Commémoration de l’attentat à la Grande Mosquée de Québec, 29 janvier 2024

Par Serge St-Arneault, M.Afr

À vrai dire, Québec n’est pas si loin de Trois-Rivières. L’autoroute est dégagée comme en été et le trafic est modéré. Je suis en route vers la Grande Mosquée de Québec pour souligner la tuerie qui a eu lieu au même endroit en 2017. Mes pensées voguent entre ces nombreuses tragédies qui ont marqué pour toujours nos vies. Il m’apparaît très clairement que ma présence sur cette autoroute, ce déplacement, est la conséquence d’un triste événement imposé. Je regardais de nouveau la belle photo de ma soeur Annie en essayant d’imaginer ce que nous aurions vécu ensemble, en famille, si le féminicide à la Polytechnique de Montréal n’avait pas eu lieu en 1989.

Me voilà donc dans la mosquée. Je reconnais les lieux. Déjà, les journalistes pointent leurs micros vers le ministre fédéral Jean-Yves Duclos.

Puis, ma nièce Roxanne arrive avec Philippe, son amoureux, que j’ai la joie de présenter à Heidi Rathjen, coordonnatrice de PolySeSouvient. Sans trop tarder, la cérémonie commence. Nous sommes tous assis sur l’immense tapis moelleux qui couvre toute la pièce.

Un homme est assis à notre droite. Il reconnaît Heidi qui est à ma gauche. De toute évidence, ils se connaissent depuis longtemps. Étant au milieu, que faire de mieux que de m’introduire.

  • Bonsoir, je m’appelle Serge. Je suis venu ici en compagnie de Heidi au nom de PolySeSouvient. Je vous présente ma nièce Roxanne et son copain Philippe. C’est la première fois qu’ils viennent ici.
  • Enchanté. Je suis Bruno Marchand, maire de la ville de Québec.

Mariam et Sophie Marois, animatrices de la soirée, présentent le sens du rassemblement : La commémoration citoyenne de l’attentat à la Grande Mosquée de Québec de ce soir est un exercice de mémoire pour faire le point des sept dernières années et pour avancer ensemble.

Les animatrices invitent ensuite Édith Picard, aînée de la nation huronne-wendat de Wendake, à prendre la parole. Dans son mot de bienvenue, elle souhaite que la cérémonie soit pleine de quiétude. Ce ne sera pas tout à fait ce qui arrivera.

L’imam Mohamed Fouad récite ensuite quelques versets du Coran. Il chante en arabe. Sans être excessif, le son est amplifié dans une résonance semblable à un écho lointain, comme s’il s’agissait d’atteindre une immense foule. Pourtant, nous ne sommes qu’une centaine de personnes.

Puis, une minute de silence est respectée en mémoire de ceux qui ont perdu leur vie dans la même salle où a lieu le rassemblement : Ibrahima Barry, Mamadou Tanou Barry, Khaled Belkacemi, Aboubaker Thabti, Abdelkrim Hassane et Azzedine Soufiane.

Suite de la présentation de Mariam et Sophie Marois

Chaque vie humaine est sacrée, représentant une parcelle de l’humanité tout entière. Le deuil de chaque vie perdue est incommensurable. Mais, nous savons aussi qu’il y a des solidarités dans le deuil. Nous voulons les mettre de l’avant ce soir.

Cette solidarité qui nous accompagne depuis sept ans est une immense richesse ; avec les familles et les proches des victimes, entre les différentes confessions religieuses de la ville de Québec, avec la Nation huronne-wendat et les autres peuples autochtones des territoires voisins, avec l’École Polytechnique de Montréal, la communauté de London en Ontario, la synagogue de Pittsburgh aux États-Unis, la mosquée de Christchurch en Nouvelle-Zélande et d’autres. Nous soulignons la présence solidaire de Heidi Rathjen et Serge St-Arneault de PolySeSouvient. Merci d’être avec nous ce soir.

Boufeldja Benabdallah

Je commence à bien connaître Boufledja. Nous nous retrouvons régulièrement pour la cause du contrôle des armes à feu. Aussi, avec le Centre Canadien d’Œcuménisme dont nous sommes membres. Il a le verbe facile et il est bon communicateur. Il transmet ses convictions avec émotions comme dans un livre ouvert.

Il y a beaucoup de bienfaits dans ce monde et nous en remercions Dieu, dit-il. Mais les armes de guerre sont source de violence comme cela s’est produit dans cette mosquée. C’est important de se rappeler tout ça. Nous ne pleurons pas juste vainement. Nous pleurons pour nous rappeler ces moments importants. À travers cette tristesse qui nous a tous frappés, Dieu nous a conduits vers la joie. En effet, le lendemain de la tragédie du 29 janvier 2017, quinze mille personnes ont bravé le froid à moins de 40 degrés pour venir nous dire « nous sommes des vôtres, nous sommes avec vous, nous vous tenons ». Et la joie est née, la joie de ne pas se sentir tout seul, d’être accepté comme des citoyens à part entière.

Nous commémorons cette solidarité laïque et interconfessionnelle. Nous vivons au sein d’un peuple qui a la main sur le cœur et qui est compatissant. Nous ne l’avons jamais oublié. Nous avons, de notre côté, le devoir de mieux connaître l’histoire du Québec et de la comprendre pour devenir un partenaire à part entière. De même avec les peuples des Premières Nations. Nous avons la chance de vivre dans un magnifique pays. Nous n’oublierons jamais les appuis des autorités fédérales, provinciales et municipales. Nous n’oublions pas non plus la lutte de Heidi et de ses sœurs de PolySeSouvient qui ont lutté pendant plus de 32 ans pour faire reconnaître le féminicide de Polytechnique. Elles ont poussé jusqu’à l’adoption de la loi C-21 contre les armes de poings et les armes d’assaut. Bravo pour le travail de PolySeSouvient. Pour notre bien, elles ont donné de leur temps, gratuitement. C’est parce que nous aimons notre pays.

Je souligne la présence de Mona Abuamara, la représentante de la Palestine au Canada. On ne fait pas d’amalgame. Nous sommes solidaires de toutes les tristesses de ce monde. Nous disons qu’après ces tristesses, il nous faut des éclaircies et même des soleils pour transporter nos désirs vers des firmaments extraordinaires. Le peuple palestinien le mérite. De même que tout le Moyen-Orient. Les musulmans ne sont pas contre les Juifs. Ceux-ci forment un peuple tout comme nous. Pourquoi se déchirer entre peuples alors que notre seul désir est de bien vivre ensemble ?

Bruno Marchand, le seul politicien à avoir fait une allocution ce soir-là, à l’invitation des animatrices, doit enjamber mes deux jambes étalées sur le tapis. Je n’y peux rien, je suis incapable de m’assoir en petit bonhomme !

Existe-t-il une parole pour apaiser les cœurs, demande-t-il ? Nous ne cesserons jamais de la chercher !

Je suis convaincu qu’au-delà du mal qui ne cesse de progresser, il y a des hommes et des femmes qui s’activent. Boufeldja a eu raison de nommer Heidi qui se bat depuis des décennies pour s’assurer que ce qui se passe au sud de notre frontière ne se répète pas ici. Un combat de David contre Goliath. Ça, c’est l’action d’une femme de bien, avec Serge et avec les autres.

Un passage de l’écrivain St-Exupéry qui résume l’essentiel que nous devrions porter : « si tu diffères de moi, mon frère, ma sœur, loin de me léser, tu m’enrichis ». La Ville de Québec est riche de ses différences, de ses couleurs, riche de cette capacité à concevoir la vie différemment et continuer de vouloir développer ensemble quelque chose d’unique. Merci à chacun d’entre vous de nous enrichir.

Amira Elghawaby est alors invitée à prendre la parole. En tant que représentante spéciale pour la lutte contre l’islamophobie au Canada, elle se doit tout naturellement de faire son discours en anglais et en français. Son français d’ailleurs est très bon. Il me semble qu’une partie importante de son message prononcé en anglais n’aura aucun impact. D’ailleurs, les médias, du moins ceux que j’ai retracés, ne lui accordent aucune attention. Dommage ! Au sujet du lieu de culte de la mosquée, elle évoque ceci :

Places of worship are meant to represent sacred refuge from the stresses and harshness of the world beyond its walls, and yet, on January 29, 2017, the tranquility that was saw of this room was destroyed by hate, by Islamophobia. And now, we mark the passage of time, seven years since fear, ignorance, demonization, and violent extremism destroy the lives of so many families and shock our country to its very core. (…)

Our collective action has the power to make positive change and ensure that our rights, our freedoms are fully respected, and that we are safe everywhere and anywhere. Notre action collective a le pouvoir de véritablement changer la donne. Merci.

Traduction : Les lieux de culte sont censés représenter un refuge sacré contre le stress et la dureté du monde au-delà de ses murs, et pourtant, le 29 janvier 2017, la tranquillité qu’on y voyait a été détruite par la haine, par l’islamophobie. Et maintenant, nous marquons le passage du temps, sept ans depuis que la peur, l’ignorance, la diabolisation et l’extrémisme violent détruisent la vie de tant de familles et choquent notre pays jusqu’au cœur. (…)

Notre action collective a le pouvoir d’apporter des changements positifs et de garantir que nos droits et nos libertés soient pleinement respectés et que nous soyons en sécurité partout et en tout lieu. Notre action collective a le pouvoir de véritablement changer la donne. Merci.

Zineb Filali et Marjorie Sheyn, deux jeunes Québécoises, ont également pris la parole avec ferveur en insistant sur le respect des différences dans un monde pluraliste. Finalement, la poétesse Houmou Giro a terminé la soirée avec un poème engagé.

Qu’est-ce que les médias ont retenu de la soirée ?

Les médias, me semble-t-il, n’ont pas accordé beaucoup d’intérêt aux différents messages exprimés. Les cris d’un jeune homme proférés à l’endroit du ministre Jean-Yves Duclos ont été disproportionnellement étalés dans les médias. Cet incident a provoqué un grand malaise chez les organisateurs de la soirée. Au moins, ce n’était que des cris, pas des projectiles d’arme à feu !

Le message que je retiens

Je suis déçu que les beaux messages exprimés par les porte-paroles soient passés presque sous silence. Les tragédies bouleversent profondément nos vies. Nous nous retrouvons soudainement, malgré nous, à nous lancer sur de nouveaux et douloureux chemins. Mais, nous ne pleurons pas juste vainement. À travers cette tristesse qui nous a tous frappés, Dieu nous a conduits vers la joie. Ces paroles de Boufeldja sont prophétiques et réconfortantes. Et la joie est née, la joie de ne pas se sentir tout seul, d’être accepté comme des citoyens à part entière, ajoute-t-il.

À mes yeux, le traumatisme de l’ignoble assassinat de Jésus par les Romains reste vif dans la mémoire spirituelle des chrétiens. Une tragédie sans nom, incompréhensible. Pourtant, Jésus avait lui-même prédit que la joie emplirait les cœurs droits.

Nous sommes solidaires de toutes les tristesses de ce monde. Nous disons qu’après ces tristesses, il nous faut des éclaircies et même des soleils pour transporter nos désirs vers des firmaments extraordinaires. (Boufeldja)

Pour les chrétiens, la promesse de la résurrection est ce chemin menant vers ces éclaircies, vers ces soleils transformateurs de firmaments extraordinaires. Merci, Boufeldja, pour ton espérance radieuse, qu’Allah, ton Dieu, t’inspire au-delà du tragique. Notre combat est commun : vivre intensément le respect mutuel dans un vivre ensemble constructif. Notre vocation est commune : rendre grâce à Dieu pour tous ses bienfaits, source de joie profonde, au-delà des épreuves.

LIENS

Sept ans plus tard, Québec se souvient de la tuerie à la grande mosquée

Commémorations sur fond de tensions à Québec

Cérémonie tendue sept ans après la tuerie de la grande mosquée de Québec

Attentat à la grande mosquée de Québec : 7 ans plus tard, « c’est important de se rappeler »

Pour cette seconde commémoration à l’intérieur du lieu de culte où s’est produit l’attentat, les noms des victimes ont retenti sobrement.

Le Soleil : Coup d’éclat à la commémoration de la Grande Mosquée

Premier anniversaire depuis la réouverture du Centre Afrika

Le Centre Afrika a célébré le premier anniversaire de sa réouverture ce 6 janvier 2024, après trois années de quasi-inactivité à cause de la Covid-19.

Les ami.e.s et partenaires du Centre Afrika ont vécu un moment de bonheur agrémenté par de talentueux artistes africains dont Aboubacar Mazawadjé du Niger, Moulaye Dicko du Burkina Faso et le groupe Tafsut de Montréal qui a présenté des danses Kabyles.

Danses Kabyles du groupe Tafsut de Montréal .

C’est avec un immense plaisir que nous vous accueillons pour célébrer ensemble le premier anniversaire de la réouverture du Centre Afrika.

En effet, le Centre Afrika a rouvert ses portes le 7 janvier 2023 après avoir observé les consignes de santé pendant la période du Covid-19. C’était une belle fête de retrouvailles. C’est ainsi que nous avons eu l’idée de célébrer une autre fois ce plaisir d’être ensemble, de célébrer notre amitié et nos partenariats dans un contexte interculturel.

Nous voulons exprimer notre reconnaissance à toutes les généreuses personnes qui nous ont fait cadeau d’œuvres d’art de grande qualité qui embellissent nos différentes salles. Nous disons merci à toute personne qui nous soutient, un tant soit peu, avec des bonnes idées et diverses contributions, pour que nous réalisions notre mission avec joie et sérénité. C’est cela qui nous permet d’être là pour vous et de donner le meilleur de nous-mêmes. Nos bénévoles et nos différents partenaires ont toute notre reconnaissance.

Depuis sa réouverture, le Centre Afrika a abrité plusieurs activités qui ont fait vibrer ses murs et donné de la chaleur à nos locaux ; à travers diverses activités organisées par nos ami.e.s, nos partenaires et nous-mêmes, nous avons vécu notre vocation, celle d’être le lieu d’une hospitalité solidaire où nous nous accueillons les uns les autres dans une perspective interculturelle. Notre diversité devenant ainsi une richesse précieuse.

Les activités qui nous ont rassemblé cette année sont, par exemple : des Café-Rencontres, des réunions d’associations et de groupes nationaux, des fêtes familiales, des célébrations eucharistiques, des groupes de danses culturelles et répétitions de chorales ainsi que des rencontres communautaires des Missionnaires d’Afrique, nos hôtes.

Nous voulons rester fidèles à notre vision qui est celle de « favoriser la rencontre des Afriques dans leurs diversités et dans leurs richesses culturelles et spirituelles, de promouvoir l’intégration des Africains dans leur milieu d’accueil pour contribuer au vivre-ensemble harmonieux, par lequel la diversité et les différences deviennent une vraie richesse commune. »

Pour réaliser ce rêve, nous aurons besoin de la participation de tous et toutes pour nous faire goûter à leur diversité et nous guider dans la connaissance de leur patrimoine culturel qui va nous enrichir davantage.

Je vous souhaite à tous de vivre ce moment que nous passons ensemble avec joie et de nous accueillir les uns les autres, dans ce centre qui est notre maison à tous !

Invitation – Commémoration du 29 janvier 2024 à Québec

À quelques reprises depuis 2018, j’ai participé aux commémorations de la tragédie du 29 janvier 2017. J’y retournerai cette année en solidarité avec la communauté musulmane de Québec et mon ami Boufeldja Benabdallah. Je vous invite tout particulièrement à suivre la cérémonie qui sera diffusée par internet sur leur page Facebook et leur chaine YouTube

Serge

Texte du Comité citoyen 29 janvier, je me souviens

Le 29 janvier prochain, nous commémorerons le septième anniversaire de l’attentat perpétré contre la Grande mosquée de Québec. Nous nous recueillerons au souvenir de Ibrahima Barry, Mamadou Tanou Barry, Khaled Belkacemi, Abdelkrim Hassane, Azzeddine Soufiane et Aboubaker Thabti, nos six concitoyens de confession musulmane dont la vie a été arrachée le soir du 29 janvier 2017. 

Le Comité citoyen 29 janvier, je me souviens et le Centre culturel islamique de Québec vous invitent à un moment de recueillement le 29 janvier 2024, dans la salle de prière de la Grande Mosquée, située au 2877 chemin Ste-Foy. Ce rassemblement commémoratif nous permettra d’honorer la mémoire des victimes, d’exprimer notre soutien aux survivants, aux familles et aux proches endeuillés, et de continuer à renforcer les solidarités qui nous unissent dans la lutte contre l’islamophobie, le racisme et la haine sous toutes ses formes. 

La cérémonie commencera à 18h et se terminera à 19h. Toute la cérémonie de commémoration sera retransmise en ligne, en direct, de manière à partager ce moment de paix, de recueillement et de solidarité. 

Tous les détails relatifs aux événements entourant la commémoration, incluant les journées de portes ouvertes du CCIQ, seront disponibles sur les réseaux sociaux de la Commémoration citoyenne de l’attentat de la Grande Mosquée de Québec et du et du Centre Culturel Islamique de Québec, ainsi que sur le site internet 29janvierjemesouviens.org.  

Nous vous rappelons que depuis 2021, le 29 janvier est la Journée nationale de commémoration de l’attentat à la mosquée de Québec et d’action contre l’islamophobie. 

Pour soutenir l’organisation de cet événement, nous vous encourageons vivement à : 

  • Diffuser les informations relatives à la commémoration dans vos réseaux; 
  • Inviter vos membres à se joindre à la commémoration sur place ou virtuellement;
  • Poursuivre votre engagement contre l’exclusion, le racisme et l’islamophobie.

Nous vous remercions de poursuivre ce devoir de mémoire et de continuer à vous mobiliser à nos côtés afin que cessent la haine et la violence.

Solidairement,

Le Comité citoyen 29 janvier, je me souviens et le Centre culturel islamique de Québec

LIENS :

TUERIE À LA MOSQUÉE DE QUÉBEC: UNE COMMÉMORATION SOUS LE SIGNE DE L’UNITÉ ET DE LA RÉFLEXION

CHAQUE PERSONNE EST UNE HISTOIRE SACRÉE.

RECUEILLEMENT SPIRITUEL EN MÉMOIRE DES VICTIMES DE L’ATTENTAT DE LA GRANDE MOSQUÉE DE QUÉBEC.

ANNIVERSAIRE DE L’ATTENTAT DE LA GRANDE MOSQUÉE: « J’AI ÉTÉ TRÈS IMPRESSIONNÉ »

« LE PLUS IMPORTANT, C’EST LA SOLIDARITÉ ». ENTREVUE AVEC AUDREY TREMBLAY.

La rentrée scolaire 2024 est effective à Institut Abaka de Gety en RDC

Par Adirodu Roger Androzo

Selon le calendrier scolaire officiel, confirmé par le professeur Tony Mwaba Kazadi, ministre national de l’Enseignement primaire, secondaire et technique (EPST), les élèves des écoles primaires et secondaires publiques et privées de la République démocratique du Congo (RDC) ont repris les cours depuis lundi dernier le lundi 8 janvier 2024 après les vacances des festivités de Noël et du Nouvel An.

Tout se déroule normalement à l’Institut Abaka quoique le préfet Bunga Mbovona Ryphin a regretté le fait que certains parents continuent toujours à se plaindre au sujet des fournitures scolaires qu’ils doivent se procurer pour leurs enfants tels que les uniformes.

« Un parent qui a le souci de ses enfants se donne la peine de se préparer, a-t-il fait savoir. »

Tout en reconnaissant que la conjoncture économique actuelle est difficile pour tous les parents, le préfet les invite quand même à maximiser leurs efforts afin d’envoyer leurs enfants à l’école. En effet, l’éducation est un droit pour chaque enfant.

Le préfet a ajouté qu’il ne suffit pas seulement d’envoyer les enfants à l’école. Il faut aussi veiller à ce qu’ils soient bien nourris, en bonne santé et protégés afin qu’ils puissent étudier dans de bonnes conditions et continuer leur cycle scolaire en s’épanouissant pleinement.

Pour une petite histoire

L’Institut Abaka à Gety se trouve dans le chef-lieu de la chefferie traditionnelle des Walendu-Bindi. Plus précisément, il se situe à Nzigo, l’une des localités érigées dans la partie ouest de Gety-État dans le groupement Bamuko, sur le territoire d’Irumu dans la province de l’Ituri vers le Nord-Est de la République Démocratique du Congo.

C’est une école conventionnée catholique qui se trouve sous la juridiction de la paroisse Sainte-Famille de Gety.

Cette école secondaire fut construite entre les années 1991 et 1996 grâce aux efforts de la population de Gety et le soutien financier des amis et connaissances du père Serge St-Arneault.

Actuellement, l’Institut Abaka compte quatre sections ; commercial et administration, biologie et chimie, social ainsi que mines et géologie. Les cours se donnent dans l’avant-midi seulement entre 7h30 et 12h45.

Plusieurs enseignants ont quitté l’institut entre 1999 et 2014 à cause de la guerre qui a ravagé cette région. Heureusement, d’autres enseignants ont courageusement persisté et permis à de nombreux étudiants de poursuivre leurs études.

Le blogue de Jacques Gauthier

Je vous invite à débuter cette nouvelle année avec un témoignage sur la prière de mon ami Jacques Gauthier. Celui-ci nous informe que le pape François a consacré 2024 année de la prière, une manière pour les chrétiens d’approfondir leur relation au Christ et de se préparer au Jubilé de 2025 à Rome.

Poème de Jacques intitulé ; À hauteur d’espérance

Voir sa vidéo sur cette année de la prière : sa chaîne YouTube
Lire l’article sur cette année et sa prière d’espérance : son blogue.
Pour aller plus loin, son guide pratique en poche : La prière chrétienne.
Bonne année de la prière.

WWW.JACQUESGAUTHIER.COM

Une chorale africaine qui se distingue à Trois-Rivières

Sophie Bernier et Sarah Désilets-Rousseau

De Le téléjournal Mauricie avec Sophie Bernier du lundi au jeudi et Sarah Désilets-Rousseau du vendredi au dimanche.

Le chœur Notre-Dame d’Afrique accompagne la messe une fois par mois à l’église Saint-Laurent, à Trois-Rivières, au grand plaisir des paroissiens et des membres de la chorale. Le reportage d’Alexandre Painchaud.

Je vous invite à visionner ce reportage en cliquant sur le lien suivant :

Une chorale africaine qui se distingue à Trois-Rivières

J’ai eu la chance d’assister à cette messe en compagnie de mon confrère Francis Bomansaan, originaire du Ghana, en visite au Canada. Il est retourné à Rome le 15 décembre. Il est le premier assistant du Supérieur Général des Missionnaires d’Afrique. Cette chorale a aussi animé la messe de Noël le soir du 25 décembre. La nombreuse assistance a régulièrement applaudi la chorale.

SOUFFLE COUPÉ

Voilà le genre d’état d’être dans lequel trop souvent
nous nous sommes retrouvé.e.s en 2023,
en pensant à ces nombreux conflits
qui ont eu lieu de par le monde.   
Puisse, 2024,
permettre à l’humanité de reprendre son souffle
et à chacun.e d’entre-nous d’apprendre, plus que jamais,
à nous tendre la main.

SOUFFLE COUPÉ
 Tableau de Gabriel Landry – Huile sur toile 20 x 24 po.

Une chaîne humanitaire s’impose!
Joyeux Temps des Fêtes
et
Bonne Année 2024  

Gabriel Landry, artiste peintre

Si vous désirez visiter ma galerie privée qui est située à Longueuil,
je me ferai un réel plaisir de vous y accueillir sur rendez-vous.

INFORMATION :

Tél. : 514 894-0440  
Courriel : glandry@gabriellandry.com

 INVITATION

à visiter ma galerie virtuelle et mon site Web au lien :
https://www.gabriellandry.com/galerie/

Quatorze élèves sont tuées par la foudre à la localité de Nyasinga en République Démocratique du Congo

Voici une triste nouvelle qui ne sera pas diffusée dans les médias puisqu’elle concerne une petite communauté vivant dans la région de Gety où j’ai vécu entre les années 1987 et 1996. Je connais bien cet endroit. Ayons une pensée et une prière pour ces familles endeuillées. Serge

Roger Adrirodu Androzo

Par Roger Adirodu Androzo

Quatorze élèves ont été tués à Nyasinga dans le groupement Bukiringi lors d’une pluie torrentielle qui s’est abattue le 12 décembre 2023 sur toute l’étendue de la chefferie des Walendu-Bindi. Cette localité est située à environ 80 km au sud de Bunia sur la route secondaire N⁰ 431.

L’incident s’est produit aux environs de 9 heures. Un phénomène jamais vécu dans cette localité depuis l’époque précolonial.

Sous le choc, la population se rassemblaient le long de la route principale pour assister aux cortèges funèbres. Même si la circulation a repris, les écoles du groupement de Bukiringi restent fermées.

Les familles des victimes se sont rassemblées dans l’église de la communauté protestante de la CECA 20 pour prier et rendre un dernier hommage aux victimes.

Au total, sept filles et sept garçons de l’école ont été foudroyés. Parmi les blessés, cinq garçons et deux filles ont reçu des soins à l’hôpital de Bukiringi et deux autres filles au centre de santé de Sorodo.

Liste partielles des enfants décédés.

Les filles : Zawadi Bora, 15 ans, Mairo Kandanyi, 12 ans. Les garçons : Zawadi Gaya, 12 ans, Mapendo Munganga, 8 ans, Byarufu, 12 ans.

Les enfants hospitalisés.

Les filles : Mawazo Matsosi, 12 ans, Faida Kizayi, 10 ans, Wayi Kabhuliyi, 12 ans. Les garçons : Mufariji Fidèle, 6 ans, Rehema Kagawa, 8 ans, Gufutsi Taga, 7 ans, Bangadjuna Ushindi, 12 ans.

Nous demandons vos prières et pour ces enfants et les familles endeuillées qui vivent ce drame en cette fin d’année 2023.

Le projet de loi C-21 vient d’être adopté par le Sénat !

Le projet de loi a désormais force de loi.

La majorité des mesures entreront en vigueur à une date qui sera déterminée par le gouverneur en conseil, avec de nombreuses mesures nécessitant l’adoption de réglementation habilitante (rappelons que la réglementation pour le projet de loi C-71, adopté en 2019, a été adoptée trois ans plus tard et a considérablement affaibli les mesures clés…). Cependant, même s’il reste du travail à faire pour s’assurer que la réglementation soit solide et que la mise en œuvre des mesures se fasse dans un délai raisonnable, ce soir nous pouvons célébrer l’adoption finale des mesures législatives suivantes :

1) Un gel de l’achat de nouvelles armes de poing.
2) L’obligation de présenter un permis de possession d’armes pour acheter des chargeurs.
3) Plusieurs mesures visant à lutter contre la contrebande et les armes fantômes (notamment : augmentation de certaines peines maximales, interdiction des armes fantômes, interdiction de certaines pièces d’armes, élargissement de la capacité de la police à procéder à des interceptions liées au trafic d’armes, renforcement de la capacité des agents frontaliers à gérer l’interdiction d’accéder au Canada sur la base d’infractions réglementaires en matière d’armes à feu).
4)  La prohibition automatique de posséder des armes à feu pour toute personne qui fait l’objet d’une ordonnance de protection.
5) L’obligation pour un contrôleur des armes à feu (CAF) de révoquer le permis d’un individu dans les 24 heures lorsque le contrôleur a des motifs raisonnables de soupçonner que celui-ci a participé à un acte de violence familiale ou d’harcèlement criminel.
6) Une définition élargie de la « violence familiale » de manière à inclure violence conjugale et familiale, dont les formes non physiques comme le contrôle coercitif et les menaces de suicide.
7) Une définition élargie d’une « ordonnance de protection ».
8) La possibilité que des ordonnances d’interdiction de possession d’armes soient prises contre des personnes qui cohabitent avec une personne à qui il est interdit de posséder des armes à feu.
9) L’exclusion de l’emploi comme justification pour exempter une personne de la révocation d’un permis liée à une ordonnance de protection.

Inclusions notables moins positives :
10) Une nouvelle option « Ex-parte » (mesure « drapeau rouge ») qui permet aux victimes ou aux tiers de faire une demande devant un tribunal pour retirer les armes à feu d’un agresseur potentiel (PolySeSouvient et une coalition de groupes de femmes se sont opposés à cette mesure; nous devrons donc suivre de près ses impacts…).
11) Une faible définition « d’armes prohibées » visant à interdire certains futurs modèles d’armes d’assaut (une mesure totalement inefficace: nous continuerons à nous battre  pour une interdiction complète!)

Dans l’ensemble, il s’agit d’une victoire concrète et solide en matière de sécurité publique et d’une démonstration qu’il est possible de vaincre le lobby des armes.

Merci à tous ceux qui ont appuyé la cause, que ce soit en participant à nos appels à l’action, sous la forme de dons, ou en accomplissant vos propres actions selon vos capacités et fonctions!

PolySeSouvient

(*Voir notre communiqué ainsi que notre dernière mise à jour)

Le Sénat adopte un projet de loi qui renforce le gel des armes de poing.
PHOTO LUCAS JACKSON, ARCHIVES REUTERS
Le projet de loi introduit de nouvelles mesures visant à empêcher les armes à feu de tomber entre les mains des auteurs de violence conjugale et porte de 10 à 14 ans les peines maximales encourues pour la contrebande et le trafic d’armes à feu.

Mylène Crête, La Presse, 19 décembre 2023.

(Ottawa) Nathalie Provost n’a toujours pas le sentiment d’avoir fait une différence – du moins pas celle qu’elle souhaitait – même si le projet de loi C-21 sur le contrôle des armes à feu a obtenu la sanction royale vendredi. Cette survivante du féminicide de Polytechnique est passée par toute la gamme des émotions en 2023.

NOU P AS BLIYE ! HOMMAGE AUX VICTIMES DE LA POLYTECHNIQUE

J’ai eu la chance d’assister à une cérémonie commémorative à la Maison d’Haïti le 7 décembre en mémoire des 14 femmes qui ont péri lors de la tragédie de la Polytechnique le 6 décembre 1989. Cette cérémonie est devenue une coutume depuis quelques années.

Dans le cadre de la coordination jeunesse de la Maison d’Haïti, un collage numérique a été réalisé par ces jeunes dans le cadre d’un visuel intitulé Nou p as Bliye ! Hommage aux victimes de la Polytechnique. Un cérémonial a mis en parallèle les 14 femmes victimes du féminicide du 6 décembre ainsi que 14 femmes de différentes origines dont plusieurs haïtiennes qui ont contribué à l’avancement de la science et de la technologie. Brillante idée !

Vidéo collage numérique réalisé par les jeunes

Françoise David

L’invitée d’honneur cette année était Françoise David. La causerie portait sur la jeunesse et le féminisme. Elle a brièvement fait un portrait des événements de cette tragédie qui a eu lieu il y a 34 ans et le contexte de l’époque.

Les jeunes présents ont manifesté un grand intérêt dans la discussion qui a suivi. Ils ont abordé des questions qui touchent leur vie ; les influences néfastes des réseaux sociaux et leurs impacts, la place des femmes sur le marché du travail, la violence et les inégalités.

Je remercie vivement Orlando Ceide de la Maison d’Haïti pour son invitation ainsi que Marjorie Villefranche.

Missionnaire sans frontières