Archives pour la catégorie Lettres de Serge

La rentrée scolaire 2024 est effective à Institut Abaka de Gety en RDC

Par Adirodu Roger Androzo

Selon le calendrier scolaire officiel, confirmé par le professeur Tony Mwaba Kazadi, ministre national de l’Enseignement primaire, secondaire et technique (EPST), les élèves des écoles primaires et secondaires publiques et privées de la République démocratique du Congo (RDC) ont repris les cours depuis lundi dernier le lundi 8 janvier 2024 après les vacances des festivités de Noël et du Nouvel An.

Tout se déroule normalement à l’Institut Abaka quoique le préfet Bunga Mbovona Ryphin a regretté le fait que certains parents continuent toujours à se plaindre au sujet des fournitures scolaires qu’ils doivent se procurer pour leurs enfants tels que les uniformes.

« Un parent qui a le souci de ses enfants se donne la peine de se préparer, a-t-il fait savoir. »

Tout en reconnaissant que la conjoncture économique actuelle est difficile pour tous les parents, le préfet les invite quand même à maximiser leurs efforts afin d’envoyer leurs enfants à l’école. En effet, l’éducation est un droit pour chaque enfant.

Le préfet a ajouté qu’il ne suffit pas seulement d’envoyer les enfants à l’école. Il faut aussi veiller à ce qu’ils soient bien nourris, en bonne santé et protégés afin qu’ils puissent étudier dans de bonnes conditions et continuer leur cycle scolaire en s’épanouissant pleinement.

Pour une petite histoire

L’Institut Abaka à Gety se trouve dans le chef-lieu de la chefferie traditionnelle des Walendu-Bindi. Plus précisément, il se situe à Nzigo, l’une des localités érigées dans la partie ouest de Gety-État dans le groupement Bamuko, sur le territoire d’Irumu dans la province de l’Ituri vers le Nord-Est de la République Démocratique du Congo.

C’est une école conventionnée catholique qui se trouve sous la juridiction de la paroisse Sainte-Famille de Gety.

Cette école secondaire fut construite entre les années 1991 et 1996 grâce aux efforts de la population de Gety et le soutien financier des amis et connaissances du père Serge St-Arneault.

Actuellement, l’Institut Abaka compte quatre sections ; commercial et administration, biologie et chimie, social ainsi que mines et géologie. Les cours se donnent dans l’avant-midi seulement entre 7h30 et 12h45.

Plusieurs enseignants ont quitté l’institut entre 1999 et 2014 à cause de la guerre qui a ravagé cette région. Heureusement, d’autres enseignants ont courageusement persisté et permis à de nombreux étudiants de poursuivre leurs études.

Une chorale africaine qui se distingue à Trois-Rivières

Sophie Bernier et Sarah Désilets-Rousseau

De Le téléjournal Mauricie avec Sophie Bernier du lundi au jeudi et Sarah Désilets-Rousseau du vendredi au dimanche.

Le chœur Notre-Dame d’Afrique accompagne la messe une fois par mois à l’église Saint-Laurent, à Trois-Rivières, au grand plaisir des paroissiens et des membres de la chorale. Le reportage d’Alexandre Painchaud.

Je vous invite à visionner ce reportage en cliquant sur le lien suivant :

Une chorale africaine qui se distingue à Trois-Rivières

J’ai eu la chance d’assister à cette messe en compagnie de mon confrère Francis Bomansaan, originaire du Ghana, en visite au Canada. Il est retourné à Rome le 15 décembre. Il est le premier assistant du Supérieur Général des Missionnaires d’Afrique. Cette chorale a aussi animé la messe de Noël le soir du 25 décembre. La nombreuse assistance a régulièrement applaudi la chorale.

SOUFFLE COUPÉ

Voilà le genre d’état d’être dans lequel trop souvent
nous nous sommes retrouvé.e.s en 2023,
en pensant à ces nombreux conflits
qui ont eu lieu de par le monde.   
Puisse, 2024,
permettre à l’humanité de reprendre son souffle
et à chacun.e d’entre-nous d’apprendre, plus que jamais,
à nous tendre la main.

SOUFFLE COUPÉ
 Tableau de Gabriel Landry – Huile sur toile 20 x 24 po.

Une chaîne humanitaire s’impose!
Joyeux Temps des Fêtes
et
Bonne Année 2024  

Gabriel Landry, artiste peintre

Si vous désirez visiter ma galerie privée qui est située à Longueuil,
je me ferai un réel plaisir de vous y accueillir sur rendez-vous.

INFORMATION :

Tél. : 514 894-0440  
Courriel : glandry@gabriellandry.com

 INVITATION

à visiter ma galerie virtuelle et mon site Web au lien :
https://www.gabriellandry.com/galerie/

Quatorze élèves sont tuées par la foudre à la localité de Nyasinga en République Démocratique du Congo

Voici une triste nouvelle qui ne sera pas diffusée dans les médias puisqu’elle concerne une petite communauté vivant dans la région de Gety où j’ai vécu entre les années 1987 et 1996. Je connais bien cet endroit. Ayons une pensée et une prière pour ces familles endeuillées. Serge

Roger Adrirodu Androzo

Par Roger Adirodu Androzo

Quatorze élèves ont été tués à Nyasinga dans le groupement Bukiringi lors d’une pluie torrentielle qui s’est abattue le 12 décembre 2023 sur toute l’étendue de la chefferie des Walendu-Bindi. Cette localité est située à environ 80 km au sud de Bunia sur la route secondaire N⁰ 431.

L’incident s’est produit aux environs de 9 heures. Un phénomène jamais vécu dans cette localité depuis l’époque précolonial.

Sous le choc, la population se rassemblaient le long de la route principale pour assister aux cortèges funèbres. Même si la circulation a repris, les écoles du groupement de Bukiringi restent fermées.

Les familles des victimes se sont rassemblées dans l’église de la communauté protestante de la CECA 20 pour prier et rendre un dernier hommage aux victimes.

Au total, sept filles et sept garçons de l’école ont été foudroyés. Parmi les blessés, cinq garçons et deux filles ont reçu des soins à l’hôpital de Bukiringi et deux autres filles au centre de santé de Sorodo.

Liste partielles des enfants décédés.

Les filles : Zawadi Bora, 15 ans, Mairo Kandanyi, 12 ans. Les garçons : Zawadi Gaya, 12 ans, Mapendo Munganga, 8 ans, Byarufu, 12 ans.

Les enfants hospitalisés.

Les filles : Mawazo Matsosi, 12 ans, Faida Kizayi, 10 ans, Wayi Kabhuliyi, 12 ans. Les garçons : Mufariji Fidèle, 6 ans, Rehema Kagawa, 8 ans, Gufutsi Taga, 7 ans, Bangadjuna Ushindi, 12 ans.

Nous demandons vos prières et pour ces enfants et les familles endeuillées qui vivent ce drame en cette fin d’année 2023.

NOU P AS BLIYE ! HOMMAGE AUX VICTIMES DE LA POLYTECHNIQUE

J’ai eu la chance d’assister à une cérémonie commémorative à la Maison d’Haïti le 7 décembre en mémoire des 14 femmes qui ont péri lors de la tragédie de la Polytechnique le 6 décembre 1989. Cette cérémonie est devenue une coutume depuis quelques années.

Dans le cadre de la coordination jeunesse de la Maison d’Haïti, un collage numérique a été réalisé par ces jeunes dans le cadre d’un visuel intitulé Nou p as Bliye ! Hommage aux victimes de la Polytechnique. Un cérémonial a mis en parallèle les 14 femmes victimes du féminicide du 6 décembre ainsi que 14 femmes de différentes origines dont plusieurs haïtiennes qui ont contribué à l’avancement de la science et de la technologie. Brillante idée !

Vidéo collage numérique réalisé par les jeunes

Françoise David

L’invitée d’honneur cette année était Françoise David. La causerie portait sur la jeunesse et le féminisme. Elle a brièvement fait un portrait des événements de cette tragédie qui a eu lieu il y a 34 ans et le contexte de l’époque.

Les jeunes présents ont manifesté un grand intérêt dans la discussion qui a suivi. Ils ont abordé des questions qui touchent leur vie ; les influences néfastes des réseaux sociaux et leurs impacts, la place des femmes sur le marché du travail, la violence et les inégalités.

Je remercie vivement Orlando Ceide de la Maison d’Haïti pour son invitation ainsi que Marjorie Villefranche.

Le 6 décembre 2023 sur le Mont-Royal

Associé à PolySeSouvient, j’ai reçu une invitation de la mairesse de Montréal, Valérie Plante[1], et de la présidente du Comité Mémoire, Catherine Bergeron, à assister à l’illumination des 14 faisceaux lumineux sur le belvédère Kondiaronk du Mont-Royal (Chalet du Mont-Royal) en mémoire des victimes du féminicide survenue en 1989. L’événement se déroulait le 6 décembre 2023 en fin d’après-midi.

Pour cette commémoration toute en sobriété, l’autrice-compositrice-interprète Viviane Audet a joué au piano deux pièces de son album Les filles montagnes composé en mémoire d’Elles.

En présence des familles et proches des victimes ainsi que de quelques invités, ce moment de recueillement revêtait un style liturgique répété chaque année. Un silence enveloppe l’espace du chalet faiblement illuminé avant le début de la procession d’entrée des invités de marque portant en main une rose blanche.

Seule à prendre la parole, Catherine Bergeron débute la cérémonie par un bref rappel des raisons pour lesquelles nous sommes rassemblés. Deux jeunes, une fille et un garçon, lisent ensuite les noms des 14 victimes de la tragédie de la Poly et les faisceaux lumineux bleus sont allumés au même moment à l’extérieur.

C’est la deuxième année où la cérémonie a lieu à l’intérieur du bâtiment. Dans les années passées, je me souviens de températures exécrables avec une pluie glaciale et le vent. La sobriété de l’événement est mieux célébrée à l’abri du froid. En revanche, l’impact émotionnel lié à la projection lumineuse de faisceaux est lourdement diminué.

Moment de retrouvailles

Cette année, j’ai remarqué qu’il y avait beaucoup plus de caméra et de journaliste que l’année dernière. Je retrouve des amis du réseau de PolySeSouvient. Il y avait même Louise Royer que je connais depuis des décennies. Nous étions d’ailleurs ensemble le 26 novembre dernier lors du concert interconfessionnel de musique sacrée.

J’ai aussi fait la connaissance de Brian Sweeney de Sault-Sainte-Marie qui a connu récemment une tragédie avec l’assassinat de sa fille et de ses trois enfants par son conjoint. Lui et son fils ont décidé de se joindre à nos efforts pour l’abolition complète des armes d’assaut semi-automatiques en vente libre au Canada.

Mon entretien avec le Premier Ministre Justin Trudeau

Après Brian Sweeney, j’ai eu un chaleureux entretien avec Justin Trudeau au nom de PolySeSouvient. Je lui ai réitéré les demandes de PolySeSouvient en ajoutant mon vœu que le projet de loi C-21, présentement à l’étude au Sénat, soit non seulement adopté, mais renforcé. Je suis convaincu que s’il n’en tenait qu’à lui, des lois plus restrictives sur la possession d’armes à feu seraient déjà opérationnelles.

Je me suis autorisé à lui remettre une copie du recueil de poésie d’Annie. Cela l’a ému. J’ai offert aussi une copie à la députée de Westmount, Rachel Bendayan qui nous soutient de tout cœur depuis longtemps.

Mes remerciements

Serge, Brian et Heidi

En premier lieu, mes remerciements vont à Heidi Rathjen, coordonnatrice de PolySeSouvient pour son inspirante détermination. Je remercie également mon provincial, Réal Doucet, ainsi que le premier assistant de notre Société missionnaire, Francis Bomansaan, qui habite à Rome et en visite pour quelques semaines en Amérique.

LIENS


[1] La mairesse de la métropole, Valérie Plante, était absente, car elle a dû réduire le rythme de ses activités après avoir subi un malaise la veille.

DIALOGUE INTERSPIRITUEL (SUITE)

Concert interconfessionnel de musique sacrée Chantons pour la paix !

Montréal, dimanche le 26 novembre 2023

Le Centre Canadien Œcuménique a coordonné l’ensemble du Festival Paix Maintenant qui s’est clôturé par un concert qui a eu lieu à l’église catholique Saint-Pascal-Baylon, initialement prévue au salon de la paroisse Notre-Dame des Neiges, les deux églises étant situées sur la même rue mais à un peu plus d’un kilomètre de distance.

Groupe de drum traditionnel autochtone Traveling Spirit

Animé par Lindsay Luc de l’Église de Jésus-Christ des Saints des derniers jours, comme c’est souvent le cas, ce concert interconfessionnel de musique sacrée a été inauguré par le groupe de drum traditionnel autochtone Traveling Spirit[i].

Monsieur Sukhvinder Jutla

L’ensemble vocal Épiphanie[ii] de la paroisse Sainte-Famille-de-Bordeaux à Cartierville a aussi présenté quelques chants suivis par monsieur Sukhvinder Jutla, un représentant de la communauté Sikh de Gurudwara Sahib Ragi de Montréal[iii]. Celui-ci portait un turban et une veste orange en solidarité avec les communautés autochtones. En effet, le chandail orange représente symboliquement les souffrances des peuples autochtones causées par les pensionnats autochtones qui ont été opérationnels entre 1830 et 1990.

L’ensemble vocal Épiphanie
Nilanjana Rajamony

Finalement, Nilanjana Rajamony[iv], une jeune fille de 12 ans, a ébloui l’audience par sa grande souplesse avec deux danses acrobatiques du style du Cirque du Soleil. L’élément sacré de la danse Indienne classique est une particularité de la Swarnakamalam Hindu School and Dance de Montréal située à Pierrefonds.


[i] Traveling Spirit is the drum group of Native Friendship Center of Montreal. We refer to our drum as Grandfather, we treat him with respect and behave respectfully around him. We come from different places, have different backgrounds but when we drum, we are one. Our songs are prayers and medicine.

[ii] L’ensemble vocal Épiphanie est une chorale montréalaise et multiculturelle fondée en 2004. Elle a une vocation liturgique, et son répertoire va du classique au Gospel en passant par des chants rythmés venus d’Afrique.

[iii] Montreal Gurudwara is basically known as Gurudwara Guru Nanak Darbar, which is situated in Lasalle, Montreal city. If you want to go to the Gurudwara from downtown, firstly take a green line metro to the Angrignon side, after reaching the metro then take the bus 109. This can be taken from a 300m walking distance and the bus will drop you at the point where the Gurudwara is.

[iv] Nilanjana began her tutelage under the guidance of Sri Seshakamal at the tender age of 5. Nilanjana has just completed her primary schooling and is attending College St-Louis.

Dialogue interspirituel

Le Forum interreligieux pour la paix a présenté le premier volet de sa programmation le 23 novembre 2023 avec une table ronde sur le dialogue interconfessionnel inspiré par les spiritualités autochtones. Comment le cercle de la parole peut-il nous inspirer pour éviter les polarisations?

Ka’nahsohon Kevin Deer

Le rassemblement avait lieu dans l’église de la paroisse Notre-Dame des Neiges sur la Côte-des-Neiges à Montréal. Le Dr Patrice Brodeur, professeur à l’Université de Montréal, spécialiste en dialogue et transformation des conflits, agissait comme animateur. En tout premier lieu, il a introduit Ka’nahsohon Kevin Deer, gardien de la paix de la communauté mohawk de Montréal. Celui-ci a débuté son propos avec un moment de prière exprimé en Mohawk, puis traduit en anglais. Ce fut un saisissant moment où une prière est chantée dans l’enceinte d’une église catholique en présence de représentants de confession indoue, juive, musulmane et chrétienne.

Marie-Émilie Lacroix[i], Innue de Mashteuiatsh, chargée de cours à l’Université de Rimouski avec une maîtrise en travail social, a abordé la spiritualité autochtone en relevant les points suivants.

Selon elle, la spiritualité autochtone est un art de vivre où chacun trace son chemin. Les cérémonies vécues en groupe sont un point de départ où les valeurs centrées autour des remerciements à Mère Nature et au Père des Cieux englobent en même temps les trois composantes de l’être humain que son le mental, le physique et le spirituel. Il s’agit d’une vision holistique.

Selon Marie-Émilie, il ne faut pas confondre la spiritualité et la religion. À ce propos, elle souligne que même si les Québécois ont rejeté les préceptes obligatoires de la religion catholique, le besoin de la spiritualité demeure. Cela a été particulièrement senti pendant la pandémie de la Covid-19.

Bref, la spiritualité autochtone a pour but de nourrir l’âme grâce à une connexion avec la nature et son créateur. D’où l’importance du SILENCE, de moments intérieurs qui PRALENT. Dans un style de vie où les yeux sont constamment sollicités, aurions-nous peur du silence ?

La sagesse des anciens nous enseigne sept éléments importants qui constituent des valeurs : le respect de soi, des autres et de la nature, l’amour, l’humilité, l’honnêteté, la compassion, le courage et la vérité.

Ces valeurs sont vécues dans des rituels qui sont exprimés par des symboles. Par exemple, le symbole de la tortue nous rappelle que la terre n’appartient à personne. Les frontières sont une invention humaine. Elles sont étrangères à la spiritualité autochtone.

Ka’nahsohon Kevin Deer a aussi insisté sur l’importance des rituels. Ceux-ci sont le socle de l’unité qui permet de concrétiser la spiritualité autochtone en la connectant aux symboles et paraboles. La dance sacrée est une forme privilégiée pour vivre cette spiritualité dans une recherche d’équilibre pour construire la paix, l’amitié et le respect mutuel.

Le rabbi Schachar Orenstein de l’Aleph Canada, Lev Shul,, a surpris l’assemblée en l’invitant à former un grand cercle de danse qui est, comme pour les autochtones, une particularité des danses juives. Il a ensuite demandé à Ka’nahsohon Kevin Deer d’entonner un chant sacré et quelques pas de danse.

Puis, d’autres pas de danse classique indienne ont été illustrés par une salutation pour la paix (Pranam[ii]) avec le Dr Mamata Niyogi-Nakra, Sylvi Belleau, Yasmine Alshaibi et Meera Shyamprasad de Kala Bharati, centre Bharata Natya.

Ces dames ont, elles aussi, insisté sur l’importance des rituels, de ces gestes exprimés par la danse qui non seulement permettent une détente, mais favorise l’intériorité.

Élisabeth Garand a enchaîné avec une émouvante présentation sur les efforts entrepris sur le chemin de la réconciliation entre les communautés autochtones et les gouvernements et Églises. Élisabeth Garand est collaboratrice aux cercles de parole À l’écoute des voix autochtones et co-fondatrice du groupe de dialogue Maria’M[iii] entre des femmes musulmanes et chrétiennes.

L’abbé Richard St-Louis a ensuite parlé de son expérience comme prêtre au service de la communauté mohawk à Kahnawake. Nous aurions intérêt, dit-il d’intégrer les éléments de la culture mohawk dans nos rapports humains et la liturgie. Il a aussi insisté sur l’importance du SILENCE SACHÉ sur le chemin de la paix.

Finalement, mon ami Boufeldja Benabdallay, co-fondateur et porte-parole de la Grande Mosquée à Québec, a synthétisé les différentes présentations en insistant sur le fait que nous sommes tous de la terre, que les signes de l’existence sont en nous, que la paix commence en nous-mêmes, que le SILENCE nous réinsère dans le présent. N’oublions pas, dit-il, que la plus belle des richesses que nous possédions est en nous-mêmes. Le mot clé qu’il retient de la soirée est le RESPECT de tout un chacun dans la diversité des expériences spirituelles, lieux par excellence pour que nous retrouvions notre lien vital avec la nature et ainsi mieux la protéger.


Marie-Émilie Lacroix

[i] Marie-Émilie Lacroix devient coordonnatrice aux affaires autochtones à l’UQAR. Elle a aussi publié en 20212, La rivière des temps, aux Éditions de la Francophonie où elle puise dans ses randonnées dans la nature la force nécessaire pour laisser le passé derrière et continuer son chemin vers la liberté.

[ii] Ce nom composé intègre simultanément les notions de souffle et de principe vital du souffle et de sa manifestation organique dans la respiration. Salutation de respect.

[iii] En mai 2011, l’idée du dialogue féministe interreligieux a émergé lors du 35e anniversaire de la Collective L’Autre parole. Élisabeth Garant, directrice du Centre justice et foi, et Leila Bdeir, membre du Groupe international d’étude et de réflexion sur les femmes en Islam, y avaient toutes deux soulevé l’importance de privilégier une telle initiative étant donné la conjoncture sociopolitique au Québec. Quelques mois plus tard, trois chrétiennes et trois musulmanes (dont Élisabeth et Leila) se sont rencontrées afin de poser les jalons d’une démarche riche qui se poursuit depuis.

DISCOURS NATIONAL PAR SON EXCELLENCE H.E. DR. LAZARUS McCARTHY CHAKWERA, PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE DU MALAWI

Introduction

J’ai vécu une dizaine d’années au Malawi entre 2001 et 2011. Petit pays, le Malawi ne fait pas les manchettes. Voici pour vous le discours du président du pays, le Dr Lazarus McCarthy Chakwera, que personne n’a eu vent. Pourtant, il parle avec franchise des défis que doit relever courageusement le Malawi après des décennies de mauvaise gestion politique par ses prédécesseurs. Je lève mon chapeau pour son courage, sa détermination et son exemple.

RÉPUBLIQUE DU MALAWI

DISCOURS NATIONAL PAR SON EXCELLENCE

H.E. DR. LAZARUS McCARTHY CHAKWERA,

PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE DU MALAWI

PALAIS KAMUZU, LILONGWE, MALAWI

LE 15 NOVEMBRE 2023

Chers compatriotes du Malawi,

Il y a une heure, le conseil d’administration du Fonds monétaire international a approuvé la facilité de crédit étendue au Malawi que nous avons négociée au cours des deux dernières années. Dans le cadre de cette facilité, le Malawi recevra une injection de 174 millions de dollars au cours des quatre prochaines années, ainsi que la reprise de l’aide budgétaire directe des partenaires internationaux après une absence de dix ans due au Cashgate[i] et à la mauvaise gestion financière de l’administration précédente.

Les avantages de ce programme du FMI sont nombreux, mais permettez-moi d’en mentionner quelques-uns. Tout d’abord, l’approbation du FMI permettra de débloquer des investissements directs étrangers dans le pays afin de renforcer la productivité. Par exemple, suite à notre qualification pour ce programme du FMI, plusieurs partenaires de développement ont déjà prévu un certain nombre de facilités financières qui augmenteront l’offre de devises dans nos banques. Il s’agit notamment de la Facilité de financement du commerce de la Banque mondiale, d’un montant de 60 millions de dollars, qui aidera les banques nationales à soutenir l’importation de produits stratégiques tels que les engrais, les produits pharmaceutiques et les matières premières industrielles.

Il s’agit également de l’enveloppe de 217 millions de dollars de la Banque mondiale en réponse aux réformes fiscales que nous avons mises en œuvre, dont un tiers sera mis à disposition immédiatement. Il comprend également 250 millions de dollars de la Banque mondiale pour le projet de commercialisation agricole, que je lancerai demain, dont 30 millions de dollars ont été réservés à l’achat et à la distribution de maïs pour faire face à la menace de famine qui pèse sur plusieurs régions du pays. Il s’agit également de notre capacité à répondre à toutes les exigences d’une aide budgétaire de 70 millions d’euros de l’Union européenne, d’une aide budgétaire de 30 millions de dollars de la Banque africaine de développement et d’une aide de 6 millions de dollars du Fonds international pour le développement agricole. Ces injections d’investissements étrangers de la part de nos partenaires au cours des quatre prochains mois permettront d’améliorer considérablement la qualité de vie des habitants de la région.

Outre l’injection de liquidités dans notre système, l’ECF signale aux investisseurs internationaux du secteur privé que le Malawi est de nouveau sur la voie d’une économie favorable aux investissements, dont les réformes économiques et financières ont respecté les normes internationales les plus strictes. Ce sont ces investissements qui alimenteront nos projets d’augmentation de la production dans l’agriculture, le tourisme et l’exploitation minière, conformément à notre stratégie ATM, qui comprend l’intensification du développement de méga-fermes pour l’exportation, la réorganisation et la monétisation de nos minéraux pour le réinvestissement, et la création de conditions favorables à l’écotourisme.

En outre, nombre d’entre vous qui dirigez vos propres entreprises et dont les activités ont été entravées par de graves pénuries de devises peuvent s’attendre à des jours meilleurs et plus animés pour leurs affaires, car la pierre angulaire d’une économie forte est un secteur privé fort. En d’autres termes, l’environnement favorable aux investissements et aux entreprises que ce programme du FMI stimulera dans notre économie au cours des quatre prochains mois est une nouvelle occasion pour nous de reconstruire notre économie.

Je suis sûr que vous savez maintenant que l’obtention de cette nouvelle opportunité de reconstruire notre économie a eu un coût douloureux. C’est au prix de douloureuses réformes dans la gestion de notre économie, de nos institutions financières et de notre dette historique. Je sais que vous ressentez tous l’agonie des corrections douloureuses que nous avons dû faire pour donner un nouveau départ à notre économie, et je veux que vous sachiez que je n’ai pas fait ces corrections douloureuses à la légère.

Lors de mon investiture, le jour de l’indépendance, il y a trois ans, je portais dans mon cœur le lourd fardeau de savoir que vous m’aviez fait confiance pour corriger les erreurs de gestion économique dont j’avais hérité. À ce moment-là, je savais que j’avais le choix entre vous dire la vérité sur la gravité de la situation ou poursuivre les mensonges du passé qui prétendaient que notre économie était bâtie sur des principes et des pratiques sains.

Drapeau du Malawi

Mais j’ai choisi de vous dire la vérité ce jour-là, et c’est pourquoi je vous ai dit que les principes et les pratiques sur lesquels notre économie avait été bâtie auparavant étaient si peu solides, comme un os disloqué, que même le fait de les corriger pour créer une libération économique causerait une énorme douleur pour vous tous. Cette douleur dont j’ai parlé est celle que nous ressentons tous en ce moment, et elle va se poursuivre au cours des prochains mois, alors que nous achevons le processus de remise en place des os disloqués. Mais une fois que cette courte et douloureuse période de semailles sera terminée, je vous assure qu’une période de joyeuse récolte s’ouvrira.

Mais cette récolte joyeuse ne sera possible que si nous utilisons à bon escient cette nouvelle opportunité de retour de l’aide internationale au Malawi. Le choix nous appartient. Et ce n’est pas la première fois que nous devons faire ce choix. En septembre 2006, après deux ans de mandat et de difficultés à progresser sur le plan économique en raison d’un niveau d’endettement élevé, feu le président Bingu[ii] et le Malawi ont pris un nouveau départ lorsque le Fonds monétaire international et la Banque mondiale ont annoncé l’annulation de notre dette internationale. Cependant, après les élections de 2009, les gains ont commencé à être dilapidés, car les gens ont développé un appétit insatiable pour les dépenses de consommation et ont négligé d’investir dans la production, y compris un ordre présidentiel aux banques pour permettre aux gens d’encaisser les chèques du gouvernement dans les banques commerciales sans aucun contrôle. Le résultat a été le Cashgate et la perte de l’aide budgétaire internationale que nous avions reçue en 2006 et que nous n’avons jamais récupérée jusqu’à présent.

Maintenant que nous avons réussi à rétablir la confiance et le soutien de la communauté internationale, nous avons à nouveau l’occasion d’en faire bon usage. Je sais que certains voudront que nous gaspillions cette opportunité en dépensant l’argent de manière inconsidérée. Je ne le permettrai pas. Je sais que certains voudront que nous gâchions cette occasion en me montrant du doigt pour avoir apporté les corrections douloureuses que j’avais déjà dit que je ferais il y a trois ans. Je ne me laisserai pas distraire par cela. Je sais que certains de ceux qui ont créé le gâchis que je suis en train de nettoyer seront les plus bruyants pour me traiter de tous les noms, prétendre que je suis le problème et appeler les citoyens à m’attaquer. Mais cela ne m’intimide pas.

Je suis ici pour servir les Malawiens et, pour ce faire, je suis prêt à faire des choses douloureuses, à condition que ce soit les bonnes. La chose la plus douloureuse a été, de loin, la récente dévaluation de notre monnaie afin de corriger la fausse valeur du kwacha basée sur rien et de reconstruire la vraie valeur du kwacha basée sur la production d’exportations. Je sais que cette décision a causé beaucoup de douleur, et je sais que chacun d’entre nous doit maintenant procéder à des ajustements importants dans ses dépenses afin de donner la priorité aux domaines les plus productifs et de maintenir le cap jusqu’à ce que notre économie redevienne productive et rentable.

En procédant à ces ajustements douloureux, je dois moi-même montrer l’exemple. C’est pourquoi, dès à présent, tous mes voyages internationaux d’ici la fin de l’année fiscale, à commencer par mon voyage à la COP28 à la fin de ce mois, sont annulés. Par extension, je gèle tous les voyages internationaux financés par les pouvoirs publics pour tous les fonctionnaires à tous les niveaux, y compris ceux des organismes parapublics, jusqu’à la fin de l’exercice financier en mars.

En fait, tous les membres du cabinet actuellement à l’étranger pour des voyages financés par l’État doivent rentrer au Malawi avec effet immédiat. Tout voyage jugé absolument nécessaire par quiconque au cours de cette période doit être soumis à mon bureau pour obtenir mon autorisation personnelle.

Deuxièmement, j’ordonne que tous les droits au carburant des ministres, des secrétaires principaux, des directeurs et de tous les membres de la haute direction des institutions publiques soient réduits de moitié avec effet immédiat. Troisièmement, jusqu’à nouvel ordre, j’ordonne au secrétaire du président et du cabinet de diffuser à toutes les institutions publiques des critères acceptables pour les formations et les déplacements locaux, ainsi qu’un plafond pour la part de leur budget qui peut être consacrée aux indemnités pour ces formations et ces déplacements. En agissant de la sorte, je mets fin à la pratique qui consiste à vider les caisses publiques pour dépenser des indemnités pour des activités inutiles.

Quatrièmement, j’ai demandé au ministre des Finances et des affaires économiques d’inclure des dispositions dans la prochaine révision budgétaire semestrielle pour amortir les petites et moyennes entreprises afin que nous puissions protéger les emplois qu’elles créent. Cinquièmement, j’ai ordonné au ministre des Finances d’inclure également dans cette révision budgétaire semestrielle des dispositions en vue d’une augmentation raisonnable des salaires des fonctionnaires. Entre-temps, je lui ai également demandé de revoir l’impôt sur le revenu « Pay As You Earn » et d’incorporer un pourcentage réduit dans le nouveau budget qu’il présentera au Parlement dans quelques mois, afin que les travailleurs dont les revenus ont perdu de la valeur à cause de la dévaluation soient aidés par une charge fiscale moins lourde.

Entre-temps, pour protéger les Malawiens des comportements prédateurs de ceux qui veulent exploiter les consommateurs à la suite de la dévaluation, j’ai chargé les ministres des finances et du commerce de collaborer avec la commission de la concurrence et des pratiques commerciales loyales pour enquêter sur toutes les augmentations de prix afin de déceler tout signe de pratiques commerciales déloyales et de me remettre un rapport hebdomadaire sur les coupables que nous devons tenir pour responsables de l’augmentation des prix en violation de la loi.

De même, j’ai ordonné au secrétaire du président et du cabinet de veiller à ce que la récente augmentation du prix de l’eau par les agences de l’eau soit absorbée par les coûts de fonctionnement de ces agences pour l’instant, et ne soit pas répercutée sur les consommateurs malawites. Plus important encore, les économies que nous réaliserons grâce à ces mesures et à d’autres réductions de dépenses serviront à l’achat de denrées alimentaires et d’engrais afin de garantir qu’aucune famille malawite, dans quelque district que ce soit, ne sera privée de nourriture au cours des quatre prochains mois, pendant que nous planterons nos champs.

Enfin, en ce qui concerne ceux qui occupent des postes de direction et qui savent qu’ils sont responsables du gâchis dans lequel nous nous trouvons, tout ce que je peux leur dire, c’est que je m’occuperai d’eux bien assez tôt.

Que Dieu vous bénisse tous et que Dieu bénisse le Malawi.


[i] Le cashgate est un scandale financier de détournements de fonds publics, découvert en 2013, qui toucha le Malawi

[ii] Extrait d’un de mes articles publiés le 7 octobre 2012 : Ayons une pensée pour le Malawi qui traverse une période d’incertitude. Les indices économiques sont catastrophiques à la suite d’une dévaluation de 100 % de la monnaie. Il y a même des voix qui s’élèvent pour prédire l’arrivée prochaine d’une famine, consécutive à la quasi-suppression des subventions pour les fertilisants agricoles. Le Malawi n’a plus de devises étrangères pour soutenir les initiatives économiques du défunt président Bingu wa Mutharika. De nombreux chantiers de construction sont arrêtés.

Ma tante Justine; « Madame cravate » de 2012

Entrevue avec Justine Perron.

Justine Perron à l’âge de 25 ans

L’histoire remonte au mois de mai 2012. La campagne « Une cravate pour ma prostate » en était à sa deuxième année. Le but de cette campagne était d’amasser de l’argent pour le fonds Gilles-Rousseau du Centre hospitalier régional de Trois-Rivières (CHRTR) afin d’améliorer le service aux patients atteints du cancer de la prostate. L’idée est venue de Gérald Lafontaine qui avait lui-même bénéficié de ce service. Il voulait « redonner aux suivants », disait-il.

Matelas René, une entreprise familiale qui a vu le jour à Nicolet en 1947, s’était engagé à remettre 1 $ pour chaque cravate. La récolte a été bonne. Une par une, les cravates que les hommes ne portaient plus ont permis de récolter 8360 $ en quatre jours seulement. Par qui ? Par des femmes comme ma tante Justine. Plus précisément, seules 3425 cravates ont été remises pour la campagne de fonds. La différence vient de généreux donateurs sans cravates.

« Mon amie Justine est une femme de cœur. Elle s’implique auprès de ses amis et divers regroupements sociaux à La Tuque. Elle est tenace », précisait M. Lafontaine.

Tante Justine a été couronnée « Madame Cravate » pour avoir amassé à elle seule 835 cravates sur un total de 3425, soit 24%.

  • Comment avez-vous fait ça, ma tante ?
  • J’arrêtais tous les hommes que je croisais sur la rue en leur demandant s’ils avaient des cravates à me donner. Je plaçais des bouts de papier sur les tables au Club Latuquois lors des spectacles. Les gens venaient me les remettre à la maison. J’avais des boîtes pleines. Il faut avoir de la gueule pour ramasser 835 cravates. Matelas René a même cessé de soutenir la campagne de soutien en voyant l’ampleur que ça prenait.

Une couturière et amie de Justine a eu l’idée de confectionner une robe avec ces cravates. Tante Justine a même paradé lors d’une assemblée de l’Aféas au village de La Croche. En voici la preuve.