Tous les articles par Serge St-Arneault, M.Afr

Membre de la Société Missionnaire d'Afrique depuis 1986. A vécu en République Démocratique du Congo, au Malawi et en Zambie. Présentement à Montréal et directeur du Centre Afrika depuis 2017.

Ces armes de guerre n’ont pas leur place

Dans la foulée de la fusillade de Portapique, en Nouvelle-Écosse, où 22 personnes ont été tuées dans l’un des actes de violence les plus meurtriers de l’histoire canadienne, le gouvernement fédéral a interdit, par décret, la vente, l’achat, le transport, l’importation et l’utilisation de plus de 1500 types d’armes d’assaut. Des mesures similaires avaient déjà fait partie des promesses de campagne du Parti libéral, mais l’annonce et la mise en application ont été devancées pour répondre à la tragédie de Portapique.

Serge St-Arneault est prêtre et citoyen engagé. Il est le frère d’Annie St-Arneault, décédée lors de la fusillade de Polytechnique le 6 décembre 1989. Il est impliqué dans le collectif PolySeSouvient, un groupe citoyen en faveur du contrôle resserré des armes à feu établi par des survivantes du drame, depuis sa création. Voici sa perspective sur les mesures annoncées.

Question : Au sein de PolySeSouvient, vous luttez pour un contrôle resserré des armes depuis trois décennies. Pourriez-vous nous donner un peu de perspective historique?

Réponse : Quelques années après la tragédie à Polytechnique [en 1995, NDLR] le gouvernement de l’époque a voté une loi sur le contrôle des armes à feu qui a interdit une vaste gamme d’armes. Nous avions lutté pour cette loi pendant plusieurs années. Cette loi a eu un impact important sur le nombre des personnes tuées et blessées par des armes à feu. Malheureusement, en 2012, le gouvernement Harper a aboli cette loi et détruit toute l’information qui avait été recueillie dans le cadre de son renforcement. Quand ces données ont été détruites, il y a eu trahison de la volonté du peuple canadien.

Q. : Qu’est-ce que ces nouvelles mesures changent?

R. : Ces mesures ont pour but de retirer les armes d’assaut du marché parce que ce sont des armes militaires. L’argument des lobbyistes, c’est que ça ne sert à rien de légiférer sur les armes parce que les bandits et les gangs de rue n’obéiront pas à la loi. Ce que nous disons, c’est que tant et aussi longtemps que ces armes seront en circulation, il y aura plus de risques, plus de victimes de violence et plus de suicides. Ces armes sont faites pour tuer.

Q. : Pourquoi pensez-vous que ç’a pris tant de temps, et un autre massacre, pour mettre en place ces nouvelles restrictions?

R. : C’est un combat de longue haleine. Il faut faire appel non seulement à la raison, mais aussi à une conversion du regard pour rejoindre le cœur des gens. Il s’agit d’une nouvelle perception du réel qui déconstruit un schéma mental. Il y a des parallèles avec les questions environnementales – quel est le déclic qui permet à une société de consentir à payer le prix pour sauver la planète?

Un autre facteur crucial est la force du lobby des armes à feu. Ce lobby puissant entretient la peur viscérale qui fait croire que la seule façon de se protéger est de posséder une arme à feu. En plus, ce lobby contribue substantiellement aux caisses électorales de certains partis politiques.

Q. : Pour vous comme humain et comme proche d’une victime, qu’est-ce que ça fait de voir la prise de position du fédéral?

R. : C’est très émotionnel. Je suis content de la prise de position courageuse du gouvernement. C’est une combinaison de joie et de regrets, parce que ce n’est pas tout ce qu’on espérait.

Q. : Où sont les lacunes dans les mesures annoncées?

R. : Il ne faut pas que le programme de rachat demeure facultatif. Si c’est le cas, des dizaines de milliers d’armes d’assaut resteront entre les mains de leurs propriétaires actuels, pendant des générations. Le prochain projet de loi doit imposer le retour de toutes ces armes. Le Parti libéral avait d’ailleurs promis de le faire lors de la dernière campagne électorale. La deuxième lacune concerne l’absence de mesures appropriées pour régler le contrôle des armes détenues par les gangs de rues.

Q. : Qu’est-ce que vous comptez faire comme veille pour assurer que les mesures sont mises en pratique et ont les effets escomptés?

R. : On doit continuer de faire du lobbying avec le gouvernement pour que le programme de rachat devienne obligatoire. Nous voulons aussi appuyer des villes qui demandent de l’aide fédéral pour interdire les armes à poing. Le gouvernement fédéral parle de laisser cette décision aux villes, mais ils ont aussi leur rôle à jouer. Les armes d’assaut sont des armes de guerre qui n’ont pas leur place dans notre société.

Cette entrevue a été révisée et condensée.

Ruby Irene Pratka est journaliste indépendante et porte un intérêt particulier aux questions d’immigration, d’intégration et de diversité culturelle. Immigrante elle-même et nomade invétérée, elle arrive à Montréal en passant par Baltimore, Ottawa, Saint-Pétersbourg, Ljubljana, Berne, Bujumbura, Bruxelles, Québec et Winnipeg. Elle a passé son été en tant que responsable des communications à bord d’un bateau qui portait secours aux migrant-es en mer. Elle rêve d’un monde sans frontières.

Au sujet de l’interdiction des armes d’assaut de type militaire.

Par Serge St-Arneault, M.Afr

Le nouveau décret sur les armes à feu annoncé par le gouvernement fédéral en date du 1er mai 2020 prohibe les armes d’assaut de type militaire. Selon le premier ministre Justin Trudeau, il est maintenant interdit « de vendre, d’acheter, de transporter, d’importer ou d’utiliser des armes d’assaut de type militaire au Canada ». Cela représente 1500 modèles et variantes de ce type d’armes.

Les armes utilisées pour le tir sportif et la chasse ne sont pas interdites. Les honnêtes citoyens respectueux de la loi n’ont rien à craindre en ce qui concerne leur passe-temps sportif. À ce titre, le premier ministre a ajouté que « beaucoup de gens utilisent des armes à feu à travers le pays de façon légale et responsable, que ce soit pour travailler ou pour chasser. Mais, vous n’avez pas besoin d’un AR-15 pour abattre un cerf. »

Or, en est-il vraiment ainsi? En effet, il y a une arme à feu de type militaire utilisé par de nombreux amateurs de chasse; le Lee Enfields de calibre 303. Est-ce que ce type d’armement figure sur la liste de classification des armes que le gouvernement promet de mettre constamment à jour?

Ce qu’il faut retenir est que les armes d’assaut n’ont pas leur place dans notre société. Ces armes de guerre sont réservées aux militaires qui protègent notre pays. Or, la militarisation des forces policières est une claire indication d’une militarisation de la société. Il faut inverser cette tendance avant que la prolifération de ces armes devienne irréversible.

Les lacunes

Dans le nouveau décret, le gouvernement prévoit offrir un choix aux propriétaires : ils pourront soit obtenir un droit acquis visant l’arme à feu concernée, soit être indemnisés s’ils remettent cette arme à feu. Le gouvernement annoncera plus de détails plus tard.

Somme toute, il s’agit alors d’un programme partiel. Cela signifie que des dizaines de milliers d’armes d’assaut resteront entre les mains de leurs propriétaires actuels, pendant des générations. Pour être efficace, le prochain projet de loi doit imposer le retour de toutes ces armes. Le Parti Libéral avait d’ailleurs promis de le faire lors de la dernière campagne électorale.

La deuxième lacune concerne l’absence dans le décret de mesures appropriées pour régler le contrôle des armes à feu détenues par les gangs de rues. Il est indéniable que les criminels, les motards criminalisés et les diverses mafias ne se plieront pas au nouveau décret. De plus, les statistiques montrent que la plupart des crimes de masse, incluant celui récemment commis en Nouvelle-Écosse, l’ont été avec des armes acquises illégalement.

À vrai dire, sur ce point, il ne peut pas y avoir de mesures pour contrôler des armes à feu de groupes criminels dans un décret comme celui qui vient d’être proposé par le gouvernement. Il faut donc songer à d’autres mesures préventives qui relèvent du Code criminel, c’est-à-dire d’une législation par un règlement.

En résumé, le décret n’est nullement une forme abstraite d’idéologie de contrôle pour offenser les collectionneurs, les chasseurs et autres sportifs de tir de précision ou de compétition. Étant une question de sécurité publique nationale, malgré leur coût, il s’avère néanmoins impératif d’instaurer des mesures radicales à l’exemple de l’actuelle pandémie du Covid 19.

Trente ans d’attente

La trentième commémoration de la tragédie de la tuerie de la Polytechnique de 1989 qui a eu lieu au mois de décembre dernier a enfin permis de mettre un mot, jusque là non prononcé, sur la vérité de ce drame. Il s’agit d’un féminicide. Ce jour-là, quatorze femmes ont été tuées pour la seule raison d’être femmes. Comme société, il nous a fallu trente années pour employer ce mot qui s’est finalement imposé qu’en 2019.

Il s’agit d’un combat de longue haleine. Il fait appel non seulement à la raison, mais aussi à une conversion du regard pour rejoindre le cœur. Il s’agit d’une nouvelle perception du réel qui déconstruit un schéma mental. N’en est-il pas ainsi avec les questions environnementales. Quel est le déclic qui permet à une société de consentir à payer le prix pour sauver la planète? Curieusement, c’est de nouveau le Covid 19 qui nous ouvre les yeux : le pétrole ne vaut rien dans une société qui ne consomme pas!

Un autre facteur crucial est la force du lobby des armes à feu. Puissant, riche et vocal, ce lobby entretient la peur viscérale qui fait croire que la seule façon de se protéger est de posséder une arme à feu… préférablement d’assaut ou arme de poing. C’est aussi une question d’argent. Il est connu que ce lobby contribue substantiellement aux caisses électorales de certains partis politiques.

Ce qui nous attend

Il est à espérer que le gouvernement fédéral trouvera le courage politique de mettre en exécution avec rigueur le bannissement et la possession d’armes d’assaut et ainsi répondre à la voix de 80% des Canadiens qui sont en faveur d’une telle politique. Celle-ci doit s’accompagner d’une volonté encore plus ferme pour extirper des mains des criminels de tout genre leurs armes meurtrières.

Notre pays a besoin d’une législation sur les armes de poing relevant de lois fédérales au lieu d’être maladroitement légiféré au niveau des municipalités canadiennes. Celles-ci n’ont ni l’expertise ni les moyens d’appliquer des lois coercitives contre ces armes. Les recours juridiques contre ces mesures étoufferont vraisemblablement la volonté des villes pour mettre en application leur législature sur un contrôle des armes de poing.

Ceci dit, de sévères mesures sur l’utilisation, l’entreposage et le maniement sécuritaire des armes sportives demeurent nécessaires. Pour s’en convaincre, il faut se rappeler qu’un nombre trop élevé de femmes, souvent conjointes de propriétaires d’armes à feu, sont assassinées au Canada presque quotidiennement.

Ottawa interdit les armes d’assaut de type militaire

Les propriétaires de telles armes bénéficient d’une amnistie jusqu’au 30 avril 2022. Un programme de rachat sera créé, mais le gouvernement n’entend pas le rendre obligatoire. Le premier ministre pourrait présenter un projet pour interdire certaines armes à feu.

François Messier (accéder à la page de l’auteur) – 1er mai 2020

Il est maintenant interdit « de vendre, d’acheter, de transporter, d’importer ou d’utiliser des armes d’assaut de type militaire au Canada », a annoncé vendredi le premier ministre Justin Trudeau.

Au total, 1500 modèles et variantes de ce type d’armes sont interdites en vertu d’une version révisée du Règlement sur la classification qui a été décrétée par le gouvernement. Les propriétaires de telles armes, au nombre de plus de 100 000, selon le gouvernement profiteront toutefois d’une période d’amnistie allant jusqu’au 30 avril 2022 pour se conformer au règlement.

Le premier ministre dit par ailleurs vouloir s’assurer que le système de classification des armes soit constamment mis à jour pour assurer que de nouvelles armes ne viennent pas se substituer à celles qui sont maintenant prohibées. Ces armes n’ont été conçues qu’à une seule et unique fin : tuer le plus grand nombre de personnes le plus rapidement possible, a déclaré le premier ministre. Elles n’ont aucune utilité, et elles n’ont pas leur place chez nous.

À travers le pays, beaucoup de gens utilisent des armes à feu de façon légale et responsable, que ce soit pour travailler ou pour chasser. Mais vous n’avez pas besoin d’un AR-15 pour abattre un cerf.
(Justin Trudeau, premier ministre du Canada)

La vice-première ministre Chrystia Freeland, aussi présente pour la conférence de presse, a fait valoir que ces armes mettent particulièrement en danger certaines populations vulnérables, dont les femmes. Le ministre de la Justice, David Lametti, a pour sa part souligné, le nombre de crimes commis à l’aide d’armes à feu a malheureusement augmenté ces dernières années. Le ministre de la Sécurité publique, Bill Blair, a pour sa part rappelé que les armes désormais interdites ont d’abord été conçues à des fins militaires, afin de faire le maximum de victimes possible, le plus rapidement possible.

Quelques armes désormais bannies :

  • Carabine M16, M4, AR-10 et AR-15 (drames de Sandy Hook, Las Vegas et Orlando, aux États-Unis, et celui de Christchurch, en Nouvelle-Zélande / nombre estimé en circulation : 83 572)
  • Carabine Ruger mini-14 (drame de Polytechnique / nombre estimé en circulation : 16 859)
  • Swiss Arms, modèle Classic Green (nombre estimé en circulation : 1342)
  • Carabine M14 (drame de Moncton / nombre estimé en circulation : 5229)
  • Carabine Vz58 (drame de la Mosquée de Québec / nombre estimé en circulation : 11 593)
  • Carabine pistolet Cz Scorpion EVO 3 (nombre estimé en circulation : 1813)
  • Carabine Beretta CX4 Storm (Collège Dawson / nombre estimé en circulation : 1513)
  • Carabine et pistolet SIG Sauer SIG MCX et SIG MPX (nombre estimé en circulation : 1000)
  • Armement Robinson XCR (nombre estimé en circulation : 1834)

Le Règlement interdit aussi les armes dont l’énergie initiale maximale dépasse les 10 000 joules, soit les fusils dont la chambre est conçue pour des cartouches de calibre .50, et celles dont l’âme du canon mesure au moins 20 millimètres, soit les lance-grenades.

Une clause de droits acquis prévue par le gouvernement

Un programme de rachat visant à offrir une compensation juste aux détenteurs de telles armes sera présenté plus tard, a aussi indiqué M. Trudeau, sans préciser s’il entendait le rendre obligatoire. Un document présenté aux journalistes lors d’une séance subséquente de breffage technique spécifie cependant que les propriétaires d’armes touchés pourraient les conserver en vertu d’un droit acquis.

Le gouvernement prévoit offrir un choix aux propriétaires : ils pourront soit obtenir un droit acquis visant l’arme à feu concernée, soit être indemnisés s’ils remettent cette arme à feu. De l’information plus détaillée sur les droits acquis et l’indemnisation sera annoncée plus tard.
(Extrait du document gouvernemental présenté en séance de breffage technique)

Le secrétaire parlementaire du ministre Blair, Joël Lightbound, a précisé à Radio-Canada qu’il s’agirait d’un droit acquis non permissif, de sorte que les propriétaires d’armes concernés pourraient les conserver, mais pas les utiliser. Il n’a pu dire quels moyens quelles mesures pourraient être prises par le gouvernement pour s’en assurer. Il a aussi souligné qu’il est possible que des partis d’opposition demandent à ce que le programme soit obligatoire, ce qui devrait être considéré par le gouvernement, qui est minoritaire aux Communes.

La prohibition des armes d’assaut avait été promise par les libéraux de Justin Trudeau lors de la dernière campagne électorale, l’automne dernier.

La plateforme électorale du parti spécifiait que cela serait assorti d’un programme de rachat pour toutes les armes d’assaut de style militaire achetées légalement au Canada en offrant aux propriétaires des prix correspondant à ceux du marché et en affectant plus de ressources à la gestion du programme par les forces de l’ordre.

PolySeSouvient veut un programme de rachat obligatoire

Le groupe PolySeSouvient, constitué après la tuerie de la Polytechnique, en décembre 1989, n’a pas tardé à faire savoir qu’il se réjouit de l’annonce d’aujourd’hui, mais dit craindre que le prochain programme de rachat des armes ne soit pas obligatoire. Nous applaudissons le gouvernement Trudeau pour avoir enfin agi sur la question des armes semi-automatiques de type militaire. Les mesures annoncées aujourd’hui se font attendre depuis très longtemps, affirme sa porte-parole du groupe, Nathalie Provost, par voie de communiqué.

Malheureusement, ce qui aurait été une victoire totale pour la sécurité publique a été entaché par des reportages non confirmés, mais crédibles selon lesquels le programme de rachat pourrait être volontaire et non obligatoire, ajoute cette survivante de la tragédie.

Mme Provost fait ainsi référence à un article du Globe and Mail qui avançait, sur la foi de sources non identifiées, que le gouvernement pourrait accorder une clause de droits acquis aux propriétaires des armes maintenant interdites. La confirmation que c’est là l’intention du gouvernement n’est venue que par la suite.

Un programme partiel ne serait qu’une déception de plus dans notre bataille de 30 ans pour le contrôle des armes à feu. Cela pourrait signifier que les dizaines de milliers d’armes d’assaut resteront entre les mains de leurs propriétaires actuels, pendant des générations. Ce serait une importance victoire pour le lobby des armes.
(Nathalie Provost, porte-parole de PolySeSouvient)

Boufeldja Benabdallah, cofondateur de la Grande Mosquée de Québec, qui a aussi le théâtre d’une tuerie en janvier 2017, abonde dans le même sens. Nous applaudissons le gouvernement Trudeau et en particulier le ministre de la Sécurité publique Bill Blair pour avoir franchi cette première étape cruciale vers l’interdiction totale des armes d’assaut au Canada, affirme-t-il dans le même communiqué que PolySeSouvient. Nous l’exhortons à ne pas reculer sur le programme de rachat obligatoire qui nous a été promis, ainsi qu’à tous les Canadiens, lors des dernières élections, a-t-il ajouté.

EDITORIAL G&M: https://www.theglobeandmail.com/opinion/editorials/article-trudeaus-hurried-assault-rifle-ban-is-a-weak-half-measure/

EDITORIAL Toronto Star : https://www.thestar.com/opinion/editorials/2020/05/01/canada-bans-military-style-firearms-but-what-about-handguns.html

CHRONIQUE LEDEVOIR https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/578141/les-electeurs-ne-sont-pas-dupes

https://www.theglobeandmail.com/canada/article-liberals-assault-rifle-ban-leaves-both-sides-in-gun-control-debate/

https://www.washingtonpost.com/world/the_americas/canada-bans-military-grade-assault-weapons/2020/05/01/1a5b524c-8bc4-11ea-80df-d24b35a568ae_story.html

ÉTUDIANTS : https://www.kelownanow.com/news/news/National_News/Students_and_gun_associations_respond_to_Trudeau_s_ban_on_military_grade_weapons/ 

https://www.cbc.ca/radio/checkup/canada-firearm-ban-violence-against-women-advocates-1.5553689

MOSQUEE: https://www.journaldequebec.com/2020/05/01/le-centre-islamique-de-quebec-salue-un-grand-geste-historique

HuffP Overview: https://www.huffingtonpost.ca/entry/trudeau-assault-weapons-ban_ca_5eaca538c5b6264c08f33964

Handguns Toronto: https://www.thestar.com/news/crime/2020/05/01/assault-weapons-ban-significant-but-handguns-the-key-to-toronto-gun-violence-say-advocates.html

Gun trolls: https://torontosun.com/opinion/columnists/moore-gun-owners-youre-on-your-own

EDITORIAL LE DEVOIR : https://www.ledevoir.com/opinion/editoriaux/578221/interdiction-des-armes-d-assaut-un-gain-modeste

https://nowtoronto.com/news/gun-control-canada-assault-rifle-ban-handguns/

Radio Nat Sophie durocher: https://omny.fm/shows/on-est-pas-oblig-d-tre-d-accord-sophie-durocher/polysesouvient-lacc-s-une-arme-augmente-la-possibi

Radio débat pro-armes a dérapé : https://www.985fm.ca/nouvelles/faits-divers/304728/le-debat-pro-armes-a-derape-meme-au-canada-lise-ravary

ÉDITORIAL Acadie nouvelle: https://www.acadienouvelle.com/editoriaux/2020/05/05/30-ans-plus-tard-enfin/

EDITORIAL La Presse: https://www.lapresse.ca/debats/editoriaux/202005/04/01-5272154-controle-des-armes-a-feu-surtout-ne-pas-se-degonfler-.php

Lettre d’une épouse d’un propriétaire: https://www.acadienouvelle.com/mon-opinion/2020/05/04/moins-de-fusils-qui-font-peur/

Article d’envergure sur programme de rachat : https://www.ledevoir.com/politique/canada/578246/coronavirus-point-de-presse-trudeau-4-mai

VICE Lobby plan attack: https://www.vice.com/en_ca/article/wxqeq4/gun-owners-plan-to-fight-justin-trudeaus-assault-weapons-ban

Programme rachat: NPD et BQ: https://www.thestar.com/politics/federal/2020/05/05/liberal-governments-assault-weapon-ban-faces-uphill-battle-for-support-in-parliament.html

Wendy vs lobby : https://www.thetelegram.com/news/local/liberal-gun-ban-too-far-or-not-far-enough-446110/

Heidi and law vs regs https://nationalpost.com/pmn/news-pmn/canada-news-pmn/revamp-of-classification-system-seen-as-key-to-cementing-assault-style-rifle-ban

Ottawa veut interdire l’arme du massacre de Polytechnique

Louis Blouin (accéder à la page de l’auteur)

Le gouvernement Trudeau veut agir rapidement pour interdire 9 types spécifiques d’armes, dont plusieurs sont liées à des drames survenus au pays, et deux importantes catégories, qui permettront de prohiber 1500 variantes d’armes à feu, a appris Radio-Canada.

Ottawa pourrait implanter dès cette semaine un premier volet de la réforme promise lors de la dernière campagne électorale visant à interdire les armes d’assaut de type militaire.

Radio-Canada a pu obtenir la liste d’armes dont le ministre de la Sécurité publique veut interdire l’importation, la vente et le transfert au Canada.

Trois critères ont guidé le gouvernement dans l’élaboration de cette liste. D’abord, il cible les armes disposant d’un « mécanisme semi-automatique ayant un potentiel de tir rapide soutenu (une conception tactique ou militaire pouvant accueillir un chargeur de grande capacité) ». Ensuite, il cible les armes de conception moderne. Enfin, le gouvernement vise les armes présentes en grand volume sur le marché, c’est-à-dire plus de 1000.

Dans le détail, la « liste provisoire des armes à feu dont l’interdiction est recommandée » comprend spécifiquement neuf armes :

  • Carabine M16, M4, AR-10 et AR-15 (drames de Sandy Hook, Las Vegas et Orlando, aux États-Unis, et celui de Christchurch, en Nouvelle-Zélande / nombre estimé en circulation : 83 572)
  • Carabine Ruger mini-14 (drame de Polytechnique / nombre estimé en circulation : 16 859)
  • Swiss Arms, modèle Classic Green (nombre estimé en circulation : 1342)
  • Carabine M14 (drame de Moncton / nombre estimé en circulation : 5229)
  • Carabine Vz58 (drame de la Mosquée de Québec / nombre estimé en circulation : 11 593)
  • Carabine pistolet Cz Scorpion EVO 3 (nombre estimé en circulation : 1813)
  • Carabine Beretta CX4 Storm (Collège Dawson / nombre estimé en circulation : 1513)
  • Carabine et pistolet SIG Sauer SIG MCX et SIG MPX (nombre estimé en circulation : 1000)
  • Armement Robinson XCR (nombre estimé en circulation : 1834)

Et cette liste inclut également deux catégories : calibre de plus de 20 mm et énergie initiale de plus de 10 000 joules.

Sécurité publique Canada a fondé son estimation sur les registres d’armes à feu de 2012, laquelle a été majorée de 25 % pour tenir compte de la croissance du nombre d’armes depuis ce temps.

En combinant ces 9 types d’armes et ces 2 catégories, le gouvernement se trouverait à interdire 1500 variantes d’armes à feu au pays.

Selon nos informations, le gouvernement pourrait agir dès cette semaine pour mettre en place cette interdiction. Des changements réglementaires pourraient être publiés dans la Gazette officielle du Canada aussi tôt que vendredi.

C’est au premier ministre Justin Trudeau de prendre la décision dans ce dossier.

Un programme de rachat

Au cours des prochaines semaines, le gouvernement annoncera les détails d’un programme de rachat promis lors de la dernière campagne électorale qui permettrait aux propriétaires de ces armes de les remettre aux autorités et d’obtenir une indemnité.

Cette portion de la réforme devra probablement recevoir l’aval des parlementaires. Le gouvernement Trudeau espère pouvoir commencer à collecter les armes et effectuer des paiements à compter du printemps 2021.

Le gouvernement souhaite aussi mettre en place un régime de « droits acquis non permissifs » pour les propriétaires qui ne souhaitent pas obtenir une compensation.

Une annonce attendue avec impatience

Le groupe Poly se souvient attend depuis longtemps ces changements et surtout l’interdiction du Ruger mini-14 utilisé lors du massacre de Polytechnique, le 6 décembre 1989.

Pour beaucoup de familles des victimes de Polytechnique et des survivants, ce serait une très très bonne chose après 30 ans de voir cette arme à feu interdite, déclarait la porte-parole Heidi Rathjen, à Radio-Canada mercredi, avant de savoir que cette arme figurait dans la liste.

Elle ajoutait que l’interdiction de modèles existants par règlement devrait être suivie par une réforme plus générale du système de classification, qui permet toujours l’introduction de nouveaux modèles d’assaut.

À lire aussi :

Mon point de vue sur la récente tuerie en Nouvelle-Écosse

Il y a quelques jours, un journaliste anglophone canadien m’a demandé de lui accorder une interview en lien avec la tragédie survenue en Nouvelle-Écosse récemment; la plus meurtrière tuerie de masse jamais survenue au Canada. Ne me sentant pas à l’aise de le faire par téléphone, ce journaliste à accepté que je lui réponde par écrit. Vous trouverez le texte intégral au bas de la traduction suivante. Je signale simplement que mon témoignage n’a été retenu. Ainsi, rien de ce que j’exprime ici n’a été diffusé. Je vous le partage en exclusivité, si j’ose dire, à la lumière de l’annonce faite aujourd’hui à savoir que le gouvernement fédéral s’apprête à agir bientôt par règlement pour le bannissement de certaines armes d’assaut de type militaire.

TRADUCTION DE: Three points about the shooting in Nova Scotia

Il y a trente ans, la tragédie de l’École polytechnique a choqué tout le pays en apprenant que le meurtrier ciblait (exclusivement) des femmes. Jusqu’à maintenant, je ne connais pas le mobile de celui qui a assassiné 22 personnes en Nouvelle-Écosse. Cela ravive beaucoup de douleur.

Depuis 1989, notre expérience en tant que famille me permet de dire que nous avons acquis une nouvelle identité associée à la tragédie de la Polytechnique. Ainsi, je suis le frère d’Annie St-Arneault, une des premières victimes. Depuis cet événement, nous sommes souvent identifiés par les gens comme étant la mère, le père, le frère, la sœur, l’ami de l’une de ces femmes qui ont péri dans la fusillade. Nous avons dû accepter cela contre notre volonté. En effet cet événement n’était pas limité au domaine du privé, mais public à l’échelle du pays. Je présume qu’il se passe quelque chose de semblable pour les membres des familles qui sont directement liés à la récente fusillade en Nouvelle-Écosse.

Deuxième point. La fusillade qui a eu lieu en Nouvelle-Écosse est un signal d’alarme pour passer à l’action, pour participer à notre effort collectif pour atteindre un meilleur contrôle des armes à feu au Canada. Ce débat se poursuit depuis 1989 et il est difficile. Pourtant, il est plus que jamais essentiel. Je ne sais pas comment le meurtrier de la Nouvelle-Écosse a obtenu ses armes, mais nous devrions nous en inquiéter. D’ailleurs, d’après ce que j’ai compris, il a planifié son action. Quel type d’armement a-t-il utilisé? S’il s’agit d’armes de type militaire, pourquoi permettons-nous toujours la vente de telles armes dans des magasins spécialisés au Canada comme cela se fait aux États-Unis? Ce débat est une question de sécurité publique.

Troisième point. Le fait que la police n’ait pas agi rapidement et efficacement fera l’objet d’une enquête, comme cela s’est produit en 1989 à Montréal. À mon avis, il ne faut pas blâmer trop rapidement les policiers. Personne, y compris eux, ne s’attendait à ce qu’une telle tragédie se produise dans une région rurale et paisible comme en Nouvelle-Écosse. Mais, j’espère que ceux qui sont responsables de notre sécurité amélioreront leurs capacités ou leurs compétences en apprenant comment réagir si un événement semblable devait se reproduire. À Montréal, au moins, de nouvelles méthodes d’intervention de la police ont empêché de plus grandes tragédies comme celle de l’École Polytechnique.

Enfin, je prie pour tous les membres des familles qui pleurent leurs proches. Nous devons rester forts dans notre foi et exprimer notre solidarité. La question n’est pas tant de savoir pourquoi cela s’est produit, car il n’y aura jamais de réponse adéquate. Notre défi est plutôt de trouver des moyens de porter ce lourd fardeau de douleur que nous allons subir pour toujours. Bien sûr, en ce qui me concerne, la douleur n’est plus aussi vive aujourd’hui qu’il y a trente ans. Mais ma sœur me manque depuis. Cela fait partie de mon nouvel être, de ma nouvelle identité. Par conséquent, je profite de toutes les occasions pour dénoncer la violence faite aux femmes.

TEXTE INTÉGRAL EN ANGLAIS

Three points about the shooting in Nova Scotia

The Polytechnic tragedy thirty years ago shocked the entire country as the murderer was targeting women. Up to now, I don’t know the motive of the one who shot the people in Nova Scotia. This is really painful.

If I recall our experience as a family, back in 1989, I realized that we got a new identity associated to the tragedy. For instance, I am the brother of Annie St-Arneault, one of the first victims of Polytechnic. Soon after that event, we became known by everyone as the mother, the father, the brother, the sister, the friend of one of those women who perished in the shooting. This fact was against our will. But we had to accept it as the event was not only a private one but a public one at the scale of the entire country.

I presume that something similar is happening to the family members who are directly related to the recent shooting in Nova Scotia.

Second point. The shooting which took place in Nova Scotia is a wake up call to take action, to get involved in our social search for a better gun control in Canada. This debate is going on since 1989 and it is a tough one. But it is an essential one too. For instance, I don’t know how the murderer in Nova Scotia got his guns but we should be worried about that. Moreover, as far as I understood, he planned his action well in advance. Which type of armaments did he use? For sure, if military types of guns were used by him, why do we still allow the sale of such guns in specialized shops in Canada as it is done in the United States? It is primarily a question of public safety.

Third point. The failure of the police to act promptly and efficiently will be investigated as it happened in 1989 in Montreal. In my view, we should not blame too quickly the Police officers. Nobody, included them, was expecting such a tragedy to happen in a rural and peaceful country side like in Nova Scotia. But, it is my hope, that those who are in charge of our safety will improve their ability or skills by learning how to react if a similar event is to occur again. In Montreal, at least, new methods of intervention from the Police force prevented a larger scale of casualties like the one at the Polytechnic.

Lastly, I pray for all the family members who are mourning their love ones. We need to remain strong in our faith and express our solidarity. The question is not so much why it happened as no proper answer will ever be found. Our challenge is rather to find ways to carry this heavy burden of pain we are going to bear forever. Of course, as far as I am concerned, the pain is no longer as sharp today as it was thirty years ago. But I am missing my sister ever since. This is part of my new being, my new identity. Consequently, I am taking every opportunity to denounce violence against women.

Armes à feu : Ottawa veut agir bientôt par règlement

Louis Blouin (accéder à la page de l’auteur) 29 avril 2020

Le gouvernement Trudeau s’apprête à implanter par la voie réglementaire une partie de la réforme promise sur les armes à feu, a appris Radio-Canada. Ottawa pourrait agir aussi tôt que cette semaine pour interdire certaines armes.

Alors qu’une autre tragédie liée aux armes à feu vient de secouer le pays, les libéraux semblent déterminés à concrétiser rapidement cet élément crucial de leur plateforme électorale. Des changements réglementaires pourraient être publiés dans la Gazette officielle du Canada aussi tôt que vendredi. Le ministre de la Sécurité publique a soumis une recommandation au premier ministre du Canada, qui doit y donner l’approbation finale. Selon nos informations, cette proposition vise notamment à interdire 11 types d’armes. Justin Trudeau pourrait donner son aval aujourd’hui, alors que les discussions finales sont toujours en cours.

Lors de la dernière campagne électorale, les libéraux ont promis d’interdire les armes d’assaut de type militaire, y compris le fusil AR-15.

Impossible de connaître pour l’instant la date de mise en application de ces éventuels changements ni s’il est prévu qu’ils soient accompagnés d’un programme de rachat à court terme. Le Bureau du premier ministre n’a pas voulu commenter le dossier.

Promesses électorales des libéraux

  • Interdire les armes d’assaut de style militaire, y compris l’AR-15;
  • Mettre sur pied un programme de rachat pour toutes les armes d’assaut de style militaire achetées légalement au Canada;
  • Collaborer avec les provinces et les territoires pour donner aux municipalités la capacité de restreindre davantage les armes à feu ou de les interdire.

Source : plateforme libérale 2019

PolySeSouvient aux aguets

Le groupe de pression Poly se souvient attend avec impatience la réforme proposée. Sa porte-parole Heidi Rathjen écrit : Nous espérons voir une approche similaire à celle de la Nouvelle-Zélande, ce qui inclurait le Ruger Mini-14, soit l’arme qui a été utilisée lors de la tuerie à l’École polytechnique. Pour l’instant, Radio-Canada n’a pas pu confirmer quelles sont les armes visées par l’interdiction. Le groupe prévient aussi que cette interdiction devra s’accompagner de changements plus en profondeur.

L’interdiction de modèles existants par règlement devrait être suivie par une réforme plus générale du système de classification, qui permet toujours l’introduction de nouveaux modèles d’assaut, affirme Mme Rathjen.

À lire aussi :

Les États Généraux de l’amélanisme en Afrique

Note de Serge : André-Man Mbombo, ami du Centre Afrika, a courageusement pris l’avion le 10 mars dernier en direction de Kinshasa en République Démocratique du Congo. André-Man porte une cause qui lui tient profondément à cœur, celle du sort des amélaniques, particulièrement Africains. Espérons qu’il puisse revenir au Canada dans les prochaines semaines malgré la crise planétaire causée par le Covid 19.

André-Man Mbombo

Par André-Man Mbombo

Les travaux ont commencé avec une conférence de presse du mardi 17 mars 2020 à l’hôtel PULMAN Grand-Hôtel de Kinshasa. Après les exposés des représentants des associations des personnes vivant sans mélanine de la République du Congo et de République Démocratique du Congo, les journalistes des organes de presse présents dans la salle ainsi que le public ont obtenu des réponses à toutes leurs questions concernant la tenue des États généraux de l’Amélanisme en Afrique (EGAA) de la part d’André-Man Mbombo, président du Centre Canadien de Sensibilisation à l’Amélanisme (CCSAM-OBNL), initiateur de l’événement. C’est à cette occasion que l’orateur a expliqué l’approche de l’École de Montréal, de l’albinisme à l’Amélanisme. En outre, l’orateur a fait l’analyse de la « Déclaration universelle des droits humains des personnes vivant avec albinisme » (Montréal, 13 juin 2020) et souligné le caractère révolutionnaire de la « Résolution sur l’importance de l’éducation sur les droits des personnes vivant sans mélanine » adoptée par l’APF (44e Session, 5-10 juillet 2018).

Cela dit, le Centre Canadien se félicite et se réjouit de l’acceptation de Son Excellence Madame la Ministre Déléguée aux Affaires Sociales en charge des Personnes Handicapées et autres Personnes Vulnérables, Me Irène ESAMBO, de procéder au lancement officiel des États généraux de l’Amélanisme en Afrique.

L’initiateur des États généraux remercie l’Association Jhony Chancel pour Albinos (Ajca) de Brazzaville, la Fondation Mwimba Texas et la Fondation Pauline Albinos de la R.D.C. ainsi que toutes personnes qui étaient présentées à la Conférence de presse notamment : les petits anges de la Fondation Pauline, les Amélaniques congolais, Brigitte Sifuentes et Richard Maheu du Canada-ICDI, Me Martin Tshialu, Me François Mpolesha, Me Ilunga Coco, Prof Roger Bilika Mondo et le modérateur du jour, Ben-Clet Kankonde Dambu du Journal LePotentiel.

À lire également l’article suivant de Lucien Dianzenza publié sur le site internet de l’Agence d’Information d’Afrique Centrale.

Café-Rencontre au Centre Afrika – 22 février 2020

Par Sabria Mebarek

Vingt-deux personnes se sont réunies au Centre Afrika pour le deuxième Café-Rencontre de l’année. Le père Serge St-Arneault nous a parlé brièvement de son association pour abolir les armes à feu au Québec et au Canada (PolySeSouvient). Ce projet suit son petit chemin depuis les trente dernières années.

Sylvie Bergeron, une romancière, nous a raconté l’histoire de sa tante CÉCILIA BERGERON, Sœur  Blanche d’Afrique, qui est partie en Algérie à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Celle-ci y a vécu 50 ans avant de rentrer définitivement au Québec où elle y est décédée à l’âge de 100 ans.

Sylvie Bergheron a écrit un livre intitulé « Journal d’une humaniste » grâce à des lettres laissées par sa tante.

De là, Monsieur Firid  CHIKHI, a présenté le parcours humain et spirituel du cardinal Charles Lavigerie en  Afrique du Nord et surtout en Algérie. Il s’est entretenu sur ses expériences de terrain en terres berbères et kabyles. Lavigerie a été un précurseur dans l’évolution d’une mentalité plus ouverte à l’égard de la laïcité, ce qui lui a valu bien des difficultés. Monsieur Ferid  a aussi parlé de St Augustin, ce célèbre théologien chrétien et de l’émir Abdelkader, ce grand chef religieux et militaire algérien de l’époque coloniale qui a combattu les Français pendant 17 ans. Il s’est finalement rendu aux autorités coloniales en 1848. Il a alors été transféré à Amboise, en France, pendant quatre ans, puis déporté en Syrie où il y resté jusqu’à sa mort.

Fait glorieux de l’émir Abdelkader: il a sauvé de la mort des chrétiens et des juifs persécutés par les islamistes de cette époque. C’était en 1860. Il a d’ailleurs reçu la croix de la Légion étrangère de la part de Napoléon III.

Monsieur André-Man Mbombo, spécialiste de l’amélanisme, a brièvement partagé ses connaissances sur l’albinisme et ses livres.

Le père St-Arneault a conclu la séance en demandant un sujet pour la prochaine réunion. Il s’agira donc des femmes fortes qui ont marqué l’histoire. Prochain rendez-vous le 14 mars 2020 à 14h00.

Henri, Tex, Firid, Naima, Sabria, Mahi, Sylvie, Jocelyne, Diane, Monique, Romain, Robert, Rita, Sassou, Stéphanie, Jean, Cristobal, André-Man et Serge

Paris débouche sur les états généraux de l’amélanisme en Afrique

Comme annoncé au Colloque de Sensibilisation à l’Amélanisme de Paris (CSAP-2020) et sur les antennes d’Africa 24 et de TV5MONDE, les travaux préparatifs des États généraux de l’Amélanisme en Afrique s’ouvrent à Kinshasa et à Brazzaville respectivement le 27 et le 28 mars 2020. C’est une grande première en matière des droits humains des Amélaniques, des personnes vivant sans mélanine appelées communément albinos. Nous devons trouver une solution africaine à cette problématique africaine qui déshumanise le Continent.

Voyez et écoutez par vous-même comment André-Man Mbombo explique à Denise Époté le rôle que joue le Centre Canadien de Sensibilisation à l’amélanisme pour promouvoir l’éducation à l’amélanisme dans tous les domaines éducatifs.

CLIQUER ICI POUR OUVRIR LE LIEN

L’animatrice Denise Époté de TV5 Monde s’entretien avec André-Man Mbombo, président du Centre Canadien de Sensibilisation à l’Amélanisme. Réalisation de Philippe Sommet mis en onde le 23 février 2020, d’une durée de 12 minutes.

​Extrait de l’entrevue​ ​« Et si… vous me disiez toute la vérité »​ :​

— Comment expliquer cette mobilisation au Canada alors qu’en Afrique la sensibilisation peine à se faire?

— Tout ce que je peux dire c’est que j’ai eu de la chance de tomber sur des personnes sensible tel que Serge St-Arneault, un Père Blanc, Missionnaire d’Afrique, un missionnaire au Congo qui avait déjà vu comment les amélaniques étaient traités dans ce pays. Quand je lui en ai parlé et qu’il avait lu mes livres, il m’a dit que nous devions agir ensemble. Nous avons crée le Centre Canadien de Sensibilisation à l’Amélanisme. Nous avons (eu aussi) l’écoute d’une parlementaire sur place, Carole Poirier, qui a pris cette affaire en main et qui a donné la résolution à l’Assemblée parlementaire de la Francophonie.

Importante pétition pour soutenir les droits humains des Amélaniques

Pétition pour exiger que l’APF (Assemblée parlementaire de la Francophonie) et l’OIF (Organisation Internationale de la Francophonie) envoient la « Résolution sur l’importance de l’éducation sur les droits des personnes vivant sans mélanine » de juillet 2018, comme l’APF s’était engagée, aux États et gouvernements de l’espace francophone et à l’UNESCO.

En effet, se fondant sur la Déclaration universelle des droits humains des personnes vivant avec albinisme (Montréal, 13 juin 2018), l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) a adopté la Résolution sur l’importance de l’éducation sur les droits des personnes vivant sans mélanine (44e session, Québec, juillet 2018).

Depuis 2018, cette résolution est restée lettre morte dans les tiroirs des bureaux de l’AFP à Paris, archivée, sans possibilité d’être consultée par des tiers. Il s’agit d’une résolution importante pour les droits humains des Amélaniques (personnes vivant sans mélanine appelées péjorativement albinos). Elle reconnait aux Amélaniques le droit et la qualité de revendicateurs des droits.

Dispositif de la Résolution de l’APF de juillet 2018

« L’Assemblée parlementaire de la Francophonie réunie à Québec du 5 au 10 juillet 2018, sur proposition de la Commission de l’éducation, de la communication et des affaires culturelles DÉCLARE que les personnes vivant avec amélanisme sont des êtres humains et doivent bénéficier de toutes les dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’homme; ENCOURAGE les États et gouvernements de l’espace francophone à poursuivre leurs efforts pour protéger et préserver le droit à la vie, le droit à la dignité et le droit à la sécurité des personnes vivant sans mélanine, notamment en fournissant les ressources nécessaires afin de veiller au respect et à la promotion des droits humains des personnes sans mélanine, INCITE à introduire l’enseignement de l’amélanisme dans les systèmes éducatifs de l’espace francophone afin d’éduquer tant le personnel enseignant que les enfants et adolescents, et de faciliter l’intégration des élèves et des étudiants sans mélanine; DEMANDE la substitution du mot albinos par celui d’amélanique et d’albinisme par amélanisme, termes dénués de connotation péjorative et dégradante afin de désigner les personnes vivant sans mélanine; DEMANDE aux États et gouvernements de l’espace francophone d’introduire l’enseignement de l’amélanisme dans leurs systèmes éducatifs et invite l’UNESCO à inciter ses États membres à faire de même; S’ENGAGE à diffuser cette déclaration auprès des instances de l’UNESCO. »

SIGNER LA PÉTITION ICI