Archives pour la catégorie Témoignages chrétiens

Éditorial. Un rapprochement des cœurs qui se vit depuis 150 ans.

Lettre aux amis No 41, juin 2018. Par Serge St-Arneault, M.Afr

La Mission de Notre-Dame d’Afrique située près du Parc olympique à Montréal était littéralement ‘noire de monde’ à la messe des Rameaux que je présidais au mois de mars dernier. Cette église ouvre ses portes à toute la communauté africaine de l’île de Montréal. Débutée vers 11h00, cette célébration liturgique s’est terminée à 13h30 sans que personne ne s’en étonne. Il est vrai que la lecture de la passion de Jésus-Christ ce jour-là était longue.

Néanmoins, malgré le caractère dramatique des lectures, les chants et leurs rythmes ont ravivé les ferveurs. J’ai vécu de nombreuses fois ce genre de célébration tout au long de mes années en Afrique. Le temps alloué n’est jamais minuté à la seconde comme c’est souvent la réalité dans notre société d’ici. En effet, nous insistons sur la bonne utilisation de notre temps en citant le proverbe: « le temps, c’est de l’argent ». Le temps devient une commodité précieuse. C’est le cas lorsque nous l’offrons pour un ami, un membre de la famille, voire même un étranger. Et que dire de la louange ou de la prière offerte au Seigneur?

NDD'Afrique

C’est ce que mes sœurs et frères africains m’ont enseigné. Là réside la forme du soutien communautaire qui s’exprime aussi bien dans le deuil qu’au moment des réjouissances. Je leur serai éternellement reconnaissant. Ce jour-là, à la messe des Rameaux, je me suis surpris moi-même à leur dire que je me sentais être « un Africain de race blanche ». Et pourquoi pas? La couleur de la peau n’est qu’un accident de la nature. Mais ce qui construit l’identité est d’un autre ordre, celui du cœur. Ce rapprochement des cœurs se vit depuis 150 ans au sein des Missionnaires d’Afrique.

Nous le célébrerons plus particulièrement dans les prochains mois. Notre joie est de savoir qu’une autre célébration aura lieu dans 150 ans grâce à la croissance de notre Société missionnaire qui forme présentement 500 jeunes qui désirent vivre le même charisme missionnaire que celui de nos prédécesseurs. Réjouissons-nous et bon anniversaire!

La Province des Amériques : une Province – quatre Secteurs

En décembre 2018, la Société des Missionnaires d’Afrique célèbrera le 150e anniversaire de sa fondation. Plusieurs d’entre vous se demande peut-être à quand remonte la présence des Pères Blancs au Canada et comment nous sommes arrivés à parler aujourd’hui d’une Province des Amériques et de quatre Secteurs. Voici quelques éléments de réponse :

1875 : à cette époque, Mgr Lavigerie (notre Fondateur) envoie des Pères Blancs au Québec pour parler du projet missionnaire africain et pour sensibiliser les gens aux besoins de sa nouvelle fondation.

1886 : le 12 août 1886, John Forbes, né à l’Île Perrot (Montréal), quitte le Canada pour Alger afin de commencer sa formation missionnaire chez les Pères Blancs. Il a 22 ans. Le 25 septembre 1888, il prononce son serment missionnaire. Il est ordonné prêtre le 6 octobre 1888.

1900-1901 : premier Père Blanc canadien, le Père Forbes est envoyé par la Société au Canada. En mars 1901, Mgr Bégin, archevêque de Québec, lui donne l’autorisation d’ouvrir une maison. Elle sera la première maison de formation des futurs Pères Blancs canadiens. Le Père John Forbes quittera le Canada pour l’Afrique en 1914. D’autres maisons seront ouvertes à Québec, Montréal, Sherbrooke, St-Boniface, Ottawa, Toronto, etc.

1929 : Mgr Joseph Shrembs, évêque du diocèse de Cleveland (Ohio-USA), ami de Mgr Forbes, accepte de recevoir les Pères Blancs dans son diocèse.

1943 : le Canada devient officiellement la Province de la Société des Missionnaires d’Afrique en Amérique.

1948 : la Province des États-Unis est créée. Jusqu’en 1997, se succéderont sept provinciaux.

1984 : la Société des Missionnaires d’Afrique s’implante au Mexique et au Brésil. Ces nouvelles fondations dépendent directement du Conseil général à Rome.

1997 : les effectifs diminuant, les Missionnaires d’Afrique décident d’unifier le Canada et les États-Unis en une seule Province. Le 1er juillet 1997, la Province du Canada et celle des États-Unis deviennent une seule entité appelée la Province de l’Amérique du Nord.

2006 : le 1er juillet, le Mexique est officiellement rattaché à la Province de l’Amérique du Nord.

2008 : Pour plus d’efficacité, le Conseil général décide d’intégrer les fondations du Mexique et du Brésil au Canada et aux États-Unis en créant une nouvelle entité appelée la Province des Amériques. Elle comprend alors 3 secteurs : le Canada, les États-Unis et le Mexique-Brésil.

2012 : le Brésil, est détaché du Mexique et devient le 4e secteur. Chez les Missionnaires d’Afrique les structures ne sont pas un absolu. Elles sont toujours au service de la mission et du bien-être des membres. Elles sont donc appelées à s’ajuster aux réalités du moment. Que nous réserve l’avenir ?

L’Équipe responsable de la « Lettre aux Amis », Jacques Poirier, Marc Beaudry et Serge St-Arneault

Article tirée du site internet des Missionnaires d’Afrique en Amérique

Translation into English: A get closer of hearts lived for 150 years

Un colloque sur les migrants et les réfugiés

10 Colloque Immigrants et réfugiés mai 2018

Par Serge St-Arneault, M.Afr

J’ai eu l’opportunité de participer à un colloque organisé par l’Archidiocese de Montréal du 14 au 16 mai dernier. Ce colloque a été rendu possible en collaboration avec le Grand Séminaire de Montréal sur les enjeux sociaux et ecclésiologiques de l’accueil des migrants et réfugiés dont le thème était : « Plus de ponts moins de Murs ».

Le discours qui se propage autour de nous est souvent celui-ci : accueillons les migrants tant qu’ils sont utiles et productifs. Cela laisse sous-entendre qu’ils seront expulsés ou rejetés après usage comme à la manière d’un objet qui a perdu son utilité ou sa valeur.

Pourtant, nous bénéficions largement par l’accueil des migrants et des réfugiés bien au-delà des craintes alimentées par certains courants idéologiques et par certains politiciens. Cette peur est régulièrement associée à notre perte ou appauvrissement identitaire. Cela est particulièrement le cas ici au Québec.

Or, le Pape François milite pour la « globalisation des solidarités » en prenant comme principe qu’il n’y a pas d’amour sincère sans une part de sacrifice. L’esprit chrétien incite à offrir un espace d’accueil aux peuples étrangers et à leurs expressions culturelles. C’est cette attitude qui permet une croissance bénéfique de sa propre identité appelée à se transformer, à mûrir, à s’épanouir.

En effet, aucune identité culturelle n’est statique. Chaque identité, personnelle et collective, s’enrichit par l’accueil de l’autre. Étrangement, c’est la société d’accueil qui s’enrichit le plus.

La question que nous devrions nous poser est celle-ci : comment puis-je faciliter l’accueil de l’étranger? Agir ainsi, c’est un peu comme court-circuiter le langage alarmiste et négatif d’une fictive invasion migratoire. La préoccupation du croyant devrait être celle du bien commun pour tous où le « vivre ensemble » inclut tout le monde.

Cela nécessité le courage de réviser nos modèles économiques pour favoriser l’intégration des immigrants et réfugiés. Ce problème est avant tout mental et spirituel. Les croyants doivent se rappeler sans cesse que tout être humain, de quelque horizon culturel il provient, est un enfant de Dieu.

L’enjeu migratoire est une question difficile. La Bible en relate de nombreux exemples. Jésus lui-même a dû réajuster son identité juive dans ses nombreuses rencontres avec les non-juifs. L’épisode de la Sino-Phénicienne (Jn, 4, 1-42) montre finalement que Jésus a consenti à changer son regard vers cette femme et envers les Samaritains. Il a fait preuve d’universalité.

L’avenir de nos communautés chrétiennes au Québec, et dans une certaine mesure pour l’ensemble des Québécois que l’on nomme « de souche », réside dans leur capacité à élargir l’espace d’accueil pour favoriser l’éclosion de « communautés en mouvement ». Là est la vie. Là se trouvent des lieux d’espérance. Il n’y a plus alors de place pour une pensée sclérosée, repliée par la peur, paralysée par les discours trompeurs des alarmistes de tout genre. Pratiquer l’hospitalité est fondamentalement un signe sacramentel. Cela veut dire que le Christ se dévoile dans le visage de l’étranger accueilli.

QUESTIONS :

  1. Comment pourrions-nous mieux respecter la dignité humaine sous toutes ses formes, incluant l’immigrant et le réfugié.
  2. Comment devrions-nous promouvoir le bien commun pour les gens d’ici et ceux qui viennent d’ailleurs?
  3. Comment militer pour une meilleure répartition des richesses planétaires pour permettre à tous de vivre décemment là où ils habitent?
  4. Pouvons-nous ici et ailleurs militer en faveur de l’option préférentielle pour et avec les pauvres?
  5. Comment soutenir les principes démocratiques de toutes les sociétés en soutenant une action citoyenne engagée?
  6. Comment enraciner la solidarité au plan moral où « tous deviennent responsables de tous » dans la lutte pour la justice sociale qui inclut la dénonciation des abus des personnes en autorité et la lutte contre la traite humaine.

La réponse à toutes ces questions émerge d’un seul principe : la rencontre respectueuse, l’accueil juste et sincère de l’autre, particulièrement de l’étranger et du réfugié.

Extrait du site internet de l’Archidiocèse de Montréal :

Grâce à la présence du Père Fabio Baggio, sous-secrétaire de la Section « Migrants et Réfugiés » du Dicastère pour le Service de développement humain intégral, de nombreux prêtres et participants ont eu la possibilité de réfléchir sur les 4 verbes que le pape François nous propose face aux défis complexes que représentent les flux migratoires contemporains pour les autorités politiques, la société civile et l’Église, qui exigent que l’on réponde de façon encore plus urgente et de manière coordonnée et efficace.

Ces verbes sont :

ACCUEILLIR : 

Signifie avant tout offrir aux migrants et aux réfugiés un accès sécuritaire et légal dans les pays d’accueil. Un changement d’attitude est urgent, pour surmonter l’indifférence et préférer aux craintes une attitude généreuse d’accueil envers ceux qui frappent à nos portes.

PROTÉGER : 

Désigne une série d’actions pour la défense des droits et de la dignité des migrants ainsi que des réfugiés, indépendamment de leur statut migratoire. Protéger ces frères et sœurs est un impératif moral à traduire en adoptant des instruments juridiques, internationaux et nationaux, clairs et pertinents.

PROMOUVOIR : 

Veut dire la mise en place d’un environnement où les migrants, les réfugiés ainsi que les communautés d’accueil peuvent s’épanouir selon toutes les dimensions composant l’humanité voulue par le Créateur. La promotion humaine des migrants et de leurs familles commence par les communautés d’origine, là où doit être garanti, avec le droit de pouvoir émigrer, également le droit de ne pas devoir émigrer, c’est-à-dire le droit de trouver dans sa patrie des conditions qui permettent une réalisation digne de l’existence.

INTÉGRER : 

Corresponds à l’occasion d’enrichissement interculturel présenté par les migrants et les réfugiés. L’intégration n’est pas l’assimilation qui conduit à supprimer ou à oublier sa propre identité culturelle. Le contact avec l’autre doit au contraire viser à en découvrir le «secret», à s’ouvrir à lui pour en accueillir les aspects valables et contribuer ainsi à une plus grande connaissance de chacun.

La migration est un phénomène pas un problème. Nous ne pouvons pas ignorer les défis, mais nous pouvons reconnaître les opportunités. Les migrants et les réfugiés nous aident à renouveler notre mission et la mission de nos communautés !

See the translation of this article here: Symposium about migrants and refugees.

Autres liens sur les images du grand séminaire de Montréal:

Les Vestiges de l’un des bastions de l’ancien fort de la Montagne.

La chapelle

Reportage télévision de Radio-Canada – Violences politiques au Congo.

Par Julien Cormier, M.Afr

Nous avons des confrères M.Afr à Kinshasa, au Katanga, au Kivu. Et à Montréal, au début de reportage on entrevoit notre confrère Serge St-Arneault, parmi les prêtres à la Mission Notre-Dame d’Afrique (25 mars 2018). Où est la place de l’Église congolaise quand le puissant massacre les petits? Quand les forces de l’état tirent sur la foule après la messe du dimanche? Quand les enfants meurent en travaillant à mains nues dans les mines de cobalt et de coltan (nécessaires pour nos appareils électroniques, iPhone, iPad, iPod, pour nos futures voitures électriques)? Et que font les gouvernements du Canada et du Québec pour soutenir le retour à la bonne gouvernance, le départ des dictateurs, l’exploitation légale des richesses naturelles en toute équité au profit du peuple congolais (infrastructures, santé, éducation) et non pas de la famille présidentielle ou de celles des ministres vendus aux intérêts des pays étrangers?

Crise Congo N-D Afrique MTL

Voir le lien suivant sur le compte Twitter de Céline Galipeau en date du 1er mai 2018 : Les violences politiques reprennent de plus belle en République démocratique du Congo. Les détails avec @SRCLanglois au #tj22h

La « Marche pour nos vies » de Montréal – samedi 24 mars 2018.

Témoignage de Serge St-Arneault.

J’étais un peu perdu en sortant du métro Atwater. Cette sortie mène à un vaste centre d’achat souterrain. Je finis par trouver la sortie qui mène au Square Cabot. Il y a déjà une foule autour du monument de Jean Cabot, navigateur et explorateur vénitien au service de l’Angleterre en 1497. Ce n’est pas étonnant. Après tout, le square est situé du côté ouest de la ville de Montréal.

Marche pour nos vies MTL 04

Les messages transmis sur des pancartes sont surtout rédigés en anglais. L’un d’eux est retentissant : « Depuis les cinq dernières années, le nombre de décès par armes à feu (aux États-Unis) est de 156,993 alors que celui des jeunes qui croquent par défi des capsules de détergent Tide est de 8, dû à l’empoisonnement. Le défi Tide (Tide Pods) est interdit, mais ce n’est pas le cas de la prolifération d’armes d’assaut. »

Les organisateurs de la marche, Phil Lord et Sophie Rose Saidmehr ont pris la parole en évoquant la grande solidarité qui mobilise plus de 800 rassemblements semblables un peu partout dans le monde. Un étudiant de l’école secondaire de Parkland, en Floride, a évoqué le drame qu’il a vécu. De même qu’une mère de famille.

Plus près de nous, plusieurs étudiants de la Polytechnique de Montréal ont voulu témoigner de leur soutien indéfectible qui se transmet d’une génération d’étudiants à l’autre depuis la tragédie du 6 décembre 1989. Le message est le même partout : « Protégeons nos enfants. Pas les armes à feu. »

Pour moi, l’entrevue qu’Heidi Rathjen a accordée à l’Associated Press est d’une clarté limpide. Elle a rappelé que son combat se poursuit puisque les armes d’assaut demeureront légales au Canada malgré le projet de loi C-71 déposé le mardi 20 mars 2018 à la Chambre des communes.

Marche pour nos vies MTL 10«La plupart des tueurs de masse qu’on connaît — à Concordia, à Dawson, à Moncton, la soirée des élections, à la mosquée — étaient des propriétaires légaux d’armes restreintes. Ce n’est pas parce qu’elles sont restreintes qu’elles sont plus difficiles à obtenir. Elles devraient être prohibées».

Beaucoup d’Américains ont encore l’impression que les lois canadiennes sont plus efficaces qu’aux États-Unis. On oublie trop souvent que nous avions au Canada un registre d’armes qui, malgré ses lacunes, distinguait notre pays des autres pour son haut niveau de sécurité en faveur des citoyens. Cela a été détruit par le gouvernement Harpeur en 2012. L’annonce du prochain projet de loi C-71 réintroduit des mesures sans pour cela interdire les armes d’assaut ‘non restreinte’ tel que le Kel-Tec RDB.

Marche pour nos vies MTL 18Finalement, j’ai rattrapé en courant la foule de 700 personnes qui s’était mise en marche en empruntant les rues Sainte-Catherine, Saint-Mathieu et le boulevard René-Lévesque jusqu’à la rue St-Alexandre où se trouve le Consulat général des États-Unis, tout juste derrière l’église du Gesu.

Nous entrerons demain dans la Semaine sainte avec la messe des Rameaux qui commémore la passion de Jésus. Soudainement, je vois une similarité avec la « Marche pour nos vies ». En effet, la passion de Jésus a aussi été une marche jusqu’au calvaire. Celle-ci n’est-elle pas aujourd’hui nos propres douloureuses marches vers l’exigence de lois qui protègent les enfants de tueries effroyables dans les écoles? Avec un peu plus d’imagination, on pourrait même associer les clous qui ont transpercé la chair de Jésus aux balles tirées par des armes à feu qui causent d’effroyables blessures et pertes de vie.

Pour nous, croyants, la croix de Jésus est un étendard et une source d’espérance, car, par elle, au-delà de la mort, pointe une promesse de vie éternelle. Celle-ci sera possible dans la mesure où dès maintenant nous décidions de marcher, c’est-à-dire de nous engager, pour un monde meilleur exempt d’armes d’assaut légalement en vente ici au Canada pour quiconque a les moyens financiers d’en acheter.

Liens : Journal Métro, 24 mars 2018 : Une «March for Our Lives» montréalaise.

Également sur Huffingtonpost.ca

Conférence de Gilles Barrette sur l’Islam

Gilles Barrette PNG

Par Serge St-Arneault, M.Afr

Une cinquantaine de personnes, incluant catéchistes, religieuses et prêtres, se sont réunies au Sanctuaire Marie-Reine-des-Cœurs à Montréal pour participer à un échange-conférence sur l’islam organisé par l’Office d’Éducation à la foi du diocèse de Montréal. L’animateur d’origine laotienne, Lamphone Phonevilay, du Service au Catéchuménat, a introduit Evelyn Candia, d’origine chilienne et musicienne liturgique, pour un moment de prière avant de donner la parole à Gilles Barrette, M.Afr.

Les cinq heures d’échange-conférence ont permis de réitérer la conviction chrétienne que toute personne, quelle que soit sa religion,  est un tremplin pour tout chrétien pour atteindre Dieu. L’essentiel est l’ouverture à l’autre à la manière de Jésus pour nous approcher de l’Autre.

Le père Barrette a par la suite présenté quelques jalons de base de l’Islam. Puis, après un bon repas, un autre échange a eu lieu sur les approches pastorales essentielles pour favoriser le dialogue; tout ce qui fait partie de notre commune humanité est une bonne base pour un dialogue fécond.

BandeFM logo

La prochaine conférence du père Barrette aura lieu à 19h le 16 mai 2018 à la rencontre du mercredi de La Bande FM, l’École Foi et Mission, situé au 4240 rue Drolet à Montréal. Ce groupe s’adresse aux jeunes adultes entre 18 et 35 ans.

Sanctuaire

Conférence des Archevêques Marcel Utembi et Fridolin Ambongo et de l’abbé Tshole.

Par Serge St-Arneault, M.Afr

Le dimanche 18 mars, la paroisse Notre-Dame d’Afrique accueillait les Archevêques Marcel Utembi[1] et Fridolin Ambongo[2] ainsi que l’abbé Tshole[3] dans le cadre de leur campagne de sensibilisation sur la situation critique que traverse actuellement la République Démocratique du Congo (RDC).

La communauté chrétienne rassemblée en grand nombre a prié pour les chrétiens qui ont été tués à bout portant par les forces policières qui ont mâté violemment les marches pacifiques de protestation organisées par le Comité laïc de coordination (CLC) [4].

La conférence s’est tenue dans le sous-sol de l’église bondé pour l’occasion. Mgr Ambongo a récapitulé les principaux événements depuis l’accord de la St-Sylvestre[5] qui avait suscité beaucoup d’espoir et de confiance dans l’avenir. Malheureusement, l’application des arrangements particuliers pour la mise en œuvre des accords a été perturbée à la suite du décès d’Étienne Tshisekedi le 1er février 2017 en Belgique, mais surtout la mauvaise foi des politiciens peu soucieux des soucis du peuple.

Des pressions ont été déployées pour exiger un calendrier menant à des élections. C’est dans ce cadre que trois manifestations pacifiques [6] ont été organisées ou le peuple s’est tenu debout malgré la répression. Des églises ont été profanées, des prêtres ont été brutalisés pour avoir exigé l’application des accords de la St-Sylvestre. Dans ce contexte, le peuple a évolué. Il a acquis plus de maturité politique et il est devenu plus courageux en surmontant les peurs.

Conséquemment, la classe politique, dont la majorité présidentielle, a acquiescé à la tenue d’élection. Par contre, il est à craindre une manipulation avec l’introduction de « machine à voter »[7]. Osons espérer que les intérêts supérieurs de la nation prévaudront sur ceux des acteurs politiques.

[1] Président de la Conférence Épiscopale Congolaise

[2] Capucin – Vice Président de la Conférence Épiscopale Congolaise – l’actuel Coadjuteur de l’Archidiocèse de Kinshasa

[3] Secrétaire de la Conférence Épiscopale Congolaise

[4] Les manifestations pacifiques organisées par le Comité laïc de coordination (CLC), un collectif de laïcs de l’Église catholique de la RD-Congo, les 31 décembre 2017 et 21 janvier 2018, ont donné lieu à de nombreuses violations des droits de l’homme, selon un rapport publié samedi 10 mars.

[5] L’opposition et le pouvoir ont signé le 31 décembre au soir un compromis pour la gestion du pays. Trouvé sous l’égide de l’Église catholique, cet accord apporte un répit à la crise congolaise.

[6] En RDC, le Comité laïc de coordination, un collectif des laïcs catholiques  a appelé à des marches à Kinshasa et dans tout le pays ce dimanche 21 janvier pour exiger l’application de l’accord politique de la Saint-Sylvestre. Cette manifestation intervient  après celle du 31 décembre 2017 qui avait fait au moins cinq morts à Kinshasa, selon le bilan de l’ONU. Pour la marche de ce dimanche, la police avait déjà déployé un important dispositif la veille.

[7] Les autorités congolaises ont présenté leur « machine à voter », mercredi. Une nouveauté qui, avant même sa présentation, a provoqué de nombreuses polémiques. Les États-Unis ont notamment laissé entendre que le système pourrait fausser les résultats des élections prévues le 23 décembre 2018.

Au moins 60 000 machines doivent être déployées dans les bureaux de vote aux quatre coins du pays d’ici décembre 2018. La RDC affirme qu’elle finance seule ce processus électoral titanesque, sans l’aide de ses partenaires étrangers.

Voir aussi le lien suivant: La Conférence Épiscopale Nationale de la R. D. Congo à Montréal

Entrevues de Serge sur les ondes de Radio VM, mars 2018.

En l’espace de deux semaines, j’ai participé à deux émissions de radio sur les ondes de Radio VM. La première était animée par Mario Bard et intitulée ‘Vues d’Ailleurs’.  Mario est très sympathique. Voici ce qui est dit à son sujet sur le site internet de Radio VM; Après une formation en théâtre qui l’a ouvert à la culture, à la recherche, à la communication et à l’être humain, Mario Bard a laissé son intérêt envers la théologie et la religion le mener vers ses premières animations radiophoniques, à Radio VM en 1998. Il y a été journaliste-animateur pendant trois ans, avant de devenir responsable des communications à l’Aide à l’Église en détresse, où il est toujours pigiste, et d’assurer l’animation culturelle et pastorale au Relais Mont-Royal.

L’objectif de cette émission radio est d’informer les auditeurs sur la situation difficile des chrétiens d’ailleurs et donne l’occasion d’écouter des témoignages poignants. En partenariat avec l’Aide à l’Église en Détresse, Mario Bard donne une voix aux sans-voix du monde entier, et prend la parole pour nous sensibiliser et nous interpeller. Mario anime aussi une autre émission intitulée ‘Questions d’Aujourd’hui’.

Cliquer sur le lien audio suivant pour écouter l’émission.

La deuxième émission était animée par Jean-Philippe Trottier et intitulée ‘En Dialogue’. J’ai aussi eu beaucoup de plaisir à répondre à ses questions qui portaient sur mon expérience en Afrique, mon engagement comme directeur du Centre Afrika et le christianisme africain. Voici ce qui est dit de lui sur le site internet de Radio VM; Jean-Philippe Trottier a étudié la musique à McGill et au Conservatoire de Montréal ainsi que la philosophie à La Sorbonne (Paris IV). Journaliste et essayiste polyglotte, il a écrit trois ouvrages : Le Grand Mensonge du féminisme (Michel-Brûlé, 2007), Lettres au fils (Liber, 2012) et La Profondeur divine de l’existence (Médiaspaul, préface de Charles Taylor, 2014). Il a aussi écrit notamment pour Liberté, L’Agora et Philo & Cie. Ses séjours à l’étranger l’ont familiarisé avec les particularismes culturels et la nécessité de donner un sens aux choses et aux événements.

Son émission, ‘En Dialogue’, est vouée aux questions œcuméniques et interreligieuses qui interrogent également l’athéisme purificateur et l’art en tant que manifestation d’un Beau qui transcende les clivages doctrinaux. À une époque où les différences religieuses se manifestent de plus en plus, les passerelles sont de plus en plus nécessaires. Jean-Philippe anime aussi une autre émission de grande écoute intitulée ‘Questions d’actualité’.

Cliquer sur le lien audio suivant pour écouter l’émission.

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Vues d’ailleurs : votre regard sur l’Église du monde!

Mercredi 14 mars 2018 dès 19 h, le père Serge Saint-Arneault, Père blanc d’Afrique, communauté qui célèbre ses 150 ans cette année! (https://mafr.net/)

Missionnaire pendant de nombreuses années au Malawi, en Zambie et en République Démocratique du Congo, il nous parle de l’importance de la présence du missionnaire.

Une présence qui ne peut être qu’amoureuse et accompagnatrice d’un peuple. Il est aujourd’hui directeur du Centre Afrika de Montréal.

Rendez-vous dès 19 h, mercredi le 14 mars, à Radio VM (www.radiovm.com) et en rediffusion le vendredi à 16 h,
le dimanche à 22 h, et le mercredi suivant à 13 h 30.
Vues d’ailleurs : parce que l’Église habite et sert dans le monde entier!

Lienhttps://acn-canada.org/fr/radio-vues-dailleurs-mercredi-14-mars-2018/

Jalons historiques du peuple québécois depuis la Nouvelle-France jusqu’à nos jours.

Les nouveaux arrivants ont parfois de la difficulté à comprendre la culture québécoise; mœurs, valeurs, traditions, références religieuses, modernité, etc. Ce n’est pas facile de s’y retrouver sans une connaissance générale de l’histoire qui façonne « les gens de ce pays ».

Le Centre Afrika vous convie à une présentation des principaux jalons historiques du Québec afin de vous permettre de saisir un peu mieux l’identité de ce peuple qui traverse une période d’incertitude identitaire. Quelle contribution « les nouveaux arrivants » sauront apporter à leur société d’accueil?

Conférencier : Serge St-Arneault, M.Afr. Directeur du Centre Afrika.

Vendredi 23 février 2018 de 11h00 à 15h00 au Centre Afrika, 1644, rue Saint-Hubert, Montréal (Métro Berri-UQAM).

Activité gratuite, dégustation sur place. Pour inscription : contacter les intervenants au Centre Afrika, 514 843-4019 poste 221 ou intervention@centreafrika.com

Cette activité est réalisée grâce à la contribution de nos partenaires que sont la ville de Montréal et le ministère de l’Immigration, Diversité et Inclusion du gouvernement du Québec dans le cadre du projet : Accompagnement des personnes issues de l’immigration pour une intégration durable.

Entrevue sur les ondes de Radio VM avec le père Gilles Barrette, réalisé par Jean-Philippe Trottier à l’émission ‘Questions d’Actualité’.

gilles_barette PNGRésumé du message du père Gilles Barrette :

Ce sont les évêques d’Algérie qui ont publié un communiqué commun. J’ai plus d’une fois mentionné la solidarité entre les béatifiés catholiques et les nombreux musulmans qui ont été tués parce qu’ils étaient fidèles à leur conscience.

Au-delà des martyrs catholiques, leur béatification béatifie le martyre des hommes et femmes, catholiques, musulmans, qui, en solidarité, ont vécu ensemble la même tragédie humaine et sociopolitique, en fidélité à leur conscience. C’est un des aspects inattendus du dialogue islamo-chrétien. C’est non plus quelques personnes catholiques qui sont béatifiées, mais une attitude de conscience, très proche de ce que propose l’évangile: pour la justice, pour la vérité, pour la défense de la personne humaine et de sa dignité. D’où le terme que j’ai employé : solidarité dans la fidélité à la conscience personnelle. Tel était aussi le sens de la présence en terre algérienne de ces catholiques aujourd’hui béatifiés. Non pas convertir, mais aider les gens à se tourner, corps et âme, vers Dieu, de toute leur conscience, de tout leur cœur. Gilles

Quelques extraits de l’entrevue :

«Certes, les 19 religieux chrétiens martyrs sont une toute petite fraction par rapport aux 200,000 musulmans qui ont perdu leur vie lors de la guerre civile qui a secoué l’Algérie il y a une vingtaine d’années. Par contre, leur béatification est en accord avec leur conscience personnelle tout autant que celle de leurs 200,000 frères et sœurs musulmans qui ont été martyrisés en fidélité avec leur conscience personnelle pour la justice, pour la vérité. »

 « Les béatifiés catholiques d’Algérie sont semblables à une lumière qui éclaire les peuples au milieu desquels ils ont vécu. (…)  La lettre des Évêques est un constat des l’évolution des relations entre les musulmans et les catholiques. (…) Les Évêques n’ont pas voulu isoler les 19 martyrs du peuple martyr au milieu duquel ils ont vécu. »

« Nous assistons à un dialogue interreligieux dans le sang versé en faisant et continuant de faire UN sous le regard de Dieu. »

« On ne convertit pas, on témoigne! On est présent, sensible. Il s’agit d’une présence d’amitié et de compassion, une sorte d’entré en matière humaine, d’homme à homme, d’homme à femme, de femme à femme sur le plan de l’humanité. »

« Tous les efforts qui se poursuivent actuellement dans le dialogue interreligieux mettent en évidence, de la part du christianisme catholique, la rencontre que Jésus a faite avec ses contemporains. Être à l’image de Jésus c’est être attentif par compassion, sans condescendance, aux situations dans lesquelles les gens vivent. »

Réalisée le 12 février 2018. Durée de 18 minutes 25 secondes.

Écoutez cet entretien en cliquant sur cet audio:

Communiqué des évêques;
cliquer ICI pour ouvrir le document.

Écoutez Radio VM en direct en cliquant sur le logo suivant:

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