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Bienvenue à Serge Cazelais

Nous abordons avec enthousiasme ce début d’année, d’autant plus que nous avons pu recruter les services d’un coordonnateur pour l’association.

L’AMéCO est heureuse d’annoncer l’arrivée de Serge Cazelais à titre de coordonnateur. Son rôle consistera essentiellement à traiter la correspondance courriel, offrir une assistance aux membres, rédiger et mettre en ligne du contenu pour le blogue, les réseaux sociaux et l’infolettre de l’AMéCO. Son contrat est d’une durée de 100 heures, au total, répartis entre janvier et octobre 2026.

Titulaire d’un baccalauréat en Études anciennes de l’Université de Montréal et d’une maîtrise en Science des religions de la Faculté de théologie de l’Université Laval, Serge mène depuis plusieurs années une carrière de communicateur, de formateur et de gestionnaire.

Journaliste en Outaouais, il a aussi contribué à des journaux, revues et magazines nationaux dans des domaines aussi diversifiés que la spiritualité, l’agriculture et le sport amateur. Depuis 2012, sa voix s’est fait entendre sur les ondes de Radio VM, d’abord comme co-animateur d’une série consacrée à l’histoire de l’Église, puis comme chroniqueur sur l’actualité.

Il a aussi enseigné dans diverses universités québécoises et ontariennes et a également œuvré au sein du service de la pastorale de l’Archidiocèse d’Ottawa.

En outre, Serge bénéficie d’une solide expérience en communication et en marketing. Il a réalisé plusieurs audits et a rempli divers mandats d’attaché de presse, de rédacteur de contenu web et de rédacteur publicitaire auprès de personnalités publiques et d’entreprises privées.

Nous lui souhaitons la bienvenue alors qu’il débute sa formation pour être pleinement actif rapidement.

Au plaisir de vous réécrire bientôt au sujet du lancement des travaux des diverses équipes de travail !

Le Conseil d’administration 2026 de l’AMéCO :

Valérie Roberge-Dion, présidente

Francis Daoust, administrateur

Simon Bournival, trésorier

Renaude Grégoireadministratrice

Serge St-Arneaultadministrateur

Marie-Claude Lalondeadministratrice

LIEN :

Conseil d’Administration de l’AMéCO

En signe de gratitude envers le soutien des catholiques canadiens, les « Pères Blancs » d’Afrique redonne vie à une église historique de Québec.

Article traduit et publié avec autorisation. Source : Religious News Services — RNS

Les Missionnaires d’Afrique reprendront la gestion de Saint-Roch alors que la communauté catholique de Québec connaît un regain de ferveur religieuse.

Le cardinal Gérald Cyprien Lacroix, à gauche, préside une célébration interculturelle diocésaine annuelle à l’église catholique Saint-Roch, le 12 janvier 2025, à Québec. Cet événement annuel vise à promouvoir l’intégration des nouveaux arrivants. (Photo de Daniel Abel)

Par Victor Gaetan, le 17 décembre 2025

(RNS) — L’église Saint-Roch, la plus grande de Québec, donne son nom à un quartier branché situé au bord du fleuve Saint-Laurent. Autrefois, les chantiers navals attiraient une population catholique ouvrière dans ce secteur. La quatrième église à occuper ce site a été construite en 1811 dans un style architectural médiéval. Cette vaste structure en pierre est toujours aussi imposante, même si elle abrite aujourd’hui un refuge pour sans-abri dans son sous-sol. Plusieurs organisations communautaires y trouvent également refuge. Le dernier prêtre résident de Saint-Roch a quitté il y a 30 ans.

Au cours des dernières années, l’église Saint-Roch n’était ouverte que le dimanche pour la messe, ce qui a suscité des plaintes de la part des visiteurs sur les sites internet touristiques. « Je suis venu un mercredi et j’ai été déçu de voir qu’elle n’était ouverte que quelques heures le dimanche », a écrit l’un d’eux, « j’ai donc raté l’occasion de voir l’intérieur de l’église où mes ancêtres priaient ».

Mais récemment, l’espoir est arrivé sous la forme d’un groupe de prêtres et de frères venus d’un lointain champ missionnaire qui n’a pas grand-chose à voir avec les cafés et les bars gentrifiés du quartier Saint-Roch.

Mercredi 17 décembre, l’archevêque de Québec, le cardinal Gérald Cyprien Lacroix, a annoncé que les Missionnaires d’Afrique s’engageront à temps plein pour assurer une présence pastorale dans le quartier St-Roch. Cette organisation catholique, active depuis 157 ans, se consacre à la justice sociale et à la création de communautés chrétiennes dans les régions sous-développées. Ses premiers membres provenaient d’Europe, mais à partir de 1901, c’est en grande partie des Québécois qui ont grossi ses rangs. « Des centaines de vocations sont venues de Québec pour servir en Afrique. Certains sont encore en vie, bien qu’ils soient désormais âgés et pour la plupart à la retraite », a déclaré Mgr Lacroix au Religion News Service.

En guise de reconnaissance pour l’appui constant du diocèse de Québec, le cardinal a révélé que les Missionnaires d’Afrique, dont le siège central se trouve à Rome, ont proposé de s’établir à nouveau dans la ville québécoise. Le prélat a partagé leur message : « Vous nous avez tellement assistés. Vous nous avez aidés à former des prêtres, à travailler avec les pauvres, à établir des paroisses dans de nombreux pays d’Afrique. Maintenant, nous savons que vous avez besoin d’aide, et nous voulons venir travailler avec vous. Quelles que soient vos requêtes, peu importe l’endroit où que vous ayez besoin de nous, nous sommes à votre disposition. »

Saint-Roch Catholic Church in Quebec City, Quebec. (Image courtesy of Google Maps)

Église catholique Saint-Roch à Québec, Québec. (Image fournie par Google Maps)

En 1868, le cardinal français Charles Lavigerie, alors évêque d’Alger, a établi la Société des Missionnaires d’Afrique qui fut l’une des premières à propager la foi chrétienne en Afrique orientale et occidentale. Le cardinal était une personnalité importante à son époque. Il conseillait l’empereur français Napoléon III ainsi que les papes Pie IX et Léon XIII. Lavigerie brûlait d’un ardent désir d’évangéliser l’Afrique et d’y mettre fin au trafic d’esclaves. Il a payé la libération de milliers de personnes, tout en exerçant des pressions sur le Vatican pour qu’il s’engage plus résolument dans la lutte contre l’esclavage.

Lavigerie vêtait ses prêtres d’une tuniques blanches, qui rappelaient celles des musulmans d’Afrique du Nord. Un chapelet à gros grains alternant noir et blanc, suspendu à leur cou, témoignait de leur appartenance à l’Église catholique. Les missionnaires étaient surnommés « Pères Blancs », la plupart d’entre eux étant effectivement des Européens.

Aujourd’hui, la majorité des Pères Blancs en activité sont Noirs. Ils exercent leur ministère principalement en Afrique, mais aussi au Mexique et en Asie. Alors que de nombreux séminaires en France et au Canada ont fermé leurs portes, des pays comme le Burkina Faso, le Ghana et le Kenya connaissent une affluence remarquable dans leurs écoles de formation. En Ouganda, en 1911, les missionnaires ont établi le premier séminaire catholique moderne au sud du Sahara, qui est resté en activité jusqu’à ce jour.

Le père Barthélémy Bazemo, supérieur provincial des Missionnaires d’Afrique pour les Amériques et établi à Washington, D.C., a confié que des membres de sa congrégation sont aussi impliqués dans deux autres églises. L’une est située à Brooklyn, dans l’État de New York, et l’autre, à Querétaro, au Mexique.

Le recrutement du personnel à Saint-Roch est particulièrement important, car la communauté catholique de Québec connaît un regain de foi. Entre 2023 et 2025, le nombre de baptêmes dans l’archidiocèse a augmenté de plus de 500 % (principalement chez les adultes de moins de 30 ans). La plupart des personnes ayant reçu le baptême sont originaires d’Afrique ou d’Amérique latine. 

« Nous avons beaucoup de migrants, beaucoup de personnes venues de différents pays, et, parmi elles, de nombreux Africains originaires de différents pays », affirme Mgr Lacroix, qui a exercé son ministère en tant que missionnaire en Colombie pendant huit ans lorsqu’il était jeune prêtre. Ces nouvelles vagues de baptêmes représentent pour lui un « signe d’espoir » pour la ville, car « beaucoup de nouveaux arrivants sont fervents, donnent un bon témoignage et nous aident ».

L’immigration est un facteur démographique crucial. En effet, l’immigration permanente a augmenté en 2024 par rapport à 2023, et plus de 15 % des nouveaux résidents permanents provenaient du Cameroun, un pays d’Afrique centrale, selon l’Institut de la statistique du Québec.

« Ce qui me donne beaucoup d’espoir, c’est de voir ce que le Seigneur accomplit, par l’œuvre du Saint-Esprit, dans différentes régions de notre diocèse », a exprimé Mgr Lacroix. « Certaines de nos paroisses sont en pleine croissance. Les jeunes découvrent la foi. Nous voyons apparaître davantage de groupes de jeunes. Cette année, pendant la période de Pâques, nous avons vu le nombre de catéchumènes plus que doubler. » Actuellement, 17 séminaristes étudient à Québec en vue de devenir prêtres.

« Nous avons traversé des années très difficiles. Il reste encore de nombreux défis à relever, mais je vois de l’espoir. Nous avons également plus de séminaristes que nous n’en avons eu au cours de la dernière décennie », a affirmé le prélat.

À l’instar de Lavigerie, qui envoyait des missionnaires par groupes de trois, une équipe de trois missionnaires francophones « sera une présence pastorale et compatissante à Saint-Roch pour les habitants de la basse-ville de Québec, un quartier historique où les besoins sont nombreux. Nous sommes donc très, très heureux. Nous voulions faire cela depuis longtemps, mais nous n’avions tout simplement pas le personnel nécessaire ».

Deux d’entre eux sont nés au Canada et vivent présentement à Montréal : le père Serge St-Arneault et le frère Dennis Walsh. Le troisième, le père Jean-Paul Guibila, a été missionnaire au Congo et a travaillé jusqu’à tout récemment à Rome. Ayant obtenu dernièrement son visa, il devrait arriver au Canada au début du mois de janvier.

Le père Serge St-Arneault dans le bureau des médias chez les Missionnaires d’Afrique à Montréal. (Photo de Victor Gaetan)

Serge St-Arneault a été membre de l’équipe d’animation du Centre Afrika de Montréal depuis 2017. Ce centre fournit un service de conseils adapté aux demandes exprimées par les nouveaux immigrants qui viennent y chercher de l’aide. Le centre met également des salles à la disposition de groupes, comme les chorales ou d’autres associations africaines.

Selon les statuts des Missionnaires d’Afrique, le père Serge a affirmé que lui et ses collègues vivaient simplement. Par conséquent, en ce qui concerne le logement à Québec, il a déclaré : « Ce que le diocèse nous fournira nous conviendra. » (Le presbytère de Saint-Roch a été vendu il y a des années.) « Nous nous sentirons chez nous tant que nous pourrons servir l’Église et répondre aux besoins pastoraux de la communauté. » 

Bathélémy Bazemo, né au Burkina Faso, a déclaré à RNS : « Nous sommes convaincus que nous devons nous ouvrir au ministère dans les pays du Nord. Dans le passé, nous étions tournés vers l’Afrique, mais aujourd’hui, le monde africain a évolué. Notre charisme est nécessaire dans le monde entier ».

Serge St-Arneault, qui a travaillé pendant 25 ans au Congo, au Malawi et en Zambie, a affirmé que l’équipe pastorale nouvellement formée ; « s’incluturera exactement de la même manière que tous les Missionnaires d’Afrique font en Afrique ».

(Victor Gaetan, correspondant senior pour le National Catholic Register, est l’auteur de « God’s Diplomats: Pope Francis, Vatican Diplomacy, and America’s Armageddon » (Les diplomates de Dieu : le pape François, la diplomatie du Vatican et l’Armageddon américain) et contributeur au magazine Foreign Affairs. Les opinions exprimées dans ce commentaire ne reflètent pas nécessairement celles de RNS.)

Trente-sixième commémoration de la tragédie du 6 décembre 1989 à la Polytechnique de Montréal.

En mémoire des victimes du féminicide survenu en 1989 à l’École polytechnique de Montréal, la mairesse de Montréal, madame Soraya Martinez Ferrada, et la présidente du Comité Mémoire, madame Catherine Bergeron, ont invité la population à assister à l’illumination des 14 faisceaux lumineux au Chalet du Mont-Royal (Belvédère Kondiaronk) le samedi 6 décembre à 17 heures. Pour une deuxième année consécutive, un quinzième faisceau a été illuminé en mémoire de toutes les femmes victimes de féminicide depuis tant d’années. 

Je me souviens d’elles…

(en ordre de gauche à droite)

Sonia Pelletier, Anne-Marie Edward, Anne-Marie Lemay, Annie St-Arneault, Barbara Daigneault, Geneviève Bergeron, Barbara Klucznik-Widajewicz, Maud Haviernick, Annie Turcotte, Hélène Colgan, Nathalie Croteau, Maryse Leclair, Maryse Laganière et de Michèle Richard.

Pour que plus jamais une telle violence ne se reproduise.

#PolyJeMeSouviens

Mon expérience de cette année, 2025

Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai participé à cette sobre cérémonie. Depuis quelques années déjà, la cérémonie a lieu à l’intérieur du chalet pour éviter une température glaciale comme cela s’est souvent produit. Bref, cette fois-ci, j’ai eu le privilège, avec Heidi de PolySeSouvient, de m’entretenir avec le premier ministre Carney au sujet de nos préoccupations. Nous avons réitéré notre demande d’actions concrètes et significatives pour mettre en œuvre les lois déjà votées concernant l’usage des armes à feu au Canada et, plus spécifiquement, l’interdiction des modèles d’armes semi-automatiques responsable de tueries de masse. Nous avons eu le sentiment d’avoir été compris.

Après notre entretien privé, j’ai mentionné que j’étais prêtre et Missionnaire d’Afrique. C’est alors que Mark Carney m’a dit que son épouse, Diana Fox, avait vécu de nombreuses années en Tanzanie. Je l’ai donc remercié en kiswahili et il m’a répondu dans la même langue… avec un large sourire.

Mark Carney, Gabriel Comby, étudiant de Polytechnique et Serge St-Arneault

En souvenir d’Annie

LIENS

Porter le ruban blanc serait « hypocrite » de la part de Carney, dit PolySeSouvient

Témoin de la tuerie survenue à Polytechnique, Heidi Rathjen estime que le gouvernement Carney se traîne les pieds en matière de contrôle des armes à feu. (Photo d’archives). Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Valérie Gamache, Info Radio-Canada, 15 novembre 2025

« Environ 2500 marques et modèles sont interdits au Canada, mais le gouvernement Carney, tout comme son prédécesseur, refuse d’inclure dans son programme de rachat la carabine semi-automatique SKS. (…)

Le projet pilote est terminé et au cabinet du ministre de la Sécurité publique, on espère déployer le programme de rachat des armes prohibées à l’échelle du pays d’ici Noël. Mais avant de l’étendre, on n’écarte pas la possibilité d’y apporter certains ajustements. Ce serait une occasion à saisir, selon les militants pour le contrôle des armes à feu. On a perdu beaucoup de batailles, mais on est toujours combatifs et notre objectif, c’est de gagner la guerre contre la guerre, parce que ‘ce sont des armes de guerre, rappelle Serge St-Arneault. »

« Le premier ministre du Canada, Mark Carney, et les membres de son caucus pourraient bien ne pas être les bienvenus aux cérémonies de commémoration de la tuerie survenue à Polytechnique, le 6 décembre prochain, s’ils ne tiennent pas leurs promesses en matière de contrôle des armes à feu d’ici là. » Heidi Rathjen

LIENS :

L’Actualité :

PolySeSouvient réclame qu’Ottawa interdise complètement les armes d’assaut

Toronto Star:

Gun control group warns of Liberal ‘inaction’ ahead of Polytechnique anniversary

The letter to Carney says “it would be disingenuous and even hypocritical for you and your Liberal caucus MPs to wear white ribbons or to participate in memorial events across Canada commemorating the victims of the femicides at Polytechnique,” given the remaining work to be done.

This report by The Canadian Press was first published Nov. 15, 2025.

Politisation des institutions publiques américaines source de polarisation

Washington DC, 29 octobre 2025

C’est mon quatrième séjour à Washington DC1. Cette fois-ci, je me contente de me rendre à la Maison-Blanche, qui se trouve à une demi-heure de marche de notre maison. Je désire constater par moi-même les travaux qui ont cours à la Maison-Blanche. Qu’est-ce qui se passe réellement ?

Je reconnais l’église épiscopale St John au coin de la 16e rue NW et de H Street NW, également connue sous le nom d’« église des Présidents ». Elle se distingue par ailleurs par son engagement envers la justice sociale, le soutien aux minorités, et par ses actions en faveur de la réconciliation raciale. Le 1er juin 2020, l’église a fait les gros titres lors de la visite de Donald Trump, qui s’est rendu à cette église pendant les manifestations suivant la mort de George Floyd.

Le Lafayette Square est remarquablement paisible. Le ciel est nuageux. Comme l’année dernière, il est impossible de s’approcher de la grille principale sur l’avenue Pennsylvanie. La présence policière et des clôtures supplémentaires limitent l’accès.

Je comprends que les travaux imposés par le président Trump se déroulent sur la façade est, donc à gauche. Des panneaux blancs masquent la scène, ne laissant percer que le bruit des marteaux-piqueurs.

Même depuis la 15e rue, qui est surveillée par des policiers accompagnés d’un chien renifleur, il est impossible d’apercevoir quoi que ce soit. C’est juste à côté du bâtiment de la Trésorerie, là où a été signé le traité Webster-Asburton Treaty, le 9 août 1842, entre le Canada et les États-Unis.

Dans un article du Washington Post publié le 28 octobre 20252 et signé par Dan Diamond, celui-ci nous permet de comprendre comment le Président Trump a réussi à imposer sa décision de démolir la section est de la Maison-Blanche pour y construire une salle de bal pour recevoir jusqu’à mille invités.

Lors d’un discours prononcé à l’occasion d’un dîner de collecte de fonds pour la nouvelle salle de bal de la Maison-Blanche, le 15 octobre, le président Donald Trump a brandi une maquette d’une arche. (Demetrius Freeman/The Washington Post)

En effet, le projet vise également à ériger une arche qui ressemble beaucoup à l’arc de triomphe de Paris

Selon Dan Diamond, la Maison-Blanche a récemment congédié les six membres de la Commission des beaux-arts, une entité fédérale autonome chargée d’examiner certains projets de construction du président Donald Trump. Cela inclut son projet d’arc de triomphe et de salle de bal à la Maison-Blanche.

La commission, établie par le Congrès il y a plus d’un siècle et composée principalement d’architectes et d’urbanistes, a pour mission d’apporter son expertise et ses conseils au président, au Congrès et aux dirigeants locaux en matière de design pour les projets de construction dans la région de la capitale. Ses champs d’expertise incluent les bâtiments gouvernementaux, les monuments et les mémoriaux. Les dirigeants de la Maison-Blanche ont toujours demandé l’approbation de cette agence.

En réalité, c’est le président Joe Biden qui a désigné les six commissaires actuels pour un mandat de quatre ans, et certains d’entre eux auraient même vu leur mandat prolongé jusqu’en 2028. En juillet dernier, la Maison-Blanche a également mis fin aux fonctions des personnes nommées par Biden à la Commission nationale d’aménagement de la capitale, une autre agence d’urbanisme responsable d’examiner les projets de construction extérieurs à la Maison-Blanche.

La Commission des beaux-arts examine et vote traditionnellement sur les grands projets de la Maison-Blanche. Elle a examiné l’approbation d’un projet de pavillon de tennis supervisé par la première dame, Melania Trump, en 2019. Mais le président Trump pourrait contourner son examen de sa salle de bal en invoquant un précédent historique et son désir d’accélérer sa construction. En effet, en 1947, lors d’un affrontement avec le président Harry S. Truman, qui envisageait d’ajouter un balcon à la Maison-Blanche, le chef de l’Autorité de planification nationale de l’époque avait affirmé que le comité ne pouvait offrir que des conseils au président. Truman avait finalement réalisé son projet, montrant l’exemple que Trump semble prêt à suivre.

En conséquence, Trump a démoli l’aile est du bâtiment de la Maison-Blanche sans attendre l’approbation de leur commission.

De plus, en 2021, Biden a congédié les membres nommés par Trump à la Commission des beaux-arts et à la Commission nationale d’aménagement de la capitale. Les responsables de l’administration Biden justifiaient alors ces mesures en les décrivant comme un effort visant à diversifier les comités. Pour la première fois dans l’histoire des commissions, un président a forcé des membres en exercice à démissionner. Cette décision a suscité des critiques de la part d’experts en art et en architecture, qui ont accusé Biden de politiser leur travail.

Conclusion

Que ce soit chez les Démocrates ou les Républicains, on perçoit un fort sentiment de favoritisme, voire de népotisme ! Les États-Unis connaissent actuellement une accélération de la politisation de leurs institutions publiques. La Cour suprême, qui est le sommet du pouvoir judiciaire, illustre parfaitement ce phénomène. Effectivement, la désignation des magistrats revêt une grande importance sur le plan politique.

Question : la politisation des institutions publiques est-elle à l’origine de la division de la société américaine que nous observons présentement ? D’ailleurs, la polarisation a déjà touché d’autres institutions, y compris la famille et les institutions religieuses.

Je vous laisse avec cette pancarte, posée devant la clôture de la Maison-Blanche.

LIEN :

  1. Voir les liens suivants des séjours antérieurs : a) Arrêt à Washington DC – 22 août 2015 b) Washington D.C. d’hier à aujourd’hui – mon expérience c) Salvador Dali à Washington, 6 avril 2024  ↩︎
  2. White House fires arts commission expected to review Trump construction projects ↩︎

Éditorial de la revue La Lettre aux Amis du mois de septembre 2025

Le salut commence ici-bas. (Mathieu 25,35)

Le fondateur des Missionnaires d’Afrique et des Sœurs Missionnaires de Notre Dame d’Afrique : le cardinal Charles Martial Lavigerie, ne cessait de rappeler aux membres qui l’on rejoint, de demeurer des personnes de foi, proches de Dieu qui les a appelés. C’est à partir de cette identité, qu’ils pourront valablement se lancer dans les différentes tâches telles que l’enseignement de la foi, les œuvres de charité, l’éducation scolaire, les soins médicaux, les travaux de développement, l’engagement pour la dignité humaine, etc.

Le témoignage du père Pierre Benson, un Missionnaire d’Afrique, illustre bien les propos de notre fondateur. En effet, la Société des Missionnaires d’Afrique a toujours œuvré pour la dignité du peuple de Dieu, en s’engageant dans la lutte contre l’esclavage en Afrique à l’époque où ce n’était pas si évident. Les Missionnaires d’Afrique ont une option claire pour : la justice et paix, et l’intégrité de la création.

Le salut (dont parle l’Évangile de Mathieu au chapitre 25, 31-46), commence dès ici-bas, dans l’engagement en faveur des peuples opprimés, des victimes des injustices sociaux et de tous les marginalisés de nos sociétés modernes. Ceux et celles qui s’engagent à soulager les souffrances des autres, à redonner l’espoir et le sourire aux personnes sur leur chemin, à montrer leur empathie à ceux qui n’en peuvent plus, reflètent mieux « l’humanité » tel que le créateur l’a imaginé.

Père Freddy Kyombo Senga, Missionnaire d’Afrique. 

Ils sont proclamés « bénis » pour le bien qu’ils ont fait même sans le savoir.

Chacune et chacun est capable de faire preuve d’humanité autour de nous. Soyons « bénis » pour la bonté en nous.

Mois missionnaire 2025 : « Missionnaires de l’espérance parmi les peuples »

Montréal, le 29 septembre 2025 

Alors que le Mois missionnaire s’apprête à débuter le 1er octobre, jour de la fête de sainte Thérèse de Lisieux, patronne des missions, tous les fidèles, ainsi que les hommes et femmes de bonne volonté, sont invités à célébrer et rendre grâce pour l’Église missionnaire dans le monde. Mission foi fait donc appel à la générosité des Canadiens afin d’apporter de l’espoir aux populations et aux missionnaires sur le terrain en soutenant les divers projets en cours à travers le monde, par l’aide matérielle et par la prière.

La Journée mondiale des missions (JMM), sommet du Mois missionnaire, sera célébrée le 19 octobre prochain. Le thème choisi par le pape François pour cette 99e édition est : « Missionnaires de l’espérance parmi les peuples », faisant écho au thème de l’Année jubilaire que vit l’Église : « Pèlerins d’espérance ». C’est une occasion privilégiée pour soutenir activement les efforts des missionnaires, hommes et femmes, dans les territoires de mission où ils œuvrent au sein des communautés les plus marginalisées et vulnérables.

« Le Mois missionnaire est une invitation à devenir des porteurs d’espérance dans un monde parfois marqué par l’indifférence et la division, souligne le père Yoland Ouellet, o.m.i., directeur national des Œuvres pontificales missionnaires au Canada francophone. Cette espérance se traduit par une foi vivante, mais aussi par des gestes concrets de solidarité. »

Comme le pape Léon XIV l’a souligné en mai dernier, « l’Œuvre de la propagation de la foi […] apporte son aide aux programmes pastoraux et catéchétiques, à la construction de nouvelles églises, aux soins de santé et aux besoins éducatifs dans les territoires de mission. » Les projets qui sont soutenus proviennent des quelque 1100 diocèses qui dépendent encore du Dicastère pour l’Évangélisation – cela représente un tiers des diocèses de l’Église catholique.

Grâce à la générosité des Canadiens, quelque 545 000$ ont été distribués par Mission foi (Œuvre pontificale de la propagation de la foi) en 2024 pour appuyer divers projets au Burundi, au Maroc et en République démocratique du Congo, ainsi que pour soutenir la fondation Domus Missionnalis, laquelle a pour mission d’accompagner séminaristes, prêtres, religieux et religieuses venant à Rome en provenance des diocèses de mission pour approfondir leurs études supérieures.

Mission foi met également à la disposition des paroisses, groupes et mouvements d’ici, diverses ressources accessibles sur son site Web missionfoi.ca pour animer et nourrir la vie des communautés catholiques francophones du pays tout au long du Mois missionnaire.

À propos de Mission foi

Mission foi (Œuvre pontificale de la propagation de la foi), fondée en 1822, est l’une des quatre œuvres pontificales missionnaires. Son objectif est d’aider l’Église dans sa mission universelle et de répondre à ses besoins d’évangélisation. Présente dans plus de 120 pays, c’est l’Œuvre la plus importante du Vatican soutenant l’action missionnaire des Églises les plus pauvres du monde. Pour en savoir plus, rendez-vous sur missionfoi.ca

Pour en savoir plus

Aline Bedros, Torchia Communications, 514-250-2332, aline@torchiacom.com

Missionnaires de l’espérance parmi les peuples

Qu’est-ce qui fait de nous des missionnaires de l’espérance ? Inspirés du thème du Mois missionnaire de cette année, nos deux invités répondent à cette question en apportant des pistes de réflexion éclairantes. Leurs propos interpellent et démontrent combien notre relation avec Dieu est fondée sur la confiance, dimension sans laquelle le Seigneur ne peut agir en nous et faire que la beauté, l’amour, et l’espérance empreignent notre vie et celle des autres. Avec Dieu, il est possible de bâtir et d’apporter l’espérance ensemble, en une seule famille missionnaire. Une production créée dans le cadre du Mois missionnaire d’octobre 2025, en collaboration avec la Fondation Lucien-Labelle.

Nouvelle aérogare à l’aéroport de Trois-Rivières (code IATA : YRQ)

Trois-Rivières, 27 septembre 2025

À mon arrivée à la toute nouvelle gare aéroportuaire de Trois-Rivières, je fus stupéfait de découvrir un véritable embouteillage de voitures. Alors que je circulais tranquillement sur le boulevard Saint-Jean, j’ai été stupéfait de découvrir des rangées interminables de véhicules garés dans des zones spécialement aménagées. Selon les dernières informations radiophoniques, il y aurait eu plus de 8000 visiteurs. Une myriade de personnes de tous âges, y compris des parents avec poussettes, s’affairaient dans la joie et l’allégresse, profitant pleinement de ce soleil estival.

Vous pourrez écouter un reportage radiophonique à l’adresse indiquée qui relate cette journée mémorable pour la région de Trois-Rivières.

LIENS :

Plus de 8000 visiteurs aux portes ouvertes de l’aéroport de Trois-Rivières

Plus de 8000 visiteurs aux portes ouvertes de l’aéroport de Trois-Rivières

Les militants pro contrôle des armes sonnent l’alarme qu’à défaut de la part du gouvernement Carney d’interdire la vente d’armes d’assaut SKS, le programme fédéral de rachat se soldera par un gaspillage d’argent des contribuables

Des versions modernes de ce puissant fusil d’assaut utilisé lors d’attaques mortelles contre des policiers et de fusillades de masse inonderont le marché pour remplacer les modèles interdits. Il y aura là une aubaine pour les fabricants d’armes à feu, financée par les contribuables.

MONTRÉAL, le 23 septembre 2025 – PolySeSouvient sonne l’alarme à savoir qu’en l’absence d’un plan concret et imminent pour interdire la vente et la prolifération des armes SKS de conception soviétique, une arme à feu conçue pour un usage militaire, le programme de rachat du gouvernement fédéral pour les armes d’assaut risque d’être un gaspillage de l’argent des contribuables.

Pour garantir une véritable interdiction des armes d’assaut au Canada, le groupe de défense des droits composé de survivants, de témoins et de familles de victimes de fusillades de masse demande au gouvernement fédéral d’adopter les mesures suivantes :
– Interdire immédiatement les nouvelles ventes des SKS
– Retirer de la circulation les versions modernes des SKS qui ont les mêmes caractéristiques de puissance de tir que les armes d’assaut interdites (par exemple, le SK-X est considéré par les experts et amateurs d’armes comme un « quasi-AR-15 »).
– Mettre en œuvre un rachat volontaire des modèles plus anciens et assujettir les modèles qui demeurent en circulation à des clauses « grand-père » (c’est-à-dire rendre leur enregistrement obligatoire et interdire leur transfert).
– Accorder une exemption aux chasseurs autochtones qui utilisent l’arme à feu SKS principalement pour leur subsistance.

Cet avertissement et la demande d’urgentes actions ont lieu alors que le gouvernement fédéral s’apprête à lancer la deuxième phase du programme de rachat conçu pour récupérer les armes d’assaut interdites en mains privées et offrir une compensation financière en échange de celles-ci. Comme le démontrent les résultats de récents sondages, la criminalité et la sécurité publique sont en forte croissance à titre de préoccupation prioritaire chez les Canadiens.

Voir cet aperçu des types et des risques associés au SKS : https://polysesouvient.ca/Documents_2025/DOCU_25_02_03_SKS_Incidents_Versions.pdf

Citations :

« Tant que le SKS n’aura pas été banni, il n’y aura pas d’interdiction d’armes d’assaut au Canada. Les nouveaux modèles de SKS envahiront le marché pour remplacer les modèles interdits. Rien ne changera à long terme, si ce n’est un gaspillage de centaines de millions de dollars des contribuables. Une grande partie des fonds provenant du rachat sera réinjectée dans l’industrie des armes, enrichissant ainsi les fabricants et renforçant le lobby des armes.

« Le SKS est l’arme la plus utilisée lors des récentes fusillades de masse et de meurtres de policiers au Canada. L’absence d’interdiction du SKS et de son retrait du marché par le gouvernement Carney concomitant au déploiement du programme de rachat constituerait un échec sur le plan de la sécurité publique.

« Le maintien de la vente de SKS au Canada mine la mission prioritaire du premier ministre, soit celle d’assurer la sécurité des Canadiens. Dès le lancement du programme, les propriétaires d’armes à feu pourront simplement prendre l’argent reçu en échange d’une arme prohibée et l’utiliser pour acheter un SKS ayant les mêmes caractéristiques de puissance de feu que celle rendue. »

« Le SKS n’est pas seulement un modèle, c’est une plateforme en vertu de laquelle d’autres versions sont construites. Il en existe déjà plusieurs versions différentes, y compris certaines qui sont très proches des armes d’assaut interdites. On trouve actuellement un convertisseur en vente pour transformer un SKS en AR-15 : ‘Votre SKS comprend maintenant une monture, une poignée, un viseur et même le chargeur 7.62×39 de l’AR-15. Le résultat est un quasi-AR15 semi-automatique qui demeure légalement un SKS’ [notre traduction] ».

« Si le SKS n’est pas interdit, il sera à l’origine d’une gamme de nouvelles versions d’armes d’assaut. Les fabricants et le marché canadien s’adapteront à cette importante faille pour offrir toutes sortes de nouveaux modèles de fusils d’assaut aux amateurs d’armes à feu. Nous nous retrouverons dans la même situation qu’au lendemain des ‘interdictions’ de 1995. En fin de compte, de nouveaux modèles remplaceront ceux ayant été interdits et nous nous retrouverons à la case départ. »

PolySeSouvient.

Heidi Rathjen, coordinatrice, PolySeSouvient / info@polysesouvient.ca

LIENS

Le programme de rachat d’armes à feu pour les particuliers lancé cet automne

Léa Carrier, La Presse, 10 octobre 2025

Les crimes commis à l’aide d’une arme à feu expliquent à eux seuls l’immense écart entre les taux d’homicide aux États-Unis et ceux au Canada, constate Statistique Canada. L’étude montre également que le Québec figure parmi les régions les plus sûres en Amérique du Nord.

Ottawa ne prévoit pas d’interdire les carabines semi-automatiques SKS

Sandrine Vieira, Le Devoir, 9 octobre 2025

Le gouvernement fédéral ne prévoit pas d’interdire les carabines semi-automatiques SKS, a affirmé jeudi le ministre de la Sécurité publique, Gary Anandasangaree. Ses propos diffèrent nettement de ceux de sa collègue, la députée libérale et survivante du féminicide de Polytechnique Nathalie Provost, qui estimait, il y a deux semaines, que leur interdiction figurait parmi les mesures « qu’il reste à faire ».

LE QUÉBEC A-T-IL ENCORE BESOIN DE LEADERS SPIRITUELS ?

Alexandrina Diac

Alexandrina Diac, Directrice générale – Fondation du Grand Séminaire de Montréal.

Dans une société où les repères collectifs se recomposent et où la sécularisation s’est durablement installée, la question semble légitime, mais elle en soulève une autre, plus fondamentale : qui accompagne encore l’humain dans ses moments de fracture, d’angoisse, de recherche de sens ?

Chaque jour, loin du tumulte médiatique, des hommes et des femmes se tiennent aux côtés de ceux que nos systèmes échappent : malades, détenus, jeunes en difficultés, familles à bout de souffle, personnes seules, en errance, immigrantes, en fin de vie. Ils n’apportent pas de solutions miracle, mais une présence attentive, une parole apaisante, une écoute vraie. Ils tissent des liens là où il n’y a presque plus rien. Cela est un acte social. Cela aussi est du leadership.

La sociologue Hartmut Rosa, dans sa théorie de la résonance[1], affirme que ce qui sauve l’être humain du désespoir n’est ni la maîtrise technique, ni l’accumulation de biens, mais la capacité à entrer en relation vivante avec le monde, avec d’autres êtres, des expériences, des voix qui répondent. Les leaders spirituels, dans leur diversité, sont porteurs de cette capacité relationnelle : ils créent des espaces de résonance dans un monde souvent muet.

Le philosophe canadien Charles Taylor, dans son ouvrage majeur L’Âge séculier[2], explique que malgré la sécularisation, la quête de sens reste une dimension fondamentale de l’existence humaine. Cette quête, loin de s’effacer, se transforme et appelle à des formes nouvelles d’accompagnement, d’écoute et de présence. C’est précisément ce rôle que jouent les leaders spirituels, en offrant des espaces où les individus peuvent retrouver un horizon d’espérance et de solidarité.

Le Québec n’est pas étranger à cette réalité. Depuis les débuts de la Nouvelle-France, notre société s’est façonnée autour de leaders spirituels, femmes et hommes qui ont mis leur vie au service du bien commun. Pensons à Jeanne Mance, fondatrice de l’Hôtel-Dieu, à Monseigneur François de Laval, défenseur des peuples autochtones, à Marie de l’Incarnation et Marguerite Bourgeoys, éducatrices infatigables, à Marguerite d’Youville, pionnière des soins aux exclus, et à Émilie Gamelin, qui consacra sa vie à l’aide aux plus démunis. Plus près de nous, le frère André, humble portier devenu symbole de compassion, Monseigneur Ignace Bourget, bâtisseur d’institutions sociales.

Ils n’étaient pas parfaits et leurs actions n’étaient pas que religieuses : elles étaient profondément humaines et sociales. Ce qu’ils ont transmis, ce sont des gestes de soin, de courage, d’attention, des gestes qui ont donné forme à un Québec où l’accueil, l’inclusion et l’entraide sont encore perçus comme des repères fondamentaux.

Aujourd’hui, ce tissu se fragilise. La solitude grandit, la santé mentale vacille, le dialogue se fragmente. Et pourtant, près d’un adulte sur trois affirme être en quête de sens, selon un récent sondage publié par Le Verbe[3]. Le besoin d’accompagnement, de communauté, de repères n’a pas disparu : il s’est déplacé, rendu plus urgent par le vide laissé par les anciennes structures.

Les œuvres de bienfaisance et organismes communautaires, souvent portés par ces mêmes valeurs, contribuent puissamment à notre équilibre collectif. Au Québec, ce secteur a un impact concret sur la santé, l’éducation, l’environnement, la justice sociale et même les enjeux liés à l’utilisation éthique des technologies. Leur dynamisme repose sur des personnes formées à dépasser les intérêts individuels pour penser et servir le bien commun, avec discernement et lucidité face aux défis complexes de notre époque.

Voilà pourquoi les lieux de formation portés par des valeurs d’écoute, de justice, de compassion et de paix sont essentiels. Non pour préserver des systèmes dépassés, mais pour nourrir les consciences, accompagner les vocations humaines et offrir à la société des leaders capables de répondre avec profondeur à la détresse contemporaine.

Le Grand Séminaire de Montréal est l’un de ces lieux rares où se prépare, dans la discrétion mais avec une portée profonde, l’avenir spirituel et humain de notre société. Par sa mission de former des leaders enracinés dans la foi et ouverts aux réalités actuelles, il façonne des hommes et des femmes capables d’écouter, de discerner et d’agir avec justesse dans un monde en pleine transformation. Il ne s’agit pas de recréer un passé révolu, mais de faire vivre, avec lucidité et courage, les repères moraux et sociaux qui soutiennent notre vivre-ensemble.

Le Québec change, c’est un fait, mais si nous voulons qu’il demeure un lieu d’accueil, de paix, de justice et de solidarité, nous devons continuer de soutenir celles et ceux qui, dans le silence et la constance, aident les autres à tenir debout.

[1] Hartmut Rosa, Résonance : Une sociologie de la relation au monde, Édition La Découverte E, 2018

[2] Charles Taylor, L’Âge séculierÉdition Boréal, 2011

[3] La quête de sens au sein de la population québécoise, Le Verbe, Leger, 2024

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