Une cinquantaine de personnes, incluant catéchistes, religieuses et prêtres, se sont réunies au Sanctuaire Marie-Reine-des-Cœurs à Montréal pour participer à un échange-conférence sur l’islam organisé par l’Office d’Éducation à la foi du diocèse de Montréal. L’animateur d’origine laotienne, Lamphone Phonevilay, du Service au Catéchuménat, a introduit Evelyn Candia, d’origine chilienne et musicienne liturgique, pour un moment de prière avant de donner la parole à Gilles Barrette, M.Afr.
Les cinq heures d’échange-conférence ont permis de réitérer la conviction chrétienne que toute personne, quelle que soit sa religion, est un tremplin pour tout chrétien pour atteindre Dieu. L’essentiel est l’ouverture à l’autre à la manière de Jésus pour nous approcher de l’Autre.
Le père Barrette a par la suite présenté quelques jalons de base de l’Islam. Puis, après un bon repas, un autre échange a eu lieu sur les approches pastorales essentielles pour favoriser le dialogue; tout ce qui fait partie de notre commune humanité est une bonne base pour un dialogue fécond.
La prochaine conférence du père Barrette aura lieu à 19h le 16 mai 2018 à la rencontre du mercredi de La Bande FM, l’École Foi et Mission, situé au 4240 rue Drolet à Montréal. Ce groupe s’adresse aux jeunes adultes entre 18 et 35 ans.
Le dimanche 18 mars, la paroisse Notre-Dame d’Afrique accueillait les Archevêques Marcel Utembi[1] et Fridolin Ambongo[2] ainsi que l’abbé Tshole[3] dans le cadre de leur campagne de sensibilisation sur la situation critique que traverse actuellement la République Démocratique du Congo (RDC).
La communauté chrétienne rassemblée en grand nombre a prié pour les chrétiens qui ont été tués à bout portant par les forces policières qui ont mâté violemment les marches pacifiques de protestation organisées par le Comité laïc de coordination (CLC)[4].
La conférence s’est tenue dans le sous-sol de l’église bondé pour l’occasion. Mgr Ambongo a récapitulé les principaux événements depuis l’accord de la St-Sylvestre[5] qui avait suscité beaucoup d’espoir et de confiance dans l’avenir. Malheureusement, l’application des arrangements particuliers pour la mise en œuvre des accords a été perturbée à la suite du décès d’Étienne Tshisekedi le 1er février 2017 en Belgique, mais surtout la mauvaise foi des politiciens peu soucieux des soucis du peuple.
Des pressions ont été déployées pour exiger un calendrier menant à des élections. C’est dans ce cadre que trois manifestations pacifiques [6] ont été organisées ou le peuple s’est tenu debout malgré la répression. Des églises ont été profanées, des prêtres ont été brutalisés pour avoir exigé l’application des accords de la St-Sylvestre. Dans ce contexte, le peuple a évolué. Il a acquis plus de maturité politique et il est devenu plus courageux en surmontant les peurs.
Conséquemment, la classe politique, dont la majorité présidentielle, a acquiescé à la tenue d’élection. Par contre, il est à craindre une manipulation avec l’introduction de « machine à voter »[7]. Osons espérer que les intérêts supérieurs de la nation prévaudront sur ceux des acteurs politiques.
[1] Président de la Conférence Épiscopale Congolaise
[2] Capucin – Vice Président de la Conférence Épiscopale Congolaise – l’actuel Coadjuteur de l’Archidiocèse de Kinshasa
[3] Secrétaire de la Conférence Épiscopale Congolaise
[4] Les manifestations pacifiques organisées par le Comité laïc de coordination (CLC), un collectif de laïcs de l’Église catholique de la RD-Congo, les 31 décembre 2017 et 21 janvier 2018, ont donné lieu à de nombreuses violations des droits de l’homme, selon un rapport publié samedi 10 mars.
[5] L’opposition et le pouvoir ont signé le 31 décembre au soir un compromis pour la gestion du pays. Trouvé sous l’égide de l’Église catholique, cet accord apporte un répit à la crise congolaise.
[6] En RDC, le Comité laïc de coordination, un collectif des laïcs catholiques a appelé à des marches à Kinshasa et dans tout le pays ce dimanche 21 janvier pour exiger l’application de l’accord politique de la Saint-Sylvestre. Cette manifestation intervient après celle du 31 décembre 2017 qui avait fait au moins cinq morts à Kinshasa, selon le bilan de l’ONU. Pour la marche de ce dimanche, la police avait déjà déployé un important dispositif la veille.
[7] Les autorités congolaises ont présenté leur « machine à voter », mercredi. Une nouveauté qui, avant même sa présentation, a provoqué de nombreuses polémiques. Les États-Unis ont notamment laissé entendre que le système pourrait fausser les résultats des élections prévues le 23 décembre 2018.
Au moins 60 000 machines doivent être déployées dans les bureaux de vote aux quatre coins du pays d’ici décembre 2018. La RDC affirme qu’elle finance seule ce processus électoral titanesque, sans l’aide de ses partenaires étrangers.
En l’espace de deux semaines, j’ai participé à deux émissions de radio sur les ondes de Radio VM. La première était animée par Mario Bard et intitulée ‘Vues d’Ailleurs’. Mario est très sympathique. Voici ce qui est dit à son sujet sur le site internet de Radio VM; Après une formation en théâtre qui l’a ouvert à la culture, à la recherche, à la communication et à l’être humain, Mario Bard a laissé son intérêt envers la théologie et la religion le mener vers ses premières animations radiophoniques, à Radio VM en 1998. Il y a été journaliste-animateur pendant trois ans, avant de devenir responsable des communications à l’Aide à l’Église en détresse, où il est toujours pigiste, et d’assurer l’animation culturelle et pastorale au Relais Mont-Royal.
L’objectif de cette émission radio est d’informer les auditeurs sur la situation difficile des chrétiens d’ailleurs et donne l’occasion d’écouter des témoignages poignants. En partenariat avec l’Aide à l’Église en Détresse, Mario Bard donne une voix aux sans-voix du monde entier, et prend la parole pour nous sensibiliser et nous interpeller. Mario anime aussi une autre émission intitulée ‘Questions d’Aujourd’hui’.
Cliquer sur le lien audio suivant pour écouter l’émission.
La deuxième émission était animée par Jean-Philippe Trottier et intitulée ‘En Dialogue’. J’ai aussi eu beaucoup de plaisir à répondre à ses questions qui portaient sur mon expérience en Afrique, mon engagement comme directeur du Centre Afrika et le christianisme africain. Voici ce qui est dit de lui sur le site internet de Radio VM; Jean-Philippe Trottier a étudié la musique à McGill et au Conservatoire de Montréal ainsi que la philosophie à La Sorbonne (Paris IV). Journaliste et essayiste polyglotte, il a écrit trois ouvrages : Le Grand Mensonge du féminisme (Michel-Brûlé, 2007), Lettres au fils (Liber, 2012) et La Profondeur divine de l’existence (Médiaspaul, préface de Charles Taylor, 2014). Il a aussi écrit notamment pour Liberté, L’Agora et Philo & Cie. Ses séjours à l’étranger l’ont familiarisé avec les particularismes culturels et la nécessité de donner un sens aux choses et aux événements.
Son émission, ‘En Dialogue’, est vouée aux questions œcuméniques et interreligieuses qui interrogent également l’athéisme purificateur et l’art en tant que manifestation d’un Beau qui transcende les clivages doctrinaux. À une époque où les différences religieuses se manifestent de plus en plus, les passerelles sont de plus en plus nécessaires. Jean-Philippe anime aussi une autre émission de grande écoute intitulée ‘Questions d’actualité’.
Cliquer sur le lien audio suivant pour écouter l’émission.
Mercredi 14 mars 2018 dès 19 h, le père Serge Saint-Arneault, Père blanc d’Afrique, communauté qui célèbre ses 150 ans cette année! (https://mafr.net/)
Missionnaire pendant de nombreuses années au Malawi, en Zambie et en République Démocratique du Congo, il nous parle de l’importance de la présence du missionnaire.
Une présence qui ne peut être qu’amoureuse et accompagnatrice d’un peuple. Il est aujourd’hui directeur du Centre Afrika de Montréal.
Rendez-vous dès 19 h, mercredi le 14 mars, à Radio VM (www.radiovm.com) et en rediffusion le vendredi à 16 h, le dimanche à 22 h, et le mercredi suivant à 13 h 30. Vues d’ailleurs : parce que l’Église habite et sert dans le monde entier!
Les nouveaux arrivants ont parfois de la difficulté à comprendre la culture québécoise; mœurs, valeurs, traditions, références religieuses, modernité, etc. Ce n’est pas facile de s’y retrouver sans une connaissance générale de l’histoire qui façonne « les gens de ce pays ».
Le Centre Afrika vous convie à une présentation des principaux jalons historiques du Québec afin de vous permettre de saisir un peu mieux l’identité de ce peuple qui traverse une période d’incertitude identitaire. Quelle contribution « les nouveaux arrivants » sauront apporter à leur société d’accueil?
Conférencier : Serge St-Arneault, M.Afr. Directeur du Centre Afrika.
Vendredi 23 février 2018 de 11h00 à 15h00 au Centre Afrika, 1644, rue Saint-Hubert, Montréal (Métro Berri-UQAM).
Activité gratuite, dégustation sur place. Pour inscription : contacter les intervenants au Centre Afrika, 514 843-4019 poste 221 ou intervention@centreafrika.com
Cette activité est réalisée grâce à la contribution de nos partenaires que sont la ville de Montréal et le ministère de l’Immigration, Diversité et Inclusion du gouvernement du Québec dans le cadre du projet : Accompagnement des personnes issues de l’immigration pour une intégration durable.
Ce sont les évêques d’Algérie qui ont publié un communiqué commun. J’ai plus d’une fois mentionné la solidarité entre les béatifiés catholiques et les nombreux musulmans qui ont été tués parce qu’ils étaient fidèles à leur conscience.
Au-delà des martyrs catholiques, leur béatification béatifie le martyre des hommes et femmes, catholiques, musulmans, qui, en solidarité, ont vécu ensemble la même tragédie humaine et sociopolitique, en fidélité à leur conscience. C’est un des aspects inattendus du dialogue islamo-chrétien. C’est non plus quelques personnes catholiques qui sont béatifiées, mais une attitude de conscience, très proche de ce que propose l’évangile: pour la justice, pour la vérité, pour la défense de la personne humaine et de sa dignité. D’où le terme que j’ai employé : solidarité dans la fidélité à la conscience personnelle. Tel était aussi le sens de la présence en terre algérienne de ces catholiques aujourd’hui béatifiés. Non pas convertir, mais aider les gens à se tourner, corps et âme, vers Dieu, de toute leur conscience, de tout leur cœur. Gilles
Quelques extraits de l’entrevue :
«Certes, les 19 religieux chrétiens martyrs sont une toute petite fraction par rapport aux 200,000 musulmans qui ont perdu leur vie lors de la guerre civile qui a secoué l’Algérie il y a une vingtaine d’années. Par contre, leur béatification est en accord avec leur conscience personnelle tout autant que celle de leurs 200,000 frères et sœurs musulmans qui ont été martyrisés en fidélité avec leur conscience personnelle pour la justice, pour la vérité. »
« Les béatifiés catholiques d’Algérie sont semblables à une lumière qui éclaire les peuples au milieu desquels ils ont vécu. (…) La lettre des Évêques est un constat des l’évolution des relations entre les musulmans et les catholiques. (…) Les Évêques n’ont pas voulu isoler les 19 martyrs du peuple martyr au milieu duquel ils ont vécu. »
« Nous assistons à un dialogue interreligieux dans le sang versé en faisant et continuant de faire UN sous le regard de Dieu. »
« On ne convertit pas, on témoigne! On est présent, sensible. Il s’agit d’une présence d’amitié et de compassion, une sorte d’entré en matière humaine, d’homme à homme, d’homme à femme, de femme à femme sur le plan de l’humanité. »
« Tous les efforts qui se poursuivent actuellement dans le dialogue interreligieux mettent en évidence, de la part du christianisme catholique, la rencontre que Jésus a faite avec ses contemporains. Être à l’image de Jésus c’est être attentif par compassion, sans condescendance, aux situations dans lesquelles les gens vivent. »
Réalisée le 12 février 2018. Durée de 18 minutes 25 secondes.
J’ai eu la chance de participer au grand rassemblement de 800 jeunes universitaires catholiques du Canada à Ottawa. Ces jeunes provenaient de 15 universités canadiennes. Ils sont tous membres du Catholic Christian Outreach (CCO) qui a pour mission de proclamer l’Évangile de manière claire et simple sur les campus du Canada.
André et Angèle Regnier
CCO a été fondé par André et Angèle Regnier en 1988 à l’Université de la Saskatchewan. Des humbles débuts d’une poignée d’étudiants, le mouvement est maintenant au service de milliers d’étudiants dans tout le Canada. Celui-ci encourage les jeunes adultes à vivre pleinement leur foi catholique en mettant l’accent sur la formation de leaders pour le renouveau du monde. Des équipes de missionnaires composées d’une centaine de permanents dirigent l’apostolat dans les campus. Les étudiants sont invités à une conversion profonde, enracinée dans une relation personnelle avec Jésus Christ.
Débuté il y a maintenant 29 ans à l’université de Saskatchewan, le thème du congrès de cette année coïncidait avec le 150e anniversaire de la Confédération canadienne et s’est donc tenue à Ottawa sous un froid mordant quoique bien au chaud à l’intérieur de l’hôtel Westin.
J’ai joint mon confrère Armand Galay de Toronto. Armand est originaire des Philippines et a été missionnaire en Afrique du Nord et au Burundi. Plusieurs membres de sa famille ont immigré à Vancouver. Bref, nous avons dansé aux sons des chants de louange, participé aux échanges et profité de la qualité des témoignages de foi et des conférences. L’organisation et le sérieux des jeunes étaient exceptionnels. C’est tout de même remarquable que tant de jeunes femmes et hommes investissent les cinq derniers jours de l’année pour approfondir leur foi catholique avec tant d’enthousiasme.
Quelques temps forts ont façonné ce congrès. Entre autres, il y a eu le dévoilement de la relique de Saint François-Xavier. Cette relique est l’avant-bras du Saint enchâssé dans une boîte vitrée. En accord avec les évêques du Canada, celle-ci voyagera dans tout le pays dans les prochains mois sous la direction du CCO. Il y a eu aussi le message du Pape François à la jeunesse canadienne sur vidéo qui a annoncé la tenue d’un synode des évêques en 2018 sur le thème des jeunes, la foi et le discernement vocationnel. Finalement, située à quelques coins de rue de l’hôtel, la Basilique Notre-Dame d’Ottawa s’est remplie à pleine capacité incluant les balcons latéraux pour la messe du 31 décembre au soir.
Signe des temps, ce genre de rassemblement met en évidence l’appel missionnaire de chaque catholique. Il faut miser avant tout sur le témoignage de foi d’une jeunesse enflammée par la parole de Jésus. Or, l’Église Catholique a quelque chose à proposer aux jeunes qui sont à la recherche d’une appartenance communautaire au sein d’une diversité qui s’accroit à la mesure des courants migratoires qui semblent s’accélérer. Aussi, il n’est plus réservé aux seules Églises Protestantes évangéliques à insister sur la conversion personnelle à Jésus-Christ. C’est d’abord et avant tout grâce à cette expérience profondément spirituelle que toute mission débute. Elle permet alors de devenir audacieuse, surprenante et engageante. Ce qui prime maintenant, c’est de nous investir dans le renouveau de la mission des jeunes croyants issus de la tradition catholique.
Le tout s’est terminé avec les traditionnels feux d’artifice du Nouvel An sur la colline parlementaire qui nous avons admiré de la fenêtre de l’hôtel.
Par Serge St-Arneault, M.Afr, directeur du centre Afrika, Montréal.
J’ai eu le privilège de prendre part à une ordination sacerdotale de 14 nouveaux prêtres le 27 mai 2017. Parmi eux se trouvaient des jésuites, des capucins et des prêtres diocésains. Deux mille chrétiens s’étaient rassemblés dans la cathédrale de l’Enfant-Jésus à Lusaka. La liturgie fut remplie de vibrations joyeuses, en particulier lors de la présentation de ces ‘beaux hommes’ comme l’exprimait l’un des orateurs.
Cela s’est produit la veille de mon départ définitif de la Zambie. J’ai repris l’avion le mercredi suivant pour arriver à Montréal le jeudi vers midi bien loin de l’Afrique où j’y ai vécu 25 de mes 30 dernières années.
Je me suis rendu chez ma mère qui habite Trois-Rivières après quelques jours de repos à notre maison sur la rue Saint-Hubert. C’est là que j’assumerai mes prochaines responsabilités en tant que directeur du centre Afrika. Même en vacance, je tenais à revenir à Montréal pour assister à l’ordination d’un Camerounais qui est incardiné à l’archidiocèse de Montréal. Le père Claude Ngodji a été ordonné par l’Archevêque Christian Lépine à l’église de Notre-Dame d’Afrique.
Cette mission catholique célèbre sa quatrième année d’existence. Elle rassemble des Africains d’expression française originaire de toute l’Afrique, mais vivant aux quatre coins de l’île de Montréal. Les activités pastorales s’orientent autour de quatre axes : la communion fraternelle, la liturgie, l’éducation à la foi et la transformation du monde.
Je suis plein de reconnaissance de pouvoir prendre part à ces moments importants de la vie de l’Église. Je suis allé en Afrique en toute liberté à l’âge de 26 ans en 1981. Je suis libre aujourd’hui de revenir vers ma terre natale. Ma joie est de voir que l’Afrique n’est plus une réalité éloignée et inconnue. Elle est dorénavant implantée à Montréal avec sa foi vibrante et son espoir.