.

(Ottawa) Le ministre de la Sécurité publique, Marco Mendicino, a annoncé une série de mesures mercredi pour contrôler la vente d’armes à feu. Il s’agit des dernières étapes de la mise en œuvre de la loi C-71 adoptée en 2019.

MYLÈNE CRÊTE

MYLÈNE CRÊTE, LA PRESSE, 11 mai 2022

Les commerces auront l’obligation de tenir un registre sur l’achat de chaque arme à feu comme ils le faisaient jusqu’en 2005. Cette exigence était alors devenue redondante avec la création du registre des armes d’épaule sept ans plus tôt. Ce registre national avait par la suite été aboli dans la controverse à cause de son coût trop élevé.

Dès le 18 mai, tout vendeur d’armes à feu, qu’il s’agisse d’un particulier ou d’un commerce, devra vérifier l’identité de l’acheteur et vérifier qu’il possède bien son permis d’armes à feu au moyen de la base de données en ligne du Programme canadien des armes à feu.

« Ces nouvelles règles garantiront que les personnes qui ne sont pas autorisées ou ne devraient pas avoir accès à une arme à feu ne pourront pas en obtenir une et empêcheront les armes de tomber entre de mauvaises mains », a affirmé M. Mendicino en conférence de presse.

Actuellement, les vendeurs peuvent vérifier si l’acheteur d’une arme à feu sans restriction détient un permis valide, mais ils n’en ont pas l’obligation. De plus, les commerces sont seulement obligés de tenir un registre des transactions pour les armes à feu prohibées ou à autorisation restreinte.

La situation est différente au Québec où les armes à feu sans restriction, comme les armes d’épaule, doivent être immatriculées depuis 2019.

Le ministre Mendicino a fait valoir que le registre permettra aux forces policières de retrouver le propriétaire d’une arme avec laquelle un crime aurait été commis. « C’est de cette façon que la police a pu trouver Marc Lépine », a avancé le ministre. En fait, les policiers avaient utilisé le numéro de série de l’arme utilisée pour perpétrer la tuerie de l’École polytechnique pour l’identifier après qu’il se soit enlevé la vie.

Le collectif PolySeSouvient estime que le gouvernement corrige ainsi une faille. « Compte tenu de l’opposition continue du Parti conservateur au projet de loi C-71 et de ses manœuvres passées visant à saper la mise en œuvre de contrôles sur les armes à feu, nous craignions qu’un futur gouvernement conservateur ne profite d’un passage vague du règlement proposé pour faire en sorte que les demandes de transferts soient systématiquement approuvées sans que le permis ne soit réellement validé par le système, a réagi l’une de ses porte-parole, Heidi Rathjen. L’amendement empêche effectivement un tel scénario. »

Le Parti conservateur accuse le gouvernement libéral de réintroduire le registre des armes d’épaule « qui n’a pas permis de lutter contre la violence armée à l’époque et qui ne permettra pas de lutter contre la violence armée aujourd’hui ».

« La réalité est que la grande majorité des crimes commis avec des armes à feu le sont avec des armes obtenues illégalement et le registre des armes à feu de Trudeau ne fait absolument rien pour arrêter le flux d’armes acquises illégalement qui se retrouvent dans les mains de gangs et de criminels », a indiqué la députée Rachel Dancho, porte-parole en matière de sécurité publique.

L’annonce du ministre Mendicino survient au lendemain d’une fusillade qui a fait un blessé dans un quartier résidentiel de Laval. Il s’agit du troisième incident du genre à survenir dans cette ville depuis dimanche. La nouvelle a été saluée par la mairesse de Montréal Valérie Plante, dont la ville connaît aussi une recrudescence de fusillades.

« C’est un pas dans la bonne direction, a-t-elle écrit sur Twitter. Comme nous l’avons rappelé au Forum montréalais, nous continuerons à appuyer tous les efforts menant à l’interdiction des armes de poing. La sécurité des Montréalais-es est une priorité. »

AUTRES LIENS

Marche contre la violence armée à Laval.
Quelques dizaines de personnes ont marché contre la violence armée samedi à Laval. Elles réclamaient notamment plus de ressources en prévention de la part des différents ordres gouvernementaux.

DJELY TAPA – Le sais-tu ? Un hommage aux femmes

Par Serge St-Arneault

En ce jour dédié aux mères, je vous partage le puissant message de mon amie Djely Tapa tiré de sa plus récente interprétation intitulée Le Sais-tu ? Non seulement s’agit-il d’un puissant texte, mais Djely Tapa met toute sa puissance vocale pour rehausser l’urgence d’être à leur écoute. Elles souffrent, sont insultées, discriminées, assassinées, non reconnues malgré leurs qualifications académiques. Pourtant, ce sont nos mères, nos conjointes, nos sœurs.

Cette chanson s’adresse aux misogynes qui oublient qu’ils sont nés d’une femme qui l’a aimé, qui en a pris soin et qui a été patiente envers lui. « Ne t’attaque pas à cette femme qui est ta source de vie. Le sais-tu ? »  

Est en tourné en France et en Espagne avant de revenir à Montréal pour la présentation de son spectacle le 12 mai 2022 à la Maison de la culture Claude-Léveillé.

Auteur : Djely Tapa

Compositeur : Jean Massicotte

Label : Disques Nuits d’Afrique / distribution Believe

Vidéoclip réalisé par : Victorine Sentilhes / Yoktown’s

PAROLES COMPLÈTES

  • Heee mousso hou sai ni ne He mo mè wa (Es-tu au courant de tous les poids qui pèsent sur les femmes)
  • Hé mo mè wa (L’as-tu entendu)
  • Hé ye wa (As-tu vu)
  • Hé ma kai wa (L’as-tu fait)
  • Dounouya mousso sai ni ne hé mo mè wa (Les femmes du monde entier souffrent, le sais-tu)
  • He he heeee hé mo mè wa (Es-tu au courant de tous les poids qui pèsent sur les femmes)
  • Toroya djougou mi Bou kan hé (La souffrance qu’elles subissent, as-tu entendu ça)
  • Hé mo mè wa Nenini djougou mi Bou kan (Les insultes qu’elles subissent, le sais-tu)
  • Hé te ho don wa He he heeee hé mo mè wa (L’as-tu entendu)
  • djo Maya djougou mi Bou kan (La discrimination qu’elles subissent, le sais-tu)
  • Hé mo mè wa Ali fagali djougou mi Bou kan (Et même les assassinats, le sais-tu)
  • Hé te don wa Heeeee hé mo mè wa (L’as-tu entendu)
  • Ko tche ma kele ho ye mousso ma fila ye (Ils disent qu’un garçon vaut deux filles)
  • Hé te fosiye mousso ko (Que tu n’es rien qu’une femme)
  • Mousso kouma yoro te Yan (Qu’ici les femmes n’ont pas droit à la parole)
  • He te fosiye mousso ko (Que tu n’es rien qu’une femme)
  • Déni y’a ka kalake san tchema ho baragnini yoro ko te fosiye (La jeune fille a fait des longues études, mais quand elle cherche un travail, elle n’est rien qu’une femme)
  • A y’a A ka barake san tcha ma ni yelè ni touma sera hé te fosiye mousso ko (Elle a travaillé des années et quand c’est le moment de la promotion, elle n’est rien qu’une femme)
  • Fasso djon touma sera koutigna touma sera He te fosiye mousso (C’est le moment des votes et de choisir un président, elle n’est rien qu’une femme)
  • Fosi te fai gne wa fai yairai tefai mousso te fai gne dia dougna yairai te faigné (Quand la valeur de la femme est niée, alors rien n’a de valeur; c’est la vie même qui s’effondre)
  • Hé te fosiye mousso ko (3 fois) (Tu n’es rien qu’une femme)
  • Hi bah ye mousso ye (Ta mère est femme)
  • Hi fourou mousso mousso ye (Ta conjointe est femme)
  • Hi ma mousso mousso dooooo (Ta sœur est femme)
  • Mousso yihi wolo (Femme t’a donné la vie)
  • Mousso yi kanouuuu (Femme t’a aimé)
  • Mousso yi hi negue (Femme a pris soin de toi)
  • Mousso hi la han dö (Femme a été patiente avec toi)
  • Ka na bila mousso (Ne t’attaque pas à cette femme)
  • Ka n’a bila mousso (Ne t’attaque pas à une femme)
  • Ha fö hi Sabou (2 fois) (Elle est ta source)
  • Dougna Sabou ye mousso ye (La source de la vie est Femme)
  • Hé te fosiye mousso ko (4 fois) (Tu n’es rien qu’une femme)
  • Hé mo mè wa hé mo ye wa hé mo kai (L’as-tu entendu, l’as-tu vu, l’as-tu fait)
  • Dounouya mousso sèniner hé mo mè wa (Les femmes du monde entier souffrent, le sais-tu).

AUTRE LIEN

Entre tradition mandingue, blues du désert et expérimentations électroniques, Djely Tapa veut porter un message féministe et panafricain – Le Monde

MA RÉVOLUTION TRANQUILLE, SUITE

Par Serge St-Arneault, M.Afr

Pour donner suite au premier texte de Ma Révolution tranquille du 29 avril 2022.

Est-ce l’air du temps? Toujours est-il que le thème de la Révolution tranquille resurgit de plus fort ces jours-ci sur les ondes radio. L’émission ‘Le temps d’une chanson’ animée par Catherine Pépin le 30 avril dernier présente le chanteur français Georges Brassens. Né en 1921, il est décédé à l’âge de 60 ans le 29 octobre 1981. Brassens a débuté tardivement sa carrière de chanteur en 1953.

Catherine Pépin

« Les propos de ses chansons sont confrontant, de dire Catherine Pépin. Au début des années 1950, l’Église, l’armée, la police étaient généralement très respectées et Brassens donne un gros coup de pied là-dedans. Aujourd’hui, on trouve ça drôle quand Brassens se moque des curés. Les chansons de Brassens étaient un puissant scandale, une œuvre combative. Entre 1952 et 1964, la moitié des chansons de Brassens sont interdites sur les ondes. C’est l’un des artistes les plus censurés en France. »

« J’ai milité dans le mouvement anarchiste à l’âge de 23 ans, de préciser Georges Brassens. Les idées anarchistes, surtout la morale anarchiste était la plus proche de ce que je croyais, de ce que je pensais; un refus de l’autoritarisme, un refus de l’armée, un refus de la loi, un besoin pour l’homme de gérer ses affaires lui-même, pour les corps de métiers de gérer leurs affaires eux-mêmes. Ça me convenait, mais je n’ai pas poussé ça très avant. Ces idées me convenaient et j’en suis resté là. » 

Pourquoi est-il si important de nous souvenir de Georges Brassens ? Pourquoi reste-t-il présent dans notre mémoire 30 ans après sa mort? Catherine Pépin a recensé les commentaires suivants venant de ses auditeurs.

« Parce que ces phrases et ses mélodies nous accompagnent quotidiennement pour peu que nous l’ayons suffisamment écoutée. Dans telle ou telle situation difficile ou heureuse, je l’entends me parler et me conseiller et son humanisme m’éclaire. » Félix Houde

« Georges, c’est une œuvre magistrale, un monde à part où s’entremêlent des personnages, des atmosphères, des histoires un peu comme dans les livres pour enfants et ce n’est pas par hasard si dès mon plus jeune âge j’ai été intrigué par ses chansons. Brassens est pour moi à la foi mon artiste favori, mais aussi un compagnon de route le plus fidèle, un refuge. » Arnaud Lefèbvre.

Même si les textes de Brassens dénoncent l’ordre établi par l’humour, il existe aujourd’hui en France 150 écoles qui portent son nom.

Mes sentiments

Personnellement, les chansons de Brassens ne m’ont jamais particulièrement dérangé. Mais, je n’avais pas réalisé à quel point son style provocateur attirait un large auditoire enthousiaste. Il était lui-même étonné. Le style musical de notre Félix Leclerc national l’avait influencé et ils étaient amis. C’est Félix qui a accueilli Brassens lors de sa seule tournée au Québec. Ces deux chanteurs avaient une âme de poète et la fougue de la diatribe.

J’ai le sentiment que la période de l’après-guerre 39-45 a fait naître un esprit rebelle contre les formes d’autorités politiques et religieuses. Peut-être est-ce cette monstrueuse guerre qui a dévasté l’Europe qui est à la source de cette rébellion de l’ordre établi responsable de soixante-dix millions de morts.

UNE LIBÉRATION

L’après-guerre, c’est la libération. Le modernisme s’épanouit. Il y a de l’argent en circulation et les biens de consommation sont devenus plus accessibles. Le carcan des conventions, les règles de conduite et de bienséance, les stéréotypes associés au sexe ou à une fonction, les styles vestimentaires ou le droit de porter les cheveux longs comme je l’ai vécu lors d’une journée de grève des garçons de l’école secondaire Champagnat de La Tuque en 1970, toutes ces critiques ou revendications ont fait voler en éclat le conventionnel.

En définitive, Brassens, tout comme les Cyniques, a dénoncé par l’humour ce qui devait l’être. Ils ont utilisé leur talent et leur intelligence pour offrir une porte de sortie à une forme d’aliénation collective que Karl Marx avait si savamment énoncée un siècle plus tôt. Il y a en effet un réel danger pour qu’un individu, tout comme un groupe ou une société, puisse s’aliéner lorsque la conscience ou l’identité personnelle, ou celle d’un groupe social se confondent avec une idéologie politique ou religieuse. Le rigorisme de tout acabit est un chemin d’aliénation.

Michel Désautels

Avant l’humour comme arme de démolition des conventions, il y a eu Paul-Émile Borduas. Dans les dernières minutes de son émission diffusée le 1er mai 2022, Michel Désautels s’entretient avec Gérard Berréby qui vient de rééditer la publication du Refus global de Paul-Émile Borduas. L’édition originale du 6 août 1948 avait été publiée à 400 exemplaires, la nouvelle a été tirée à 4000 sur les Éditions Allia, France.

« Borduas, aux dires de Gérard Berréby, dressait un tableau sans concession de la société québécoise des années 40, bien avant la période de la Révolution tranquille de 1960, l’époque dite de la grande noirceur que la figure autocratique, cléricale et nationaliste de Maurice Duplessis, premier ministre entre 1944 et 1959, incarne le mieux. C’est à tout ce système que va tenter de s’attaquer Borduas et dynamiter un petit peu toutes les idées reçues. Il dresse dans ce texte un portrait au vitriol et sans concession, mais également, pas seulement de la société québécoise, mais aussi de la société au sens large et de tous ses travers au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Borduas évoque et annonce la fin du règne de la peur multiforme et il en a à cette domination des prêtres catholiques et de leurs associés de la société civile trop proche de la religion. »

Dénonciation du capital et de la mainmise des autorités cléricales

Gérard Berréby ajoute : « Ce texte-là est une invitation envoûtante à sortir des ornières en faisant appel à la raison et à la sensibilité et une expression du refus des déviances du libéralisme. C’est un hymne à la révolte et surtout c’est un texte très monitoire de ce que va devenir la société à travers la défiance du libéralisme, de l’esprit utilitaire qui domine la société. Comme dit Borduas, le refus de servir, d’être utilisable et d’être une marchandise. En ce sens, le texte annonce la domination marchande planétaire et annonce les excès du libéralisme. Borduas le fait dans un texte plein d’énergie avec des fulgurances poétiques. (…) Le Refus global ne saurait être coulé dans une langue sage et policée. C’est une langue d’une grande exigence et le travail sur le style est très poussé. »

Pour Gérard Berréby, le Refus global est l’un des grands textes subversifs du XXe siècle; dénonciation d’une société bigote et renfermée, contestation non seulement de l’emprise du catholicisme sur les consciences, mais aussi de la raison marchande, du calcul égoïste, qui a d’ailleurs partie liée avec la foi catholique mortifère.

Les Insolences du Frère Untel

Dans ces mêmes années, il n’y avait pas que des chanteurs, poètes et artistes pour dénoncer et appeler à plus de liberté. Il y avait aussi des religieux.

Un essai écrit par Jean-Paul Desbiens, sous le pseudonyme de Frère Untel, publié le 3 novembre 1959, est une critique mordante de la société québécoise. Selon Wikipédia, il dénonce une religion basée sur la peur et s’en prend au système d’enseignement qu’il juge archaïque. À sa manière, ses pistes de réforme annoncent la Révolution tranquille : la liberté, la qualité de la langue, la culture et l’excellence. Ce livre est vendu à 130 000 copies dès les six premiers mois de parution, dont 17 000 au cours des dix premiers jours de vente. C’est sans compter les 15 000 autres exemplaires en anglais.

Il y a donc un vaste mouvement de contestation au tournant des années 1960 qui atteint un large public en soif de références, de porte-paroles ou de mentors en dehors comme au sein de l’institution de l’Église catholique tel Jean-Paul Desbiens, né en 1927 et décédé le 23 juillet 2006.

Lionel Groulx

Avant Jean-Paul Desbiens, Lionel Groulx, né en 1879 et décédé en 1967 à Vaudreuil, est considéré par certains comme un précurseur de la Révolution tranquille.

Selon Wikipédia, « Tous s’entendent cependant sur le fait qu’il est, avec Henri Bourassa, la figure intellectuelle la plus marquante du nationalisme canadien-français dans la première moitié du xxe siècle. »

Je suis d’avis qu’il y avait, comme cela existe encore de nos jours, des cléricaux réfractaires au cléricalisme. Des voix se sont levées dans l’histoire de l’Église pour dénoncer l’autoritarisme religieux et exiger des réformes. L’exemple de François d’Assise l’illustre bien. La Réforme protestante inspirée par le moine allemand Martin Luther, au-delà du schisme qui en a résulté, avait pour but de dénoncer les abus de l’Église de son temps.

À la guerre comme à la guerre

Lors d’un conflit, on utilise les armes disponibles. Une guerre d’un autre genre a suivi celle de la Seconde Guerre mondiale 39-45. Les armes utilisées avaient un point commun; la première avait pour objectif de libérer l’Europe du nazisme, la seconde a libéré la parole grâce à la dénonciation poétique, l’écrit acerbe, les chansons scandaleuses et l’humour cinglant. Le développement des moyens de communication tel que la radio, la télévision et les enregistrements sonores ont contribué à répandre ce vent de contestation.

Auteur : Serge St-Arneault

Le vent souffle où il veut (Jean 3,8)

Le vent est un thème biblique très important. Il s’associe au souffle créateur qui donne vie : « le Seigneur tient dans sa main l’âme de tout vivant et le souffle de toute créature, » (Job, 12,10). Mourir, c’est rendre l’esprit, ne plus avoir de souffle (Jean 19,30). « Le vent souffle où il veut : tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. » (Jean 3,8)

Le vent de la liberté est porteur de vie, de créativité. Ce vent anime les cœurs et les esprits. Le vent de protestation, de revendication et de dénonciation qui a si profondément marqué l’époque de l’après-guerre est une œuvre collective que nul ne sait précisément d’où il vient et où il va.

Je suis d’avis que les Borduas, Brassens, Leclerc et les Cyniques, bien au-delà de leurs sarcasmes contre les curés, ou plutôt les cléricaux, quelque chose de précieux, inspiré par Dieu, émanait de leur humour cinglant. Le public qui est encore transporté par leur humanisme en est la preuve.

Les règles sclérosées, idéologiques ou religieuses, ainsi que les abus de pouvoir ne résistent pas à l’épreuve du temps. Un vent de libération continue sans cesse de souffler qu’aucune force répressive ne peut arrêter. C’est mon espoir que l’Église catholique saisira l’opportunité qui lui est offerte maintenant pour se laisser elle-même inspirée par l’humanisme de ceux et celles qui l’ont contesté.

« On fait fausse route », Hausse de la violence par armes à feu aux États-Unis

PHOTO LUCAS JACKSON, ARCHIVES REUTERS

Devant la hausse des meurtres et des ventes d’armes records, plusieurs États américains éliminent toute exigence pour l’achat et la possession d’armes, laissant présager des années encore plus violentes, dénoncent des experts.

NICOLAS BÉRUBÉ, LA PRESSE, 30 avril 2022

Shannon Freeman chantait et dansait sur la piste de danse du resto-bar The Loaded Slate, à Milwaukee, au Wisconsin, un peu avant 1 h du matin, le 10 avril dernier.

Quelques minutes plus tard, M. Freeman, un père de famille âgé de 30 ans, s’effondrait, atteint mortellement de neuf balles dans le dos alors qu’il marchait vers la sortie du bar après une brève dispute avec un autre client.

« Ce sont des tragédies qui ne devraient pas se produire, ça n’a aucun sens », explique en entrevue Khary Penebaker, militant en faveur d’un meilleur contrôle des armes à feu et résidant de Milwaukee.

Père d’une fillette, Shannon Freeman est l’une des 12 994 victimes des armes à feu répertoriées depuis le début de l’année aux États-Unis, en date du 21 avril, par le site de recherche Gun Violence Database, qui fait état d’une forte hausse des morts au cours des dernières années.

Au Wisconsin, où habitait M. Freeman, 315 homicides ont eu lieu en 2021, une hausse de 70 % par rapport à 2019, avant la pandémie.

Le nombre d’homicides a grimpé de 30 % aux États-Unis en 2020, une hausse record des meurtres qui ne donne aucun signe de vouloir se résorber. Les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) ont révélé que 45 000 personnes étaient mortes par arme à feu en 2020, également un record.

Chez les jeunes âgés de 1 à 24 ans, les armes à feu constituent désormais la première cause de mortalité, devant les accidents de véhicules automobiles, une première en plus de 60 ans, selon une étude publiée dans le numéro courant du New England Journal of Medicine.

Devant cette flambée de violence, les élus de nombreux États adoptent des lois qui, loin de restreindre l’accès aux armes à feu, le facilitent, note Thomas Abt, président du groupe de travail sur les crimes violents au Council on Criminal Justice et auteur du livre Bleeding Out : The Devastating Consequences of Urban Violence – and a Bold New Plan for Peace in the Streets.

C’est frustrant et troublant, car les États-Unis devraient aller précisément dans la direction opposée. Par exemple, nous savons que les États qui exigent un permis pour acheter une arme à feu ont des taux plus faibles de violence armée.

Thomas Abt, président du groupe de travail sur les crimes violents au Council on Criminal Justice

Depuis le début de 2022, le Wisconsin, la Caroline du Sud, l’Indiana et le Nebraska ont travaillé à faire avancer des lois sur le port d’armes dissimulées sans permis dans leurs sessions législatives, tandis que les gouverneurs de l’Alabama et de l’Ohio viennent de promulguer des lois analogues. Depuis 2015, 20 États ont éliminé l’exigence d’avoir un permis et de suivre un entraînement avant de pouvoir avoir une arme dissimulée sur soi ou dans son véhicule.

Sur le plan national, les sondages sur le port d’armes sans permis montrent que c’est une idée impopulaire. « Mais dans des États politiquement conservateurs, l’idée est populaire, dit M. Abt. Les élus de ces États voient une augmentation de la violence armée, et considèrent la possession d’armes comme une solution – ce n’est pas le cas, mais idéologiquement, ils ne peuvent pas arriver à d’autres conclusions. »

Même des États qui exigent toujours un permis pour avoir une arme dissimulée sur soi peuvent rendre le processus si vide qu’il frise l’absurdité, dit Khary Penebaker, dont la mère s’est donné la mort avec une arme à feu lorsqu’il était enfant.

« Au Wisconsin, pour obtenir un permis de port d’armes, vous n’avez qu’un coup de fil à passer, c’est tout. Obtenir un permis pour être coiffeur est plus compliqué que d’obtenir un permis pour avoir une arme chargée dissimulée sur soi. »

Augmenter l’anxiété

Résidante du Texas, Nicole Golden, directrice par intérim de Texas Gun Sense, doit depuis le 1er septembre dernier composer avec le fait que quiconque autour d’elle au centre commercial, au restaurant ou dans la rue peut potentiellement être armé, en vertu d’une loi promulguée ce jour-là par Greg Abbott, gouverneur républicain de l’État.

Ce que ça fait, c’est d’augmenter l’anxiété des gens, des familles. Nous ne savons pas si une personne qui porte sur elle une arme chargée en public a quelque expérience que ce soit avec cette arme. N’importe qui peut avoir une arme chargée sur lui, sans même savoir l’utiliser.

Nicole Golden, directrice par intérim de Texas Gun Sense

La loi n’était pas populaire au Texas, et les gens étaient à l’aise avec le fait qu’il y avait des exigences en place pour les gens qui voulaient avoir une arme sur eux, dit-elle. « Mais les républicains l’ont adoptée quand même. »

Bien qu’il soit trop tôt pour avoir une idée des effets de la loi, des chercheurs de l’Université Stanford ont conclu que le fait de retirer l’obligation d’avoir un permis et de suivre une formation pour avoir une arme sur soi produisait une hausse de 13 à 15 % des crimes violents dans la décennie suivant l’adoption du règlement.

Pour l’année 2020, 4000 personnes sont mortes par arme à feu au Texas, ce qui est une hausse importante par rapport aux années précédentes, dit Mme Golden. Austin, capitale du Texas, a enregistré 89 homicides en 2021, battant ainsi le record de 59 qui datait de 1984.

« Alors que nous devrions avoir un plus grand contrôle des armes, ce n’est pas un bon sentiment de voir qu’au contraire, on fait l’inverse. On fait fausse route. »

COVID-19, Floyd, ventes d’armes

Thomas Abt estime que la hausse de la violence est le résultat de trois facteurs : la pandémie de COVID-19, les troubles sociaux qui ont suivi le meurtre de George Floyd et l’augmentation massive des ventes d’armes à feu aux États-Unis depuis le début de la pandémie.

En particulier, les émeutes et les manifestations qui ont suivi le meurtre de George Floyd ont eu pour effet de réduire le recours aux forces de l’ordre dans les communautés touchées par des taux élevés de violence armée.

Ce que cela signifie, c’est que lorsqu’il y a un conflit dans une communauté, les résidants sont plus susceptibles de le gérer eux-mêmes, ce qui signifie qu’il est plus susceptible de se terminer par la violence. On pourrait donc faire valoir que la violence policière produit en fin de compte un effet domino qui se traduit par une augmentation de la violence dans la communauté.

Thomas Abt, président du groupe de travail sur les crimes violents au Council on Criminal Justice

Le problème de la violence par arme à feu aux États-Unis peut paraître insoluble. M. Abt note que ce n’est pas le cas : au-delà des problèmes sociaux et structurels à l’origine de la violence, tous les États et toutes les villes ne sont pas touchés de la même manière. Il établit un parallèle entre Philadelphie, qui connaît une explosion de la violence, et Boston, qui s’en sort beaucoup mieux.

« Il y a des choses très spécifiques qui ciblent les individus les plus à risque dans les endroits les plus à risque qui peuvent faire une grande différence sur la criminalité et la violence, maintenant, aujourd’hui, sans avoir besoin de budgets énormes et de nouvelles lois. Le défi est de ne pas baisser les bras et de ne pas désespérer. »

ÉTATS AYANT LE PLUS DE MORTS PAR ARME À FEU (MORTS PAR 100 000 HABITANTS)

  • Mississippi : 28,6
  • Louisiane : 26,3
  • Wyoming : 25,9
  • Missouri : 23,9
  • Alabama : 23,6

ÉTATS AYANT LE MOINS DE MORTS PAR ARME À FEU (MORTS PAR 100 000 HABITANTS)

  • New York : 5,3
  • Rhode Island : 5,1
  • New Jersey : 5,0
  • Massachusetts : 3,7
  • Hawaii : 3,4

Source : Pew Research Center, 2022

93

Nombre d’enfants âgés de 0 à 11 ans qui sont morts par arme à feu aux États-Unis depuis le début de l’année 2022, alors que 209 autres ont été blessés, selon la base de données Gun Violence Archive.

LES FEMMES S’ARMENT DAVANTAGE

Depuis le début de la pandémie, près de 50 % des nouveaux acquéreurs d’armes aux États-Unis ont été des femmes, selon le 2021 National Firearms Survey. Le document note que 3,5 millions de femmes sont devenues de nouvelles propriétaires d’une arme à feu de janvier 2019 à avril 2021, contre 4 millions de nouveaux propriétaires chez les hommes. En 2020, les vérifications des antécédents fédéraux pour les achats d’armes à feu ont atteint le chiffre record de 21 millions aux États-Unis, selon la National Shooting Sports Foundation, qui signale que la tendance s’est poursuivie en 2021.

8 MILLIARDS US

Somme annuelle que les homicides coûtent collectivement à l’économie de Chicago en frais de justice pénale et en frais médicaux, en pertes de salaires et de revenus, en diminution de la valeur des propriétés et en baisse de la qualité de vie. Pas moins de 797 personnes ont été tuées à Chicago en 2021, soit 25 de plus que l’année précédente.

Source : Council on Criminal Justice

LA MAISON-BLANCHE S’ATTAQUE AUX ARMES FANTÔMES

Revolvers qui fonctionnent un peu comme un kit Lego que l’on commande par la poste, et qui prennent environ 30 minutes à assembler, les « armes fantômes » pullulent aux États-Unis. Sans numéro de série, ces armes ne sont pas traçables et permettent à quiconque de contourner les exigences liées au port d’arme ou à l’achat d’une arme à feu. Selon une étude réalisée en Californie, ces armes fantômes sont impliquées dans 30 à 50 % des crimes avec armes à feu dans l’État, et plus de 20 000 de ces armes ont été saisies l’an dernier aux États-Unis, selon le ministère de la Justice. Ce mois-ci, le président Joe Biden a fermé une brèche dans la loi qui permettait la vente d’armes fantômes sous prétexte qu’il ne s’agissait pas techniquement d’armes, car elles n’étaient pas utilisables « immédiatement ». Pour faire son annonce, le président Biden était accompagné de Mia Tretta, une adolescente qui a été blessée par un tireur lors d’une attaque à l’école secondaire Saugus, en Californie, en 2019, dans laquelle deux enfants sont morts. Mia Tretta poursuit aujourd’hui en justice Terrance J. Osman, l’homme qui a vendu sur l’internet l’arme fantôme ayant servi dans ce crime.

EN SAVOIR PLUS

88 %

Proportion d’Américains qui sont d’avis qu’une personne devrait d’abord obtenir un permis avant d’être autorisée à avoir une arme dissimulée.

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