PolysesouvientComme chaque année, la commémoration de la tragédie de la Polytechnique du 6 décembre 1989 nous insiste non seulement à revenir vers un passé douloureux mais nous interpelle sur nos engagements d’aujourd’hui en faveur d’un monde moins violent. À vrai dire, cela ne semble pas s’améliorer à en juger par les drames de guerre perpétrés par les groupes extrémistes et les tueries de masse qui se succèdent aux États-Unis.

Cela dit, nous ne pouvons pas baisser les bras. D’autant plus que le groupe des étudiants et diplômés de Polytechnique pour le contrôle des armes Polysesouvient mène de nouveau cette année une campagne pour demander à nos élus de renforcer le contrôle des armes au Canada.

heidi-rathjen-2014bFraîchement arrivé à Montréal, j’ai repris contact avec Heidi Rathjen qui coordonne une conférence de presse qui se tiendra à Ottawa le jeudi 30 novembre. Heidi m’a invité à représenter les familles des victimes de la Polytechnique. J’y serai donc. Même si j’ai participé à un événement semblable en l’an 2000, ça me remue quand même profondément. Les souvenirs remontent, un pincement du cœur réapparaît saupoudré d’une colère sourde de constater que le Canada, au lieu de maintenir bravement une politique de sécurité publique, a plutôt détruit un consensus unique au monde en faveur d’une protection contre les fusils semi-automatiques récemment légalisés dans le pays.

Bref, je vous invite à être attentif aux médias qui couvriront notre conférence de presse à Ottawa le 30 novembre prochain. J’assisterai aussi à l’illumination des 14 faisceaux en mémoire d’Elles, le mercredi 6 décembre 2017 à 17h00 sur le belvédère du Mont-Royal.

14 faisceaux lumineuxLiens : Drame de Polytechnique: 27 ans après, une victime continue de se confier

PolySeSouvient regroupe les témoins, survivants et familles des victimes de la tragédie à l’École Polytechnique qui appuient le contrôle des armes; le groupe a été mis sur pied suite aux premières menaces du gouvernement Harper en vue d’abolir l’enregistrement des armes d’épaule. Cette mesure faisait partie de la loi adoptée en décembre 1995 pour laquelle madame Rathjen s’est battue pendant six années en tant que directrice de la Coalition pour le contrôle des armes, le mouvement pancanadien qu’elle a cofondé (avec Wendy Cukier) suite à la tuerie à Polytechnique qu’elle fréquentait alors comme étudiante. PolySeSouvient se bat actuellement contre un lobby pro-armes extrêmement bien organisé, dans le but d’assurer l’instauration d’un registre des armes d’épaule au Québec.