« Se souvenir pour mieux agir », publié par le Conseil Église et Société de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec, est une déclaration faite dans le contexte du tragique 30e anniversaire de la tuerie de 14 jeunes femmes à Polytechnique Montréal. Sabrina Di Matteo est très fière de voir que cette déclaration (qu’elle a contribué à rédiger) est diffusée par Vatican News. 

C’est l’occasion de rappeler l’étendue des violences contre les femmes qui perdurent, que ce soit dans la sphère conjugale, dans le monde numérique, par l’exploitation sexuelle et la traite humaine, dans le contexte autochtone et d’oser interpeller notre Église sur les abus dont elle est responsable et sur la place des femmes qui doit progresser.

Déclaration  sur la violence  envers les femmes  et les personnes vulnérables

L’Église du Québec se mobilise contre la violence envers les femmes

L’Assemblée des évêques catholiques du Québec a publié une déclaration intitulée “Se souvenir pour mieux agir”, sur la violence envers les femmes et les personnes vulnérables. Ce message s’inscrit dans le cadre de la Journée nationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes, célébrée chaque année le 6 décembre au Canada.

Ce 6 décembre 2019 marquera un triste anniversaire: 30 ans plus tôt, 14 jeunes femmes étaient assassinées à l’École Polytechnique de Montréal. Un évènement «qui a tragiquement marqué l’histoire du Québec» lit-on dans cette déclaration signée par des responsables diocésaines et les membres du Conseil Église et société de l’Assemblée des évêques québécois.

Une multiplication des formes de violence

«Face au constat que les violences envers les femmes perdurent, nous avons toutes et tous, individuellement et collectivement, des responsabilités à prendre. Pour nous, catholiques signataires de cette déclaration, il importe de se souvenir pour mieux agir», est-il écrit. Les signataires relatent les efforts déjà entrepris par l’Église catholique québécoise, mais constatent que les violences subsistent et que «plusieurs autres formes de violence affectent les femmes et les personnes vulnérables, en dehors de la sphère conjugale»: les signataires se réfèrent à la «cyberintimidation, à l’exploitation sexuelle de personnes mineures, à la prolifération de la pornographie, aux abus psychologiques et physiques, et à la traite humaine interne et internationale». «L’expérience des violences subies par des femmes autochtones nous interpelle de façon particulière. Le rapport final de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées recense l’ampleur de la violence systémique qui leur a été infligée», alertent les auteurs, qui souhaitent «envisager des chemins de guérison» avec d’autres composantes de la société.

Dénonciation des abus commis au sein de l’Église

Les représentants de l’Église québécoise appellent ensuite «à faire mémoire», une démarche qui «se situe au cœur de notre foi», foi dans le Christ Jésus «qui fut la victime de l’ultime violence, celle de la mise à mort sur une croix». Les Évangiles montrent aussi «le rôle fondamental» qu’ont joué les femmes «dans le christianisme naissant». «Ce rappel nous invite à porter un regard sur l’institution religieuse qui nous rassemble», expliquent les signataires. «Nous sommes conscientes et conscients que notre Église a contribué à la violence subie par diverses personnes, ici et ailleurs» déclarent-ils, avant de se dire scandalisés par «les agressions, les abus sexuels, les abus de pouvoir et les abus spirituels qui ont été perpétrés par des membres du clergé et des religieux».

Agir ensemble pour susciter l’espérance

Plusieurs recommandations sont alors formulées à l’adresse de l’institution ecclésiale: «poursuivre l’analyse des causes de ces abus, son engagement en faveur de leur prévention et le développement de formes de réparation et de guérison. Le cléricalisme, identifié par le pape François comme une cause qui engendre et perpétue les abus, doit être dénoncé avec détermination. Nous avons ensemble le devoir d’écouter les femmes et les personnes victimes de violence. Nous devons agir en matière de prévention, d’éducation et de mobilisation. Les hommes doivent être les alliés des femmes dans cette lutte». Comme l’affirme l’Église québécoise, «se souvenir de la violence faite aux femmes et aux personnes vulnérables devrait nous conduire à agir, afin de relever dans la dignité toutes celles et ceux qui souffrent, susciter l’espérance et ressusciter des relations de paix et d’unité».